I.
On se souvient qu’Henry BUZY-CAZAUX a été délégué général
de la FNAIM. Il
s’agit d’un homme de dialogue qui a compris depuis longtemps :
-
d’une part que dans le
domaine de la copropriété on ne choisissait
pas ses « interlocuteurs »
;
-
d’autre part qu’on ne décidait
pas tout seul qui était « représentatif » et qui ne l’était pas.
Voilà
pourquoi ce bon connaisseur du monde de la copropriété
:
-
non seulement considère
que l’ARC est un interlocuteur incontournable ;
-
mais aussi accepte naturellement
le fait que l’ARC soit bien une association représentative
(et même de plus en plus), même si cela peut désoler plus
d’un grincheux.
En
conséquence un dialogue s’instaure, des idées s’échangent,
des points de vue de solutions consensuelles peuvent se
mettre en place, même si ces solutions peuvent faire grincer
les dents de certains.
Enfin,
Henry BUZY-CAZAUX est également un « démocrate ». En cela non seulement il respecte son interlocuteur représentatif comme on l’a
dit, mais il a l’intelligence de comprendre que la relation
(voire parfois la confrontation) avec un tel interlocuteur
est forcément bonne pour tous, puisqu’elle est l’essence
même de la vraie et bonne démocratie (régime idéal où
les forces s’équilibrent et les contre-pouvoirs permettent
d’éviter les abus et les dérives dangereuses).
Enfin,
Henry BUZY-CAZAUX est un homme courageux puisqu’homme
de conviction, il n’hésite pas à les exprimer publiquement,
dans l’intérêt général.
Voici
à cet égard le dernier blog qu’Henry BUZY-CAZAUX a écrit
pour Capital.fr
II. Le blog d’Henry BUZY-CAZAUX :
l’ARC et les syndics
« Copropriété et développement
durable
●
« Philippe PELLETIER, qui a reçu il y a plus
d'un an la présidence du Plan Bâtiment Grenelle créé par
le Ministre Jean-Louis BORLOO, a cru nécessaire d'ouvrir
un Chantier Copropriété. Il a pris une décision, controversée
dès l'origine, que j'ai pour ma part apprécié dès l'origine
: en confier le pilotage concerté à un représentant des
syndics professionnels et à un représentant des copropriétaires.
C'est ainsi que Jérôme DAUCHEZ, figure de la profession
et récemment élu président de l'UNIS de Paris et d'Ile
de France, co-anime ce groupe de travail avec Bruno DHONT,
directeur de l'Association des responsables de copropriété.
● La controverse est immédiatement apparue
chez les syndics professionnels : comment les pouvoirs
publics, celui qui les incarne à la tête du Plan Bâtiment
Grenelle, peuvent-ils confier une mission d'intérêt général
à l'ARC, qui « mange du syndic » et fait de la copropriété
le lieu d'un affrontement permanent, soulignant les
insatisfactions des copropriétaires et stigmatisant les
manquements des gestionnaires ?
●Je n'ai jamais vu les choses ainsi,
je n'en ai pas fait mystère, et ce pour trois raisons
:
1) D'abord
tout pouvoir a besoin de son contre-pouvoir, et on
ne peut nier que les organisations syndicales de syndics
aient du pouvoir ni que les syndics au sein des copropriétés
qu'ils gèrent aient du pouvoir direct. Oui, l'ARC – mais
une autre association de consommateurs aurait pu jouer
ce rôle si elle se l'était arrogé - a cette fonction sociale.
2) Il ne m'a pas échappé que l'ARC pouvait forcer le trait, mais je vois aussi
que l'ARC fait œuvre utile en dénonçant les excès,
les mêmes excès qui pénalisent les bons professionnels.
Ce n'est pas toujours de façon illégitime que l'ARC
tire la manche du Gouvernement ou du Parlement, croyez-moi.
Je reviendrai ailleurs, dans un billet spécial, sur le
besoin ou la vanité de la réglementation et l'opportunité
d'un ordre professionnel.
3) Surtout,
Philippe PELLETIER a bien compris l'essentiel : s'agissant
du développement durable - et selon moi de la
vie en copropriété assez généralement -, la France doit passer
de réflexes juridiques à des réflexes d'adhésion.
● Pour le dire plus joliment, l'obligation
d'une culture partagée doit l'emporter sur la culture
de l'obligation. Quand on lit les conclusions intermédiaires
du Chantier Copropriété, on voit qu'il a l'ambition d'inspirer
un peu le législateur – au moment où le projet de loi
Grenelle 2 est au Parlement -, on voit qu'il préfère la
voie de l'accord, de l'élan partagé entre copropriétaires
et syndics. La loi ne devra intervenir que quand le conventionnel
n'aura pas suffit.
● L'exemple d'une épargne obligatoire, et
fiscalement favorisée néanmoins, est significatif : le
législateur, à l'initiative du Ministre Hervé DE CHARETTE
si ma mémoire est bonne, a introduit dans la loi de 65 l'obligation que le syndic
propose la création d'un fond de réserve… Cela n'a rien
donné, et alors que le vieillissement des immeubles va
entraîner des milliards de travaux dans les copropriétés,
l'idée a surgi d'un fond spécial obligatoire.
Pour le reste, c'est par l'adhésion que le développement
durable avancera, et cette adhésion, cette culture
qui va devoir s'imposer, auront besoin que les représentants
des consommateurs aident les syndics dans leur travail
de conviction et de conseil ».
Nous
sommes évidemment d’accord avec Henry BUZY-CAZAUX. Reprenant
et complétant sa formule nous ajouterons même (malicieusement) :
« C’est par l’adhésion [surtout à l’ARC] que
le développement durable avancera »…