I-
Un serpent de mer
Tout
le monde sait que l’eau est trop chère.
Régulièrement les rapports de la Cour des Comptes nous le rappellent.
Et pourtant l’eau continue à être toujours plus
chère.
Pourquoi ?
1)
Parce
que c’est un domaine très complexe.
2)
Parce
que les élus locaux sont sensés défendre nos
intérêts face aux distributeurs et qu’on leur
fait confiance.
3)
Parce
que les contrats entre les collectivités et
les compagnies privées sont d’une durée très
longue et que leur remise en cause est difficile.
Nous
avons récemment rappelé - à l’occasion d’un
jugement du Conseil National de la Concurrence contre le
SEDIF et la
Lyonnaise des Eaux
( ABUS
642) - à quel point ce secteur était
peu concurrentiel. Une étude récente de QUE
CHOISIR le confirme de façon cuisante.
II-
L’étude de QUE-CHOISIR
L’association
UFC QUE CHOISIR (voir QUE CHOISIR, numéro de
février 2006) a taché de recalculer les marges
des distributeurs et arrive à des chiffres ahurissants
: « Les
marges nettes sur chiffres d’affaires dégagées
par les distributeurs oscilleraient entre 26
et 42 % et seraient deux à trois fois supérieures
aux taux des marges nettes des autres secteurs
industriels considérés comme profitables ».
En
Ile de France l’UFC
QUE CHOISIR conclut ainsi que le prix facturé
serait 2,5 fois plus élevé que ce qui est estimé
par l’association.
Evidemment
cette situation vient de l’absence dramatique
de concurrence dans ce secteur où deux géants
(VÉOLIA ex CGE et LYONNAISE des EAUX) se partagent
le marché.
III-
Une solution : le retour à la régie
Chacun
se souvient du scandale qui a coûté sa carrière
à Monsieur CARRIGNON, Maire de Grenoble.
Depuis
la
Ville de Grenoble est revenue
à un système dit de « régie
» (elle gère elle-même ce service) et s’est
débarrassée de la Compagnie Générale
des Eaux, trop gourmande à son sens. Conséquence :
le prix de l’eau a chuté.
C’est
de chemin que l’association QUE CHOISIR conseille
aux Maires d’emprunter.
La Ville de paris semble d’ailleurs l’avoir compris puisque
- quatre ans avant la fin des contrats qui la
lie à ses fermiers (CGE - LYONNAISE) - elle
commence à étudier sérieusement ce retour à
un système de régie et a même la bonne idée
de consulter les associations comme l’ARC à
ce sujet. À suivre.
Un conseil : vous aussi n’hésitez pas à faire connaître à
votre Maire les résultats de l’étude de QUE
CHOISIR et à lui appeler que la concurrence
réelle ça existe et qu’il restera toujours la
solution de la « régie » si l’on veut que les prix de l’eau
soient véritablement maîtrisés.