ARC / Abus n°2172 : 20 01 10/©

La troisième lettres aux ministres.

La lettre de l’ARC à Hervé NOVELLI concernant les filiales de syndic

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Après notre première lettre sur : « les filiales de syndic » et notre deuxième lettre sur : « le compte séparé ».

Voici donc la troisième lettre aux ministres adressée par l’ARC en ce début d’année et concernant un problème de plus en plus préoccupant : celui de la difficulté à se séparer d’un syndic, dont une majorité de copropriétaires ne veulent plus ou à éviter un syndic non désiré par cette même majorité.

 

Voici notre lettre :

  

Monsieur Hervé NOVELLI

Secrétaire d’État chargé de

l’industrie et de la Consommation

139, rue de Bercy

 75012 Paris

 

Objet : Difficulté de mise en concurrence des syndics de copropriété.

 

Monsieur le Ministre,

À plusieurs reprises nous avons eu l’occasion de faire connaître la situation de non-concurrence ou de faible concurrence qui prévaut dans le choix du syndic de copropriété. La DGCCRF nous avait promis - il y a déjà un an et demis - la mise en place d’un groupe de travail sur ce point, mais rien n’a, semble-t-il, été mis en place pour le moment, ce qui est bien regrettable.

Nous avons néanmoins appris qu’il y aurait un projet (ou une idée de projet) concernant des « contrats de syndic à l’essai », idée qui appelle de notre part quelques questions.

Ce courrier a donc deux objectifs :

a.        Vous faire part de nos analyses et propositions concernant l’insuffisance voire l’absence de concurrence.

b.       Réagir à l’idée d’un « contrat à l’essai ».

I.    Analyses et propositions de l’ARC concernant la mise en concurrence des syndics

A. Nos analyses

1.        Les problèmes posés par les syndics dits « de promotion »

Le syndic de promotion est le syndic mis en place par le promoteur pour gérer la copropriété en attendant la première assemblée générale (convoquée précisément par ce syndic).

Le syndic de promotion pose (au moins) deux problèmes majeurs qui sont les suivants :

·      Comme c’est lui qui convoque la première assemblée générale, en fixe l’ordre du jour et en détermine la date, il envoie aux copropriétaires une convocation dans laquelle :

-          il prévoit l’élection d’un syndic définitif ;

-          mais ne prévoit - en général et sauf exception - l’élection que D’UN SEUL syndic, lui-même.

Or, depuis que le décret du 17 mars 1967 a supprimé la possibilité de compléter l’ordre du jour, il est impossible une fois reçue la convocation d’adresser un AUTRE contrat favorisant la mise en concurrence.

·      Dans la mesure où il n’y a qu’un seul contrat en lice, et qu’il n’y aura pas concurrence (par impossibilité de compléter l’ordre du jour), le syndic de promotion a tendance à imposer ses conditions :

·        il va, par exemple, proposer un contrat de trois ans (ce qui arrive de plus en plus) ;

·        il va proposer certaines conditions tarifaires qui peuvent être abusives ;

·        il va imposer le compte NON séparé, etc.

Et si les copropriétaires refusent ces conditions, le syndic les menacera de se retirer et de « mettre la copropriété sous administration judiciaire ». Conséquence : neuf fois sur dix les copropriétaires baissent la tête et votent le seul contrat présenté… 

2. Les autres syndics et la concurrence

Au-delà du problème du syndic de promotion il y a la difficulté de plus en plus grande pour les copropriétaires de mettre en concurrence plusieurs syndics.

Sans rentrer dans l’analyse des situations rencontrées, disons que l’essentiel des problèmes vient du fait que de nombreux syndics utilisent le fait que les copropriétaires ne peuvent plus compléter l’ordre du jour après réception de la convocation.

Impossible, désormais, pour un copropriétaire de réagir lorsqu’il reçoit une convocation intégrant le seul contrat du syndic « sortant » assorti d’une proposition d’augmentation des tarifs de 30 % !

Impossible également, d’agir lorsque le syndic - sentant le mécontentement d’une partie des copropriétaires - anticipe de deux mois la convocation de l’assemblée, empêchant ainsi pratiquement toute remise en concurrence.

Impossible, enfin, de réagir si le syndic « oublie » de porter à l’ordre du jour le contrat de son concurrent, qui lui aura été envoyé à l’avance…

B. Propositions

Elles sont de trois ordres et sont, en fait, simples.

·      Information préalable à l’envoi de la convocation à la première assemblée générale d’une copropriété.

-          Lors d’une mise en copropriété, nous proposons que le syndic soit obligé d’informer TOUS les copropriétaires par lettre recommandée avec accusé de réception - préalablement à l’envoi de la convocation - de la possibilité d’adresser des « questions », donc des contrats de syndics concurrents (ou la candidature d’un syndic bénévole).

Cette information devra être adressée au moins TROIS mois avant la date prévue pour l’assemblée générale.

Ainsi prévenus à l’avance, les copropriétaires pourront agir et faire jouer la concurrence.

·Limitation à UN AN de la durée du mandat du premier syndic élu

Le premier syndic ne doit pas pouvoir être élu pour une longue durée comme cela est trop souvent le cas.

En limitant à un an son mandat on est plus sûr qu’il aura à cœur de mettre en place une bonne gestion et d’éviter une trop grande « proximité » avec le promoteur.

Peut-être d’ailleurs faudrait-il appliquer cette limitation de la durée du premier mandat à TOUTES les situations et pas seulement à celle concernant le premier syndic élu.

·      Par ailleurs, l’article 10 du décret devra être modifié et prévoir À nouveau la possibilité de compléter non pas forcément l’ordre du jour, mais au moins les questions déjà inscrites.

-          Ainsi si une question porte sur : « Election d’un syndic », chacun pourra - même après envoi de la convocation - adresser un contrat de syndic concurrent (comme il devra pouvoir adresser un devis concurrent pour des travaux prévus dans l’ordre du jour).

Avec ces trois mesures simples nous restaurons la concurrence à la fois lors de la mise en copropriété mais aussi, de façon plus générale, à chaque renouvellement du mandat.

II. Questions concernant l’idée d’un « contrat à l’essai »

Bien qu’aucun projet ne nous ait été soumis nous avons, en effet, entendu dire que la DGCCRF allait proposer l’idée d’un « contrat à l’essai ».

Si cette proposition recouvre en fait l’idée que le premier mandat d’un syndic ne pourrait être qu’un mandat d’une année, nous ne pourrions qu’être en parfait accord avec ce projet. Il apparaît néanmoins difficile de prôner l’idée d’une période d’essai qui serait inférieure à une année (douze mois) de mandat.

Nous vous remercions néanmoins de toute précision à ce sujet.

Vous remerciant également de l’attention portée à nos analyses et propositions concernant les problèmes de concurrence et restant à votre disposition pour toute précision, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de notre haute considération.

 

Fernand CHAMPAVIER 

Le Président ».

 

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