Réunion des victimes IBS du Samedi 19 Janvier 10h30 salle de l'hôtel Novotel
à (94) Nogent S/ Marne
Texte
de l'allocution d'ouverture de M.. Denis
Dumesnil, Directeur copropriété du cabinet
A.
Ferrieres, syndic Fourmon Dumesnil, 217
av Jean Jaurès 93320 LES PAVILLONS SOUS
BOIS
Mesdames,
Messieurs,
Nous
vous avons réunis ce
matin afin de faire le point sur
ce que l’on peut appeler l’affaire IBS dont
vos copropriétés sont les victimes.
Nous pensons que c’est l’occasion de vous connaître
et de prendre conscience qu’en vous rassemblant
et en unissant vos forces vous aurez plus
de poids pour défendre
vos intérêts.
Outre
des copropriétaires victimes d’IBS sont
présent ici :
r
Des membres
de l'équipe du cabinet Ferrieres à Pavillons
s/Bois dans le 93
-
Mr; Denis
Dumesnil responsable copropriété
et du développement de notre cabinet
-
M. Sébastien Benard
future gérant du cabinet parisien.
-
C Zelo co gérante
-
Quelques-uns de
nos gestionnaires
-
Gilles Fourmon co
gérant
r M Polantru qui représente l’ARC, l’association des responsables
de copropriété.
r Maître Denis Bargeau avocat conseil du Cabinet Fourmon Dumesnil.
r Linda Bendali
journaliste à l’agence CAPA qui réalise
une émission pour Canal + sur la profession
de Syndic assure le reportage de la séance.
r .L’administrateur Judiciaire d’IBS maître Gorriaz a décliné
l’invitation et M. Bargeau vous lira le
courrier qu'il a reçu.
Je
vais vous rappeler les grandes lignes du
système IBS puis la description des systèmes
de contrôle et la façon dont ils
n’ont pas fonctionné.
Je
ferais ensuite, le point de la situation
présente et vous expliquerais la formule
que nous avons mise au point.
Le
système IBS tout d’abord.
A
la base sans aucun doute des dirigeants
intellectuellement brillants et des financiers
hardis (trop probablement).
Leur
façon de travailler : Des achats de
cabinets petits et moyens en région Parisienne,
dans le Nord et dans les Alpes.
Es-ce
si facile de racheter des cabinets ?
Oui
et non et là il faut brosser un tableau
de la profession.
Ø Oui, parce que toute une génération de dirigeants qui
ont crée leur affaire dans les années 60
et 70 arrivent à l’age de la retraite et
vendent.
Ø Non parce que
simultanément la profession se concentre,
les grands groupes financiers achètent à
des prix élevés ces cabinets.
Par
conséquent un cabinet n’appartenant pas
à ces groupes doit surenchérir pour faire
affaire.
C’est
là que le jeu devient dangereux, tous nos
cabinets d’administration de bien manipulent
des fonds très importants qui ne leurs appartiennent
pas.
C’est
votre argent.
La
tentation est grande de s’approprier cet
argent pour payer ces achats. C’est ce qui
est arrivé pour IBS.
Pourquoi
agir de
la sorte?
Pour
augmenter la valeur des affaires en espérant
dégager des bénéfices suffisants pour éventuellement
rembourser. Peut-être?
Bien
entendu je me place ici dans un contexte
de spéculation hasardeuse, encore relativement
compréhensible dans la mesure où il existerait
une intention de générer les fonds nécessaires
au remboursement.
Mais
on peut aussi envisager des comportements
de détournements à des fins purement personnelles
encore plus néfastes, ce sera à la justice
d’évaluer la gravité des faits.
Toujours
est il que cela s’appelle de la « cavalerie »
et que tout système de cavalerie financière
fonctionne comme une boule de neige qui
grossit à mesure qu’elle roule en accélérant
jusqu’à l’éclatement.
C’est
ce qui est arrivé à IBS, une boulimie d’achats,
et des procédés de plus en plus inadmissibles
pour se maintenir.
Mais
pensez vous, des systèmes existent pour
contrôler la profession des administrateurs
de biens.?
Oui
certes, le législateur a mis en place plusieurs
gardes fous.
-
Une capacité professionnelle tout d’abord
avec l’exigence de diplômes pour exercer.
-Une
obligation d’obtenir auprès des préfectures
une carte professionnelle indispensable
à l’exercice de la profession. Cette obtention
est subordonnée à un certain nombre de vérification
de moralité.
-Surtout
cette carte n’est elle même délivrée que
sur production de la preuve d’une garantie
financière délivrée par une banque, une
assurance ou une compagnie de caution mutuelle
En
outre cette garantie doit être en permanence
ajustée au montant maximum des fonds détenus
par l’administrateur de biens.
En
outre ces organismes de garanties peuvent
à tout moment déclancher des audits comptables
auprès des cabinets qu’ils garantissent.
Ces audits ont lieu en moyenne tous les
2 ans mais en cas de doutes, la fréquence
peut augmenter.
Bien
entendu cet audit pour but de déceler des
opérations anormales.
Equipés
de cet arsenal de contrôle, tant les pouvoirs
publics que la profession estiment que vos
fonds sont sécurisés.
Heureusement
dans l’immense majorité des cas, c’est exact,
toutefois avec le temps des dérives, des
failles apparaissent dans le système.
Sur
le papier le système est rigide et parfaitement
organisé.
Plus
de garantie= plus de carte= interdiction
d’exercer= fermeture.
En
réalité, d’autant que le système repose
en partie sur la profession par le biais
de la garantie mutuelle, on tergiverse,
on donne des délais au contrevenant, on
évite de faire des vagues, on répugne bien
entendu à fermer une entreprise avec ses
clients et son personnel.
On
lui donne un délai pour prendre des mesures
de redressement ou pour trouver un
autre garant.
Souvent
cela fonctionne le Cabinet est racheté par
plus solide que lui et tout s’arrange du
point de vue de la sécurité des mandants.
C'est-à-dire de vous.
Par
contre quand on est dans un système de cavalerie
tel que celui que je viens de décrire
les choses ne peuvent s’arranger
à l’amiable, les professionnels avisés se
méfient et ils ont bien raison.
Les
préfectures elles, devraient prendre une
décision de fermeture, mais elles ne réagissent
pas rapidement à une suppression de garantie,
lenteur administrative, manque de moyens,
ou crainte de fermer une entreprise, cela
revient au même, il ne se passe rien pendant
longtemps.
L’intéressé
lui-même
se défend par tous les moyens et
tente de gagner du temps et souvent il y
réussit au moins en partie.
Dans
le cas d’IBS le système suspect a tourné
pendant près de 2 ans avant qu’il y soit
mis fin, essentiellement grâce à l’action
de l’ARC.
Perspectives :
Pour
l’avenir, nous sommes convaincus que le
système de régulation de la profession devra
évoluer vers une haute autorité de
l’immobilier
Ce
scandale s'il est le plus importants n'est
pas le seul et quelques autres dossiers
sont inquiétants.
Peut-être pourrait-on envisager une haute
autorité de l’immobilier qui rassemblerait
toutes les parties concernées :
-
Etat
-
Consommateurs
-
La
profession par ses fédérations
-
Banques
-
Caisses
de garanties
-
Experts
comptables spécialisés travaillant pour
la haute autorité
Son
rôle serait de suivre les opérations de
cession en validant leur financement, de
recueillir les plaintes, d’enregistrer les
suspensions de garanties, éventuellement
de prendre des mesure de sauvegarde d’urgence
pouvant aller jusqu’à une sorte de mise
sous tutelle de l’organisation suspecte.
Ce qui vaudrait mieux que sa fermeture brutale.
Tout
cela dans l’attente d’une solution de redressement.
Pour en revenir à IBS quelle est la situation
à ce jour ?
1°/
Des
100 aines de copropriétés ont perçu à temps
(ou ont écouté les conseils de l’ARC) que
quelque chose ne tournait pas, et elles
se sont désignées d’autres syndics avant
la déconfiture finale.
Elles
peuvent donc continuer à fonctionner et
elles vont peu à peu découvrir l’étendue
de leur préjudice et engager éventuellement
des procédures judiciaires.
2°/
D’autre n’ont pas pu réagir à temps ;
avant le dépôt de bilan, elles sont bloquées.
Ø Logiquement l’administrateur judiciaire nommé considère
vos contrats en cours comme un patrimoine
constituant le fonds de commerce du cabinet
et il cherche à le vendre au mieux pour
combler un peu le passif.
Ø Par contre, de façon légitime vous les copropriétaires,
avez envie de choisir votre syndic et ne
souhaitez pas être considérés comme une
"marchandise".
Ø L’administrateur judiciaire lui n’est pas équipé pour
gérer des copropriétés, il doit trouver
une solution rapide car la situation est
intenable :
1. Des fournisseurs non payés qui peuvent interrompre leurs
prestations
Chauffage, eau, électricité etc.…
2. Les vendeurs sont dans une situation intolérable, leur
position vis-à-vis de la copropriété étant
inconnue, l’administrateur judiciaire refuse
la vente ou demande que la totalité des
fonds soit consignée.
Ø Pour en sortir l’administrateur judiciaire a une solution:
faire nommer par le tribunal dans chaque
copropriété un administrateur
provisoire, dont le rôle sera d’être
votre syndic provisoire.
Son
rôle sera d’expédier les affaires courantes,
de réunir une assemblée générale qui nommera
un syndic. Il n’engagera pas d’action de
fond ni travaux autre que ceux de stricte
nécessité.
Il
peut avoir tous pouvoirs pour lever les
fonds nécessaires, ceci même sans accord
de l’assemblée générale.
Il
sera obligé de le faire, pour des montants
probablement importants, car dans un premier
temps vos copropriétés vont redémarrer à
Zéro et même en dessous de Zéro puisqu’elles
ont des dettes vis-à-vis des fournisseurs
qu’il va falloir combler rapidement.
Ø Si vous aviez des fonds en réserve, ils seront considérés
comme disparus ou du moins indisponibles
en attendant que l’on y voie clair dans
la comptabilité.
Ø Les démarches voire les procédures pour récupérer ce
qui peut l’être seront longues et il faudra
les financer dans un premier temps.
Autre
inconvénient de l’administrateur judiciaire,
son coût est de l’ordre du double d’un syndic
professionnel
Et
cela va durer 6 à 9 mois voire plus avant
que vous ne retrouviez un syndic.
D’après
nos informations, c’est la voie vers laquelle
certaines de vos copropriétés se trouvent
engagées.
Tout cela veut-il dire que vous devez attendre
passivement que le système vous attribue
un syndic en décidant tout à votre place ?
Certainement
pas, et c’est dans une période de crise
que les résidents doivent se mobiliser auprès
de leur conseil syndical pour faire prévaloir
leurs souhaits et présenter à l’administrateur
de leur copropriété une candidature sérieuse
et crédible et faire pression pour que cela
se passe dans les délais les plus courts.
C’est
dans cet esprit que depuis quelques semaines
nous travaillons et nous avons monté un
schéma de
reprise de toutes celles de vos copropriétés
qui le souhaiteront.
La solution que nous vous proposons dans
la mesure où nous deviendrions syndic de
vos copropriétés
Monsieur
Gilles Fourmon Co-Gérant du Syndic Fourmon
Dumesnil détaille les 3 temps de la reprise,
en insistant qu'ils se déroulent selon des
cycles de durée bien différents
r 1er temps
Reprendre
la gestion de votre immeuble comme un immeuble
en démarrage mais qui en outre a un passif
inconnu ou mal connu à apurer
-
Budget
évalué en fonction des budgets antérieurs
-
Identification
des retards de paiements aux fournisseurs
-
Négociation
de délais auprès de ceux-ci
-
Vote
en AG d'une autorisation d'appeler une avance
de trésorerie ou (fonds de roulement)
-
Vote
en AG d'une autorisation cadre permettant
un appel aux tantièmes généraux en une ou
plusieurs fois d'un montant de l'ordre de
1500 € par copropriétaire d'un lot moyen
(montant à appeler en fonction des informations
reçue du Conseil Syndical et des négociations
avec les fournisseurs)
-
C'et pour aider ceux qui le désirent à financer cette
dépense imprévue que notre banque, crédit
agricole IDF à accepté de mettre en place
un crédit inspiré du crédit copropriété.
-
Déclarations
de créances à titre conservatoire auprès
des caisses de garanties afin d'éviter les
forclusions.
r 2ème temps
-
Redressement
des comptes de la copropriété, pour cela:
·
il
faudra obtenir
le dossier comptable venant de IBS,
sera-t-il complet?
·
S'il
y a des manques, recherche des preuves comptables
auprès des copropriétaires, et des fournisseurs,
par leurs archives et leurs banques.
·
Saisie
des opérations et édition des comptes sur
probablement 2 ans
Pour
ce faire nous nous sommes assurés du concours
de stagiaires des écoles de BTS comptables
ou immobiliers, du concours d'associations
d'anciens experts comptables, et des compétences
du réseau des contrôleurs qui fonctionnent
avec l'ARC
·
Validation
des résultats obtenus en AG chargées d'approuver
ces comptes
·
Autorisations
demandées aux AG d'ester en justice contre
IBS, ses dirigeants, leurs assureurs, banquiers
et Caisses de garanties
r 3ème temps
·
Lancement
et suivi des actions amiables, médiatiques
et éventuellement judiciaires afin de recouvrer
tout ou partie des sommes détournées.
Voici
comment nous envisageons la reprise de vos
copropriétés, nous savons que ce sera une
tâche longue parfois ingrate qu'un syndic
solitaire ne peut espérer mener à bien.
Seule
la fédération d'un ensemble de compétences
peut permettre d'aboutir
Pour
notre part au syndic Fourmon Dumesnil ,
nous sommes prêts à nous investir pour atténuer
autant que possible les conséquences d'un
scandale financier dont le déshonneur rejailli
sur notre profession.
C'est
un enjeu qui va bien au-delà des honoraires
légitimes que nous demanderons.
La réunion se poursuit par l'intervention
de M. Denis
Bargeau
Il
analyse le mécanisme judiciaire et la dualité
d'intervenants
r Un administrateur Judiciaire d'IBS M Gorriaz dont le
rôle est de liquider les affaires IBS au
mieux des intérêts des créanciers, mais
qui n'a pas à connaître l'administration
des copropriétés
Il doit en outre obtenir une date limite
pour le dépôt des offres de reprise
du portefeuille.
r Des administrateurs provisoires nommés par le tribunal
de grande instance chargés de gérer les
copropriétés et de convoquer des AGO nommant
des syndics pour ces copropriétés
Il
ressort que à ce jour 3 de ces administrateurs
ont été nommés mais qu'ils ne sont chargés
que d'une 15 aine de copropriétés
Le
sort des autres est actuellement incertain
Intervention de M. Polantru qui représente
l’ARC, l’association des responsables de
copropriété.
Il
explique en particulier à l'usage de ceux
qui voudraient passer par le canal d'une
nomination d'un copropriétaire d'un syndic
bénévole, comment convoquer, tenir et administrer
une copropriété dans ce cas de figure, tout
en soulignant que cela demande une solide
implication personnelle
Il
souligne que la démarche du cabinet Fourmon
Dumesnil est en cohérence avec celle de
l'ARC même si certaine approches peuvent
différer.
Une longue série de questions réponses
avec la salle s'en suit, il en ressort:
r Que la déconfiture d'IBS à aussi de graves conséquences
pour des copropriétaires bailleurs
r Que certaines copropriétés se sont engagées dans la gestion
bénévole,
Si
elles semblent à même de réussir, par contre
elles se sentent désarmées sur les recours
judiciaires.
r Pour beaucoup le côté aléatoire et long de la mise en
cause des garants n'avait pas été perçu
La
réunion se termine à 12h30 par un verre
qui permet encore quelques échanges.