I-
Une nouvelle faillite : l’Immobilière
Saint Sébastien
Sur
le territoire de Paris, après GMG Hermabessière, Autre
Gérance, Gérance-Expert, IBS-Immobilier, etc. une nouvelle
faillite de syndic (l’Immobilière Saint Sébastien) a
causé et va causer un préjudice financier à des centaines
de nouvelles victimes, et ceci alors même que les pouvoirs
publics restent sourds à nos mises en garde répétées
concernant le fait qu’il n’y a pas vraiment de garantie - pour les copropriétaires
- des fonds versés à un syndic professionnel.
Le
déroulé de l’histoire de cette nouvelle faillite et
de la relation avec le garant, (en l’occurrence les
LLOYD’S) va le montrer.
II-
La chute de l’Immobilière Saint Sébastien
- Premier épisode : défaillance du syndic et blocage des comptes.
Comme toujours, un syndic qui « connaît
de graves difficultés » soit commence à
ne plus payer ses propres fournisseurs et les sommes
qu’il doit aux uns et aux autres (URSAFF par exemple),
soit commence à puiser dans les trésoreries des copropriétés.
C’est ce qui s’est passé début 2008 avec l’Immobilière
Saint Sébastien.
- Deuxième épisode : comme toujours également en pareil cas,
le garant du syndic (c’est-à-dire la société de caution
ou la banque qui est censée indemniser les copropriétés
en cas de « trous »
financiers) s’est aperçu de la situation et - uniquement
préoccupée de sauver son intérêt de garant (donc d’avoir
un minimum d’argent en réserve à verser éventuellement
le moment venu aux copropriétaires) - a fait BLOQUER les comptes du syndic. En
l’occurrence le « garant » était les LLOYD’S,
dont tous les visiteurs de ce site savent qu’ils garantissent
en France souvent les plus mauvais syndics (ceux dont
aucun autre garant ne veut) et qu’ils font tout (même
condamnés judiciairement) pour ne pas assumer leurs
responsabilités de garant (tapez « LLOYD’S » sur
votre moteur de recherche). Ce blocage a entraîné
ceci :
-
plus
aucun euro n’a pu sortir des comptes du syndic sans
accord du garant pour payer les fournisseurs des copropriétés ;
-
par
contre tout ce que les copropriétaires
ont continué à verser au syndic a servi à alimenter
ces comptes bloqués.
C’est le principe de la « nasse »… Le garant,
comme on le voit, a bien préparé son avenir. Cela s’est
fait le 28 avril 2008.
- Troisième épisode : le garant a immédiatement retiré sa garantie
au syndic. Mais pour cela, alors qu’il devait avertir
les présidents et présidentes de conseil syndical
nominativement par LRAR (lettre recommandée avec accusé
de réception), il s’est contenté d’une lettre non
nominative adressée « au président du conseil syndical »
qui, la plupart du temps, n’a pas été reçue (et pour
cause…). En conséquence, les copropriétés ont
continué à croire qu’elles étaient garanties…
Merci les LLOYD’S.
- Quatrième épisode : la mise sous administration judiciaire.
Le syndic Immobilière Saint-Sébastien fut ensuite placé
sous administration judiciaire, ce qui fut le premier
pas - dans ce cas - vers la liquidation.
- Cinquième épisode : l’administrateur judiciaire nommé par le
Tribunal de Commerce pour « liquider » la société Immobilière
Saint Sébastien a alors cherché un « acheteur » ou
repreneur du portefeuille de l’ancien syndic (comme
SI les copropriétés étaient des marchandises).
- Sixième épisode : l’administrateur - après avoir trouvé et
désigné un repreneur ce qui s’est fait fin décembre
2008 - a transmis à ce repreneur ce qu’il a pu obtenir
du syndic « failli », à savoir :
o
des
comptabilités très partielles (ou bien même, parfois,
aucune comptabilité) ;
o
des
archives elles aussi très partielles, voire inexistantes !
Autrement dit : pas grand chose.
- Septième épisode : les nouveaux syndics et le garant.
Depuis début janvier le repreneur en train de convoquer
les assemblées générales pour désignation d’un syndic
définitif (lui, un confrère ou même un syndic bénévole).
Chaque copropriété se retourne maintenant - elle et
son syndic - vers le garant et commence naturellement
à lui réclamer son argent : à la fois l’argent
bloqué (voir plus haut) et l’argent éventuellement détourné.
Or, les copropriétés sont en train de déchanter et les
milliers de copropriétaires concernés sont, eux, en
train de s’apercevoir que le système - au lieu d’être
un système de garantie
loyale et efficace couvrant les copropriétés et les
copropriétaires - est, en fait, un système où le garant
va pouvoir utiliser TOUTES les ficelles pour ne surtout pas verser d’argent, donc ne surtout pas assumer ses responsabilités ;
pire : où il va pouvoir utiliser l’argent des copropriétés
elles-mêmes pour défendre ses propres intérêts.
C’est ce qui se passe constamment avec les LLOYD’S depuis
quatre ans que nous suivons ces affaires et c’est ce
qui passe une nouvelle fois avec l’Immobilière Saint-Sébastien.
Voyons cela de près.
III-
Un système ou les copropriétés sont
doublement victimes
Pour
comprendre à quel point le système est défaillant il
faut insister sur le fait que les sommes qui sont dues
aux copropriétés sont de DEUX ordres :
-
les
sommes effectivement bloquées par le garant depuis des
mois, sommes constituées par les versements des appels
de charges des copropriétaires sur le ou les comptes
de l’ancien syndic (voir plus haut : deuxième épisode) ;
-
les
sommes qui - avant la mise en liquidation du syndic
- ont pu être tout simplement détournées par lui (et qui donc ne sont
plus sur le compte du syndic).
Dans
un système normal, les choses devraient se passer ainsi :
1)
En ce qui concerne les sommes bloquées par le garant lui-même, celui-ci devrait avoir à cœur
de les restituer le plus vite possible à chaque syndicat
et pour cela, soit utiliser les données bancaires de
l’ancien syndic en sa possession (exemple : relevés de compte ou de
sous comptes quand ils existent), soit utiliser les
données comptables dont il disposait forcément en tant que garant.
2)
En ce qui concerne les sommes détournées, le garant devrait mener une expertise pour évaluer
les sommes détournées et pouvoir ainsi désintéresser
les syndicats au moins dans la limite des sommes garanties.
Or, rien de tout cela ne se réalise et c’est même tout
le contraire qui va se passer. Dans le cas de l’Immobilière
Saint Sébastien où les copropriétés n’avaient pas de
comptes séparés, mais des sous comptes séparés, à la banque DELUBAC,
nous SAVONS
de source sûre (source bancaire) que le garant dispose
de la liste de TOUS les immeubles, avec chacun
un SOLDE BANCAIRE identifié (dans un sous compte)
sous contrôle du banquier lui-même .
À noter : pour certains immeubles le solde actuel dépasse
50 000 €uros (cinquante mille). Pas vraiment une bagatelle.
Ce solde est
- insistons sur ce point - authentifié par le banquier.
Or, croyez-vous
que le garant va faire débloquer spontanément les sommes
dont il sait qu’elles appartiennent effectivement à
chaque syndicat de copropriétaires ?
Autrement dit, croyez-vous qu’il va favoriser la restition
des sommes qui appartiennent à toutes ces copropriétés ?
Non, il exige - pour demander à la banque de débloquer
les fonds – que les copropriétés fournissent les documents
suivants (tenez-vous bien et lisez le mél adressé par
le garant) :
« Monsieur (le syndic),
Nous avons
besoin [pour
débloquer les sommes qui sont sur votre sous-compte]
que vous nous fournissiez :
1.
la copie du mandat de syndic signé entre la copropriété
et le nouveau syndic ;
2.
la situation de trésorerie à la date de la résiliation
de la Garantie Financière
soit le 29/04/2008 ; [Note de l’ARC : c’est impossible]
3.
le grand-livre ; [Note de l’ARC : c’est impossible]
4.
la copie des relevés bancaires ; [Note de
l’ARC : c’est impossible]
5.
la copie des états de rapprochements bancaires ; [Note de l’ARC : c’est impossible]
6.
la copie de la dernière assemblée générale avec les
comptes approuvés.
Bien cordialement ».
Ces demandent sont scandaleuses car le garant sait bien
les documents 2, 3, 4, 5 (qui n’ont jamais été transmis
aux copropriétés) ne PEUVENT
être produits par ces copropriétés !
C’est un peu comme si un policier demandait
à une personne qui vient déclarer le vol de ses papiers
d’identité, une carte d’identité pour prendre sa déposition !
On est donc dans la situation incroyable suivante ou
non seulement le garant n’engage aucune démarche pour
connaître le niveau éventuel de l’argent détourné par
le syndic (voir plus haut) mais exerce une rétention
inadmissible sur des fonds qui appartiennent aux gens
qu’il est censé garantir et qui leur font cruellement
défaut.
En fait, c’est le monde à l’envers.
On se demande d’ailleurs si une action
pénale à l’encontre du garant pour détournement de
fonds ou séquestration illégale des fonds, n’est pas
ce qu’il faudrait faire.
Nous allons continuer notre action avec nos adhérents
et poursuivrons alors le récit de cette histoire à la
fois désespérante et banale qu’on pourrait appeler :
« La garantie des syndics en papier
maché ».
En
attendant si l’on vous parle de la « garantie des
syndics professionnels » vous saurez quoi répondre (voir abus numéro 1673).