Quatre abus en un : -
un copropriétaire coriace
-
une association qui s’implique
-
une issue équilibrée
-
un problème qui demeure
Le quadruple
abus qui suit se joue en 5 actes :
-
Acte
1 : un copropriétaire qui vend son logement et refuse les
frais que lui impose son syndic (358€).
-
Acte
2 : un copropriétaire qui reçoit une lettre de menace à
terrasser même un huissier.
-
Acte
3 : une association qui intervient.
-
Acte
4 : un syndic qui entend raison.
-
Acte
5 : un problème général qui, au-delà du cas évoqué,
demeure.
RIDEAU
N.B : à la demande de notre adhérent nous avons changé le nom des
protagonistes de cette pièce en 5 actes.
Acte 1 : Un vendeur récalcitrant.
M.
Vendeur, comme son nom l’indique, vend son logement situé dans
la Riante de la commune de Corbeil Essonnes.
Son
syndic, le cabinet « J’ai-toujours-faim »
lui demande de verser 358€ au titre« d’honoraires
de mutation » et demande au notaire de jouer le percepteur.
M.
Vendeur ne veut pas payer les « honoraires
de mutation » que lui demande son syndic.
Le
notaire, M. Prudent, qui a lu les abus de l’ARC refuse de jouer
le rôle, et, après avoir demandé à M. Vendeur, ce qu’il comptait
faire, fait savoir au syndic qu’il devra s’arranger avec M.
Vendeur.
Acte 2 : Un syndic qui exagère.
Quelques
jours passent.
M.
Vendeur descend chercher son courrier dans sa boîte aux lettres
et découvre la lettre suivante adressée par le cabinet « J’ai-toujours-faim ».
Voici la charmante missive écrite avec du vitriol et faite pour
alarmer le citoyen le plus endurci.
« Monsieur,
Nous
vous rappelons que vous êtes redevable des honoraires de mutations
s’élevant à 358,80 €, comme il est précisé par la nouvelle loi
E.N.L…
Dans
le cas où vous ne régleriez pas cette somme sous huitaine, vous
vous exposeriez à des poursuites contentieuses par voie d’huissier,
dont les frais vous incomberaient en totalité, et nous ne pourrions
pas vous rembourser votre fonds de roulement.
Nous
sommes assurés de votre compréhension et restons dans l’attente
de votre règlement sous hautaine. Au-delà, nous mettrons en
marche la procédure.
Nous
vous souhaitons bonne réception de la présente.
Restant
à votre disposition, veuillez agréer, Monsieur, l’expression
de nos salutations distinguées ».
Acte 3 : Le vendeur et l’association.
M.
Vendeur tremble mais ne rompt pas. Se rappelant que « homme
libre, jamais tu ne céderas aux injonctions imbéciles, injustifiées,
illégales », il se précipite à l’ARC à la recherche de
ce soutien moral, juridique, humain qui fait tout le charme
de notre association.
M.
Vendeur n’est pas déçu. Son association préférée tourne et retourne
la lettre, lui assure qu’il est dans son droit, que son syndic
« J’ai-toujours-faim » est allé trop loin et qu’elle va intervenir.
La
lettre part. En voici la teneur :
« Paris, le 8 décembre 2006
Madame la Présidente,
Notre adhérent, Monsieur C……… nous adresse
copie du courrier référencé que vos services lui ont envoyé
le 5 décembre dernier au sujet de « frais de mutation ».
Ce courrier appelle de notre part une réaction très vive.
1-
Contrairement
à ce que votre gestionnaire écrit, Monsieur C…. n’est pas « redevable
des honoraires de mutation s’élevant à 358,80 euros, comme
il est précisé par la nouvelle loi E.N.L ».
La loi E.N.L.
prévoit en effet explicitement le contraire, à savoir que ne
sont facturables QUE les frais d’établissement de l’état daté
au sens strit, qui représente une PARTIE des frais de mutation.
Il est donc
choquant que votre gestionnaire, citant la loi de façon volontairement
inexacte, cherche à abuser les copropriétaires.
2-
La somme réclamée
très importante de 358,80 euros prouve bien d’ailleurs qu’il
ne peut en aucun cas s’agir de frais concernant seulement l’ « état
daté », ce document ne requerrant pas plus d’une heure
de travail d’un comptable.
3-
Nous sommes
également indignés de ce vous puissiez écrire « qu’en cas
de refus » notre adhérent s’exposerait à des poursuites
contentieuses par voie d’huissier dont les frais lui incomberaient
en totalité.
Vous ne pouvez
ignorer que les frais d’huissier concernant une éventuelle dette
privée ne sont dus par le débiteur que si le créancier dispose
d’un titre, ce qui n’est pas le cas. En effet, vos prétentions
ne concernant pas une dette vis-à-vis du syndicat, il s’agit
d’une dette dont le recouvrement ressort du droit commun.
4-
Enfin, nous
constatons que vous effectuer une rétention illicite d’argent
puisque vous gardez par devers vous illégalement le fonds de
roulement de notre adhérent.
Nous constatons
donc de votre part :
1)
une présentation
volontairement fallacieuse de la loi ;
2)
une pratique
d’honoraires manifestement abusif sans accord du client ;
3)
une tentative
d’intimidation judiciaire s’apparentant à un abus de faiblesse
pénalement répréhensible ;
4)
une rétention
de fonds illégale.
Pour finir, nous ajoutons que si vous
abaissiez vos prétentions à la somme de 100 euros (une heure
de travail) nous conseillerions à notre adhérent d’accepter
ces honoraires.
Vous remerciant d’en revenir au droit
rien qu’au droit, je vous prie de recevoir, Madame la Présidente, l’assurance
de mes salutations distinguées.
Bruno DHONT
Le Directeur ».
Acte 4 : Après la pluie …
M.
Vendeur n’en revient pas. L’orage qui grondait n’a pas éclaté
au loin et une brise légère a fait place au cyclone promis.
Voici
son récit.
Monsieur,
Ayant un litige avec le cabinet F…. au sujet de frais de mutation très
élevés : 358,80 € pour la vente de mon appartement 3 rue
C…………….. le 20 septembre 2006, vous avez débloquée à Madame………
Présidente de F……..
Me présentant ce matin chez F……, j’ai remis un chèque de 100 € (suivant
votre conseil) à la comptabilité : honoraires de mutation
– ce chèque a été accepté avec promesse de me rembourser dans
les jours qui viennent, mon fonds de roulement (217,80 €).
Tout devrait donc rentrer dans l’ordre dans un délai raisonnable.
Merci, Monsieur DHONT pour votre action efficace ».
Oui,
après ? Car pour un cas comme celui-ci combien de copropriétaires
abusés et surtout victimes d’un chantage inadmissible auquel
ils ont été obligé de céder ?
Est-il
normal que les usagers soient laissés ainsi seuls face au syndic,
libre en ce ui concerne :
1)
de
décider n’importe quel tarif (pour un travail simple) sans aucune
possibilité de discussion pour le vendeur (puisque ce tarif
n’est pas négocié et n’est pas négociable) ?
2)
d’exercer
un chantage inadmissible sur les copropriétaires (« vous payez ou je garde votre fonds de roulement ») ?
Nous
allons adresser à la
DGCCRF (Direction Générale de la
Concurrence, de la Consommation et de la Répression des
Fraudes) ce dossier exemplaire pour lui demander si cette situation
ne justifie pas que des prix tarifés
soient imposés, puisqu’aucune concurrence ne peut jouer pour
cet acte obligatoire et dans ce type de situation, les copropriétaires
vendeurs étant forcément obligés de passer par le syndic en
place.