Vous
souvenez-vous de cette vieille dame qui avait vendu son
appartement pour rentrer en maison de retraite et qui, pour
être sûre de recevoir le « solde » de son compte (déjà réclamé
vainement à son syndic par lettre recommandée avec accusé
de réception) avait eu l’idée de saisir le Procureur et
avait obtenu un chèque de près de 400 euros en deux jours
( abus n°620).
Cette
même vieille dame a encore fait mieux et - suivant les
bons conseils de l’ARC - a obtenu en trois jours (pendant
les périodes de fêtes, ce qui est un record absolu), un
nouveau chèque de … 484,31 euros.
I-
Un solde non justifié
En
lui adressant son premier chèque, le syndic avait en effet
simplement oublié de donner le détail et les explications
concernant ce solde.
Pensant,
à l’évidence, que notre vieille amie se contenterait de
son chèque et n’en demanderait pas plus, le syndic n’avait,
en effet, adressé, aucun décompte.
Notre
vieille dame revient vers l’ARC, qui lui conseille de demander
ce décompte par lettre recommandée avec accusé de réception.
II-
Un décompte très intéressant
Le
syndic fut donc obligé d’adresser un décompte sur lequel
il apparut vite à la vieille dans qu’il avait prélevé 484,31
euros d’honoraires de syndic pour réponse au questionnaire
du notaire. « Oui : 484,31 euros, qui représentent
3 160 francs (« trois
cent seize mille francs » dit-elle !)
Le
sang de notre vieille dans ne fit qu’un tour : « Oh : le cochon, dit-elle » ou pire. « Non seulement je lui avis déjà dit qu’il n’avait
pas le droit de prélever cette somme, mais, avais indiqué
au notaire que je refusais catégoriquement ces honoraires
hors de prix ».
Que
faire ? Retourner voir l’ARC. C’est ce que fit notre
octogénaire.
III-
La nouvelle lettre au syndic
À
l’ARC, on lui conseilla naturellement d’écrire au syndic,
mais surtout de lui envoyer la copie de notre article :
« La Cour de Cassation donne à nouveau raison à l’ARC… »,
( abus
n° 630) article dans lequel nous donnons tous les détails
concernant une affaire semblable. La vieille dame envoya donc et article accompagné
d’une lettre où elle concluait en disant qu’à défaut de
remboursement, elle irait directement au tribunal (voir
le courrier ci-dessous). Trois jours après elle recevait
son chèque.
Lettre de la vieille dame :
« Monsieur,
J’ai
bien reçu votre décompte et vous en remercie. Celui-ci fait
apparaître une erreur manifeste.
Vous m’imputer en effet 484,15 euros de frais de mutation correspondant
sans doute à des honoraires de syndic.
J’avais déjà indiqué au notaire que je refusais ces frais qui sont jugés
inopposables par la
Cour de cassation. Celle-ci vient d’ailleurs,
une nouvelle fois, de se prononcer sur ce problème (arrêt
du 11 octobre 2005).
Le notaire m’avait répondu qu’il ne s’agissait que de provisions et qu’il
suffirait de vous faire savoir mon refus à réception du
solde, ce que je fais.
Je vous adresse l’article rédigé par l’association A.R.C (Association
des Responsables de Copropriété) et
j’attends en retour un chèque de remboursement.
J’espère que vous voudrez bien satisfaire à ma demande sans difficulté.
À défaut, je mandaterai mon fils pour agir au Tribunal d’Instance
ou agirai éventuellement moi-même avec ses conseils. Je
pense que le juge tiendra compte de mon âge pour refuser
tout report et manœuvres dilatoires.
Par ailleurs, je suis restée liée avec certaines personnes de la copropriété.
Veuillez recevoir, Monsieur, l’assurance de mes salutations distinguées.
J………...
P. J : article de l’ARC ».
Conclusion 1
-
Notre
adhérente - retraitée à environ 1 000 euros par mois
- a donc récupéré près de 900 euros auprès d’un syndic professionnel
peu scrupuleux.
-
N’importe
qui d’entre nous détournerait une telle somme à une personne
fragile et modeste s’attirerait - outre les foudres morales
de la société - une condamnation pénale bien méritée.
-
Notre
syndic, non. Pire. Imaginons qu’il gère 10 000 logements
et que, chaque année il y ait 5 % de mutation dans son parc
(hypothèse basse). Cela ferait 500 x 900 = 450.000 euros.
Conclusion 2
-
Notre
vieille dame n’en a peut-être pas encore fini avec son syndic.
-
En
effet, elle a eu l’idée de demander à son acheteur si, lui
aussi, avait dû payer des frais de mutation et combien…
-
Cela
fera le prochain épisode de notre nouvelle série :
« La vieille dame…. ».