I-
Comment faire de l’argent simplement ?
Vous
avez toujours voulu savoir comment faire facilement
de l’argent sans aller en prison.
Voici,
enfin, satisfait votre vœu. Vous allez voir. Très facile.
II-
Une lettre en apparence anodine
D’abord
- comme dans une bonne recette - vous prenez un (gros)
syndic (de préférence). Et vous lui faites écrire à
tous ses conseils syndicaux la lettre suivante :
« Cabinet
LAMY
Objet :
Registre de Sécurité
Madame
ou Monsieur le Président,
Afin
de s’assurer que votre immeuble est en totale conformité
avec la législation actuelle, nous allons missionner
la société BOUVIER pour effectuer un bilan sur la sécurité
incendie. Celui-ci permettra de recenser les équipements
et de vérifier le cas échéant, ceux manquants.
L’ensemble
de ces informations sera transcrit sur un Registre de
Sécurité informatisé, conformément à l’arrêté du 31
Janvier 1986.
Soucieux
de la mis en conformité de votre immeuble et sans nouvelle
de votre part dans un délai d’un mois, nous ferons procéder
à cette intervention.
Nous
vous prions d’agréer Madame ou Monsieur le Président,
l’expression de nos salutations les plus dévouées.
M.
R…… ».
N’est-ce
pas admirable, autant d’attentions touchantes ?
Ce
syndic « missionne » la société BOUVIER pour recenser les équipements
existants en matière de sécurité incendie (car évidemment
le syndic, en grand professionnel qu’il est, ne peut
pas le faire tout seul) et recenser ceux qui manquent.
Quels
braves gens.
Le
même syndic missionne ensuite la même société pour « transcrire » toutes
ces fines observations dans un registre présenté habilement
comme obligatoire.
Un
conseil syndical normal comprend que ces missions seront
gratuites, puisqu’aucun montant n’est mentionné dans la lettre.
Or
ce n’est pas le cas. En
fait le déplacement de la société BOUVIER sera facturé
101,66 €. par cage d’escalier ! Attentions touchantes
mais payantes.
Ceci
constitue de la part du syndic la première belle escroquerie
de cette histoire. Rien à côté de la suite.
III-
Faire croire à l’existence d’un « registre »
obligatoire à remplir
Dans
la lettre, vous l’avez noté, LAMY explique que la société
BOUVIER va profiter de la visite pour remplir un « registre » dont le syndic laisse
très habilement entendre qu’il est obligatoire, en citant
l’arrêté de 1986.
Or
le seul registre visé par cet arrêté est un registre
obligeant à inscrire la date de passage
des entreprises d’entretien, mais
ceci uniquement quand la copropriété dispose d’équipements
qui font l’objet d’un entretien périodique obligatoire.
Il n’y a ABSOLUMENT aucune obligation de tenir un registre
des équipements. AUCUNE.
Mais
en faisant croire que c’est le cas, LAMY justifie la
facturation d’une visite qui va UNIQUEMENT
permettre à la société BOUVIER (comme on s’en aperçoit
après-coup) d’adresser à la copropriété - avec la complicité
du syndic - des devis très élevés.
IV-
La visite de la société BOUVIER et
le « fameux »
registre
En
effet, la société BOUVIER se déplace dans les copropriétés
(aux frais des copropriétaires donc) pour :
-
faire
la liste des équipements manquants soit disant obligatoires
et adresser un devis en bonne et due forme (c’est cela
que LAMY et la société BOUVIER appelle remplir un registre !) ;
-
faire
en plus la liste des équipements « souhaitables » et tenter de persuader
la copropriété de lui passer commande aussi pour ces
équipements.
Voici
la deuxième escroquerie : transformer un « bilan » facturé en
« devis ». Mais ce n’est pas fini.
V-
Le deuxième courrier de LAMY
Pour
être sûr que les conseils syndicaux ne vont pas se rebiffer,
que fait LAMY ? Il envoie une deuxième lettre aux
conseils syndicaux ainsi libellée :
« Cabinet
LAMY
Objet :
Registre de Sécurité
Madame
ou Monsieur le Président,
Nous
vous prions de trouver en pièce jointe le diagnostic
et Registre de sécurité réalisé sur votre copropriété
suite à un accord de groupe.
Vous
constaterez que certaines anomalies ont été constatées
dont ci-dessous la liste :
[Note de l’ARC : nous donnons l’exemple d’un immeuble précis :
-
Plan
de sécurité manquant à prévoir – Devis de la Société BOUVIER pour la somme de 197,70 € TTC.
-
Echelle
absente et à prévoir – Devis de la société BOUVIER pour
la somme de 491,88 € TTC].
Ces
éléments sont obligatoires dans le cadre de la
législation en vigueur. Par conséquent, nous vous demandons
de bien vouloir nous les retourner signés revêtus de
la mention « BON POUR ACCORD ». Nous vous informons que votre responsabilité
sera engagÉe en cas de problÉme.
Vous
en souhaitant bonne réception.
Nous
vous prions d’agréer, Madame ou Monsieur le Président,
l’expression de nos salutations les plus dévouées.
M………….. ».
Comme
par hasard : « si vous
n’acceptez pas, vous serez responsables ».
Air connu des professionnels « indélicats ».
Très important : dans le cas cité, l’échelle absente n’est -
contrairement à ce qui est affirmé - PAS
obligatoire ! Nouvelle tromperie (nous consacrerons
un abus entier à ce point), nouvelle escroquerie.
VI-
Les « fautes » graves du syndic LAMY
Dans
cette affaire, LAMY commet plusieurs fautes graves :
a)
D’abord
LAMY fait appel aux
frais des copropriétaires à un professionnel pour
lui demander quels sont les équipements de luttes contre
l’incendie obligatoires dans ses immeubles.
Or tout syndic normal devrait le savoir, et s’il ne
le sait pas, il lui appartient de se renseigner à ses
frais.
b)
LAMY
laisse croire ensuite - pour justifier les frais prélevés
- qu’un registre spécial d’état des lieux doit être
rempli, ce qui
est une tromperie.
c)
Enfin
LAMY reçoit et transmet après cela des devis, d’une
part en ne vérifiant pas au préalable que les travaux
préconisés sont vraiment obligatoires (se rendant ainsi
complice de tromperies potentielles) et d’autre part
- au lieu de mettre l’entreprise concernée en concurrence
- en forçant le conseil syndical à accepter ces devis,
faute de quoi il (le conseil syndical) engagera sa responsabilité.
Ceci est d’autant
plus scandaleux que les prix pratiqués par la société
BOUVIER sont de l’ordre de 50 à 100 % plus élevés que
ce que la coopérative de l’ARC a négocié.
Résumons :
-
méconnaissance
grave de la réglementation concernant la protection
« incendie » de la part
du plus gros syndic de France ;
-
tromperie
volontaire à l’encontre des conseils syndicaux en ce qui concerne les obligations de tenue d’un
registre et collusion évidente avec l’entreprise de
fourniture de matériels pour imposer du matériel et
des équipements ;
-
absence
de mise en oeuvre du « devoir du conseil » concernant la légitimité
de ces devis au regard des véritables obligations pesant
sur les copropriétés ;
-
exercice
d’un « chantage judiciaire » pour arracher aux conseillers syndicaux
des autorisations d’engagements financiers relevant
de toute façon de l’assemblée générale ;
-
absence
de mise en concurrence du fournisseur imposé, alors
que les prix pratiqués par lui sont anormalement élevés,
ce qui ne peut pas échapper à un vrai syndic professionnel.
Ça
fait quand même beaucoup.
Mais
le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ?
Combien
de copropriétés gérées par LAMY ? 25.000 ?
Mettons une moyenne de 1.000 euros par copropriétés :
25.000 X 1.000 = 25.000.000 €, oui vingt
cinq millions d’euros…
Nos trois conseils :
- Demandez à LAMY le
remboursement de la prestation de BOUVIER.
- Demandez à LAMY le
remboursement des équipements présentés comme obligatoires
et qui ne le sont pas.
- Demandez à LAMY le
remboursement de la différence entre les prix BOUVIER
et les prix négociés par l’ARC (si vous êtes adhérents
collectifs).