ARC / Abus n°2180 : 27 01 10/©

L’ARC et les syndics : un point de vue éclairé et courageux d’Henry BUZY-CAZAUX

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I.                   On se souvient qu’Henry BUZY-CAZAUX a été délégué général de la FNAIM. Il s’agit d’un homme de dialogue qui a compris depuis longtemps :

-          d’une part que dans le domaine de la copropriété on ne choisissait pas ses « interlocuteurs » ;

-          d’autre part qu’on ne décidait pas tout seul qui était « représentatif » et qui ne l’était pas.

Voilà pourquoi ce bon connaisseur du monde de la copropriété :

-          non seulement considère que l’ARC est un interlocuteur incontournable ;

-          mais aussi accepte naturellement le fait que l’ARC soit bien une association représentative (et même de plus en plus), même si cela peut désoler plus d’un grincheux.

En conséquence un dialogue s’instaure, des idées s’échangent, des points de vue de solutions consensuelles peuvent se mettre en place, même si ces solutions peuvent faire grincer les dents de certains.

Enfin, Henry BUZY-CAZAUX est également un « démocrate ». En cela non seulement il respecte son interlocuteur représentatif comme on l’a dit, mais il a l’intelligence de comprendre que la relation (voire parfois la confrontation) avec un tel interlocuteur est forcément bonne pour tous, puisqu’elle est l’essence même de la vraie et bonne démocratie (régime idéal où les forces s’équilibrent et les contre-pouvoirs permettent d’éviter les abus et les dérives dangereuses).

Enfin, Henry BUZY-CAZAUX est un homme courageux puisqu’homme de conviction, il n’hésite pas à les exprimer publiquement, dans l’intérêt général.

Voici à cet égard le dernier blog qu’Henry BUZY-CAZAUX a écrit pour Capital.fr

 

II. Le blog d’Henry BUZY-CAZAUX : l’ARC et les syndics

 

« Copropriété et développement durable



● « Philippe PELLETIER, qui a reçu il y a plus d'un an la présidence du Plan Bâtiment Grenelle créé par le Ministre Jean-Louis BORLOO, a cru nécessaire d'ouvrir un Chantier Copropriété. Il a pris une décision, controversée dès l'origine, que j'ai pour ma part apprécié dès l'origine : en confier le pilotage concerté à un représentant des syndics professionnels et à un représentant des copropriétaires. C'est ainsi que Jérôme DAUCHEZ, figure de la profession et récemment élu président de l'UNIS de Paris et d'Ile de France, co-anime ce groupe de travail avec Bruno DHONT, directeur de l'Association des responsables de copropriété.

 ● La controverse est immédiatement apparue chez les syndics professionnels : comment les pouvoirs publics, celui qui les incarne à la tête du Plan Bâtiment Grenelle, peuvent-ils confier une mission d'intérêt général à l'ARC, qui « mange du syndic » et fait de la copropriété le lieu d'un affrontement permanent, soulignant les insatisfactions des copropriétaires et stigmatisant les manquements des gestionnaires ?


 ●Je n'ai jamais vu les choses ainsi, je n'en ai pas fait mystère, et ce pour trois raisons :

 1) D'abord tout pouvoir a besoin de son contre-pouvoir, et on ne peut nier que les organisations syndicales de syndics aient du pouvoir ni que les syndics au sein des copropriétés qu'ils gèrent aient du pouvoir direct. Oui, l'ARC – mais une autre association de consommateurs aurait pu jouer ce rôle si elle se l'était arrogé - a cette fonction sociale.
2) Il ne m'a pas échappé que l'ARC pouvait forcer le trait, mais je vois aussi que l'ARC fait œuvre utile en dénonçant les excès, les mêmes excès qui pénalisent les bons professionnels. Ce n'est pas toujours de façon illégitime que l'ARC tire la manche du Gouvernement ou du Parlement, croyez-moi. Je reviendrai ailleurs, dans un billet spécial, sur le besoin ou la vanité de la réglementation et l'opportunité d'un ordre professionnel.
3) Surtout, Philippe PELLETIER a bien compris l'essentiel : s'agissant du développement durable - et selon moi de la vie en copropriété assez généralement -, la France doit passer de réflexes juridiques à des réflexes d'adhésion.

 
 ● Pour le dire plus joliment, l'obligation d'une culture partagée doit l'emporter sur la culture de l'obligation. Quand on lit les conclusions intermédiaires du Chantier Copropriété, on voit qu'il a l'ambition d'inspirer un peu le législateur – au moment où le projet de loi Grenelle 2 est au Parlement -, on voit qu'il préfère la voie de l'accord, de l'élan partagé entre copropriétaires et syndics. La loi ne devra intervenir que quand le conventionnel n'aura pas suffit.


 ● L'exemple d'une épargne obligatoire, et fiscalement favorisée néanmoins, est significatif : le législateur, à l'initiative du Ministre Hervé DE CHARETTE si ma mémoire est bonne, a introduit dans la loi de 65 l'obligation que le syndic propose la création d'un fond de réserve… Cela n'a rien donné, et alors que le vieillissement des immeubles va entraîner des milliards de travaux dans les copropriétés, l'idée a surgi d'un fond spécial obligatoire.
Pour le reste, c'est par l'adhésion que le développement durable avancera, et cette adhésion, cette culture qui va devoir s'imposer, auront besoin que les représentants des consommateurs aident les syndics dans leur travail de conviction et de conseil 
».

Nous sommes évidemment d’accord avec Henry BUZY-CAZAUX. Reprenant et complétant sa formule nous ajouterons même (malicieusement) : « C’est par l’adhésion [surtout à l’ARC] que le développement durable avancera »…

 

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