ARC Abus n°679: 08 02 06 /©

L’eau trop chère ; il est toujours temps d’agir

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I-                    Un serpent de mer

 

Tout le monde sait que l’eau est trop chère. Régulièrement les rapports de la Cour des Comptes nous le rappellent. Et pourtant l’eau continue à être toujours plus chère.

Pourquoi ?

1)     Parce que c’est un domaine très complexe.

2)     Parce que les élus locaux sont sensés défendre nos intérêts face aux distributeurs et qu’on leur fait confiance.

3)     Parce que les contrats entre les collectivités et les compagnies privées sont d’une durée très longue et que leur remise en cause est difficile.

Nous avons récemment rappelé - à l’occasion d’un jugement du Conseil National de la Concurrence contre le SEDIF et la Lyonnaise des Eaux
( ABUS 642) - à quel point ce secteur était peu concurrentiel. Une étude récente de QUE CHOISIR le confirme de façon cuisante.

 

II-                  L’étude de QUE-CHOISIR

 

L’association UFC QUE CHOISIR (voir QUE CHOISIR, numéro de février 2006) a taché de recalculer les marges des distributeurs et arrive à des chiffres ahurissants : « Les marges nettes sur chiffres d’affaires dégagées par les distributeurs oscilleraient entre 26 et 42 % et seraient deux à trois fois supérieures aux taux des marges nettes des autres secteurs industriels considérés comme profitables ».

En Ile de France l’UFC QUE CHOISIR conclut ainsi que le prix facturé serait 2,5 fois plus élevé que ce qui est estimé par l’association.

Evidemment cette situation vient de l’absence dramatique de concurrence dans ce secteur où deux géants (VÉOLIA ex CGE et LYONNAISE des EAUX) se partagent le marché.

 

III-                Une solution : le retour à la régie

 

Chacun se souvient du scandale qui a coûté sa carrière à Monsieur CARRIGNON, Maire de Grenoble.

Depuis la Ville de Grenoble est revenue à un système dit de « régie » (elle gère elle-même ce service) et s’est débarrassée de la Compagnie Générale des Eaux, trop gourmande à son sens. Conséquence : le prix de l’eau a chuté.

C’est de chemin que l’association QUE CHOISIR conseille aux Maires d’emprunter.

La Ville de paris semble d’ailleurs l’avoir compris puisque - quatre ans avant la fin des contrats qui la lie à ses fermiers (CGE - LYONNAISE) - elle commence à étudier sérieusement ce retour à un système de régie et a même la bonne idée de consulter les associations comme l’ARC à ce sujet. À suivre.

Un conseil : vous aussi n’hésitez pas à faire connaître à votre Maire les résultats de l’étude de QUE CHOISIR et à lui appeler que la concurrence réelle ça existe et qu’il restera toujours la solution de la « régie » si l’on veut que les prix de l’eau soient véritablement maîtrisés.

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