I-
Nous le savons tous : les syndics
cachent effrontément la réalité en ce qui concerne les
recettes rÉelles perçues dans le cadre de la gestion
de leurs copropriétés
Ainsi :
-
ils
refusent de dire ce que leurs rapportent réellement
le placement des trésoreries des copropriétés (voir
abus numéro
1677
et concernant les chiffres de la
CNAB) ;
-
ils
refusent de dire combien ils touchent au titre des commissions
d’apporteur d’affaires (exemple : courtage d’assurance) ;
-
ils
refusent de dire combien ils réalisent de marge sur
les photocopies (marge considérable ; sur 700.000
photocopies facturées à 0,40 cts d’euro pour un prix de revient de 0,05, cela fait une
marge de 0,35 X 700.000 = 245.000 euros !
Or 700.000 photocopies, cela concerne seulement 10.000
lots de copropriété ou encore 700 petites copropriétés !
Calculez maintenant pour 7,5 millions de lots !
-
enfin,
les syndics cachent très très
soigneusement les sommes perçues au titre des honoraires
privatifs (là aussi des sommes qui peuvent être
considérables) : recouvrement des impayés ;
frais de mutation, etc.
Nous
reviendrons prochainement sur les autres points, mais
allons commencer par ce dernier point -
celui des honoraires privatifs - pour des raisons que
nous allons exposer maintenant.
II-
Honoraires privatifs : des sommes
souvent très importantes
Les
honoraires privatifs concernent :
- les honoraires et
frais de recouvrement de charges ;
- les honoraires liés
aux ventes (état daté ; Diagnostic de
Performance Energétique) ;
- les honoraires et
frais (illégaux) facturés aux nouveaux arrivants ;
- les honoraires relatifs
aux sinistres privatifs, etc.
Les
sommes collectées sur ces différents postes peuvent
être considérables, dans une grosse copropriété nous
nous sommes aperçus qu’un cabinet de syndic (racheté
depuis par LAMY) percevait en frais et honoraires de
recouvrement plus de 50 % du montant de ses honoraires
de base. À 40 ou même 50 euros la mise en demeure -
comme cela devient de plus en plus fréquent -
de nombreux cabinets, comme le cabinet LOISELET, font des fortunes sur ce poste !
III-
Honoraires privatifs : des tarifs
parfois scandaleux
Oui,
prélever 50 euros pour une lettre recommandée avec accusé
de réception en cas de non-paiement des charges est
scandaleux, car il s’agit véritablement d’une « taxe » injustifiée.
Que
les débiteurs acquittent :
o
des
frais raisonnables de « recommandé avec accusé de réception » ;
o
des
intérêts de retard (au profit du syndicat des copropriétaires),
c’est
tout à fait normal.
Mais,
qu’ils doivent payer entre 40 et 50 euros pour une lettre
recommandée avec accusé de réception qui revient à 5
euros, est une honte.
Même
chose pour l’état daté facturé 400 ou 500 euros, par
exemple.
IV-
Honoraires privatifs… pas toujours
privatifs
Les
syndics répondent : « Mais pourquoi nous embêtez-vous avec ces honoraires
qui sont PRIVATIFS ? » Tout simplement
parce que les honoraires « privatifs » peuvent très bien, un jour ou l’autre, revenir
dans les charges communes. Cela arrive fréquemment.
Prenons deux exemples :
a)
Un
débiteur est assigné au tribunal ; il doit 3.000
euros ET 1.000 euros d’honoraires de syndic divers. Le juge va rejeter une
partie de ces honoraires et la copropriété devra payer
ces frais.
b)
Un
logement est vendu sur saisie : le débiteur devait
15.000 euros et 7.000 euros de frais divers dont 3.500
euros de frais de syndic qui seront pris en charge,
au final, par le syndicat des copropriétaires, etc.
Voilà pourquoi les frais privatifs ne sont pas si privatifs
que ce que les syndics en disent et qu’il faut donc
bien les identifier, les quantifier et les refuser.
Si besoin est !
V-
L’importance de connaître le montant
des honoraires privatifs
Connaître
le niveau réel des honoraires privatifs est ainsi essentiel :
a)
d’abord
parce que ces honoraires sont prélevés sur la trésorerie
des copropriétés ;
b)
ensuite
parce, comme ont vient de le voir, une partie de ces
honoraires risquent de revenir en charges communes ;
c)
enfin
- et c’est là une raison non négligeable - parce que
cela permettra de savoir précisément quelles sont toutes
les sommes perçues par un syndic dans le cadre de la
gestion de sa copropriété, donc de mieux négocier
le niveau de ses honoraires de base !
VI-
Comment connaître le montant réel des
honoraires « privatifs »
des syndics
En
principe, c’est simple puisque TOUS
les honoraires privatifs de syndic (dans la mesure où
ils sont payés avec la trésorerie de la copropriété)
devraient être comptabilisés dans le compte 6223 du nouveau plan comptable adapté
à la copropriété, permettant ainsi de connaître facilement
le cumul de ceux-ci.
Or nous avons constaté que la plupart
des syndics - pour échapper sans doute au contrôle
des copropriétaires - n’utilisaient PAS ce compte,
ceci, il faut insister dessus, en toute illégalité !
Comment font-ils ?
C’est simple : ils se contentent de passer par un ou plusieurs
comptes « fournisseurs » (le fournisseur
étant le syndic) sans passer par le compte 6223.
Grâce
à ce stratagème, les honoraires privatifs des syndics
sont difficiles à repérer et il faut une bonne loupe
et des connaissances comptables sérieuses pour reconstituer
le puzzle.
VII-
Pourquoi ces dissimulations ?
Là encore la réponse est simple : les syndics n‘ont absolument pas envie que l’on
sache combien ils touchent réellement d’honoraires sur
une copropriété, car cela mettrait à mal leur discours,
pour ne pas dire ritournelle (« Nos
honoraires sont
insuffisants ») et permettrait
- au contraire - de montrer à quel point ils sont largements
« suffisants ».
VIII- Que faire pour obtenir les renseignements nécessaires ?
Voici
le mode d’emploi, assez simple :
- Demandez à votre syndic
de vous fournir le grand-livre comptable de votre
copropriété (si vous êtes au conseil syndical).
- Examinez le compte
6223 : légalement, comme on l’a dit, TOUS les honoraires privatifs du syndic ont du être passés sur
ce compte.
- Demandez au syndic
(et à son comptable) si c’est bien le cas.
- Quelle que soit la
réponse, étudiez ensuite le compte 401 (fournisseurs)
ou le compte 462 (fournisseurs créditeurs divers)
et essayez de voir si le syndic n’a pas passé des
honoraires privatifs sur ces comptes SANS les passer en compte 6223.
- Si c’est le cas, vous
avez affaire à un « dissimulateur » ou à une
personne qui connaît bien MAL
la comptabilité des copropriétés. Il faut :
o
nous
saisir ;
o
saisir
sa chambre professionnelle ;
o
lui
refuser le quitus voire lui refuser l’approbation des
comptes, ceux-ci n’étant pas établis selon les dispositions
impératives du plan comptable.
*