ARC Abus n°1695: 04 02 09/©

Rentabilité des contrats de syndic : la CNAB se dérobe une fois de plus aux questions gênantes

(Confédération Nationale des Administrateurs de Biens)

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Il y a quelques lois de par le monde :

-          celle trouvée par Newton : vous laissez échapper une pomme ; elle tombe ;

-          celle trouvée par la CNAB : vous lui posez des questions précises ; vous êtes SÛRS de n’obtenir JAMAIS aucune réponse.

Voici le dernier exemple en date de l’application de cette loi.

  1. La CNAB fait faire une étude sur la rentabilité de l’activité de syndic.
  1. Nous apprenons - en lisant un résumé (Power point) de cette étude distribué aux journalistes - d’une part que la « rentabilité » de l’activité syndic est « estimée » à 1,77 % (quelle diabolique précision), d’autre part (grâce à une astérisque) que les « produits financiers » générés par l’activité de syndic ne sont pas pris en compte dans ce calcul, ce qui est le comble !

Or, pour nous l’affaire est d’importance. En effet, en annonçant ce chiffre la CNAB lance une campagne nationale sur le thème : « Notre rentabilité est quasi-nulle. Il faut DONC que les copropriétaires acceptent des augmentations d’honoraires conséquentes ».

On le voit l’enjeu est considérable.

  1. Alertés par le fait que la CNAB n’avait pas intégré les produits financiers dans les recettes des syndics (un comble !) nous nous sommes posés la question suivante : « Qu’est-ce que la CNAB a demandé à son bureau d’études de prendre en compte dans les recettes liées à l’activité de syndic ? ». Et comme nous connaissons bien la CNAB nous nous sommes aussi demandé si ses dirigeants avaient pris soin :

o       d’intégrer les recettes parfois importantes engrangées dans le cadre de l’activité de syndic mais imputées à titre PRIVATIF  (recouvrement des impayés, états datés etc.)?

o       d’intégrer la partie importante des « frais de photocopie » qui correspond à des honoraires et non à des « débours » (sachant qu’une photocopie facturée 0,40 euros revient à 0,05 euros maximum) ?

Nous avons posé très poliment la question à son Président, Serge IVARS (voir abus numéro 1682) et attendons toujours.

Un journaliste de BATI-ACTU a donc repris nos analyses et questions puis a interrogé le Président de la CNAB, Monsieur IVARS. Ce qui donne ceci :

« On s’aperçoit, explique le communiqué de l’ARC (…) que faute d’être précis sur ce qui est intégré dans le chiffre d’affaires ‘syndic’ les résultats de la CNAB – déjà biaisés (non prise en compte des produits financiers – sont peut-être en plus faussés. « Interrogé par Bati-Actu Serge IVARS, président de la Cnab, « se refuse à répondre aux attaques de l’Arc qui se veut systématiquement polémique ».

Il tient à préciser que cette étude est réalisée par un organisme à la compétence internationalement reconnue », PricewaterHouse Coopers, dont on ne peut douter. « Les produits financiers ne sont pas cachés, la preuve : l’auteur de l’étude le précise [qu’il n’en tient pas compte], explique Serge Ivars, l’étude n’a porté que sur les honoraires liés à la partie de compétence syndic des administrateurs de biens, hors les autres activités habituelles telles que la gérance ou encore l’expertise. On ne cache rien ».

 

Un peu grosse la ficelle et facile la réponse : « On ne répond pas à la polémique ».

 

Car quand on annonce des chiffres de « rentabilité » si faibles et qu’on utilise ces chiffres pour faire valoir que les recettes des syndics sont globalement insuffisantes, et justifier une campagne nationale pour « augmenter les honoraires des syndics » l’honnêteté, ne voudrait-elle pas qu’on réponde aux représentants de ses clients à des questions aussi légitimes que celles que nous nous posons, même si ces questions sont gênantes ?

Nous notons que Monsieur IVARS répond « que l’étude n’a porté QUE sur les honoraires liés à la compétence syndic ». Cela ne répond pas à nos questions :

-          les honoraires privatifs ont-ils été intégrés ?

-          les marges très importantes faites sur les photocopies l’ont-elles été ?

Ceci dit, ce genre de réponse constitue quand même une réponse : si la CNAB avait BIEN pris en compte TOUTES les recettes, la CNAB se serait fait un plaisir de nous le confirmer et de répondre à nos propos « polémiques ».

En se dérobant, le président de la CNAB répond : « Non, nous n’avons pas intégré ces recettes ».

 

Merci.

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