I.
L’ARC à BERCY
L’ARC
est plus familière du Ministère du Logement et de celui
de la Justice que de BERCY, immense paquebot où l’on a
toujours l’impression que l’on va se perdre.
Les
responsables de l’ARC se sont cependant rendus la semaine
dernière à BERCY pour y rencontrer la personne en charge,
au cabinet d’Hervé NOVELLI, des questions concernant
les contrats de syndic.
II.
Le compte-rendu de notre visite
Discussion
sur l’arrêté concernant les contrats de syndic
1.
Le cabinet a écouté
nos arguments concernant le refus d’un arrêté « minimum ».
2.
Il nous a néanmoins
annoncé que ce qui était envisagé pour le moment - pour
calmer le jeu - était de demander à la Commission des Clauses
Abusives de se prononcer sur le caractère abusif ou
non des diverses prestations particulières que l’on
peut découvrir actuellement dans les contrats de syndic.
3.
Nous avons répondu :
a)
que cela était un
premier pas mais ne pouvait satisfaire les copropriétaires ;
b)
que cette Commission
était, en effet, très longue à se prononcer ;
c)
que par ailleurs
le fait qu’une clause soit (dans de nombreux mois) déclarée
« abusive » par la commission n’empêcherait
pas que les syndics les moins corrects continueraient
à inclure ces clauses dans leur contrat, laissant les
copropriétaires attaquer en justice s’ils le pouvaient
leur contrat ;
d)
que nous souhaitions
donc de notre côté, qu’on ne laisse pas à la
Commission des Clauses Abusives le
soin de résoudre le différend entre syndics et copropriétaires,
et que, l’arrêté précise clairement ce qui ne pouvait
pas être prévu en prestations particulières, à savoir :
-
les forfaits divers ;
-
les prestations assimilables
à un service, donc forcément optionnelles, et devant
donner lieu à un vote spécifique dissocié du vote du
contrat.
Le
cabinet a écouté nos arguments avec attention, mais
semble, à notre avis, peu décidé à nous donner satisfaction
(c’est ce que nous avons ressenti, peut-être à tort).
4.
Nous sommes ensuite
longuement intervenus pour répondre à l’argument économique
suivant adressé par les syndics au ministère :
« Si l’on empêche les syndics d’appliquer des
honoraires supplémentaires abusifs, la rentabilité des
cabinets sera compromise, DONC l’emploi dans les cabinets,
ce qui créera du chômage ».
a)
D’abord nous avons
fait valoir qu’il ne fallait pas analyser la rentabilité
de l’activité « syndic » de façon indépendante
des autres acticités d’un cabinet (il faut y adjoindre
l’activité gérance, très rentable).
b)
Ensuite nous avons
expliqué que certains calculs de rentabilité étaient
faussés, dans la mesure où des produits importants (générés
pourtant par l’activité « syndic ») n’étaient
pas comptabilisés (exemple :
produits financiers, des placements des trésoreries
des copropriétés ou marges « colossales » faites
sur les photocopies, « revendues » dix à vingt fois leur
prix de revient, etc.).
c)
Enfin, nous avons
expliqué qu’il nous semblait normal - en cas de normalisation
des contrats - que les honoraires de base remontent,
mais ceci dans la transparence et dans le cadre d’un
vrai système concurrentiel.
Le cabinet du ministre nous a - semble-t-il - entendus, mais nous restons
sceptiques et pensons que - si nous ne nous manifestons
pas collectivement et fortement - l’arrêté qui sortira
sera un arrêté minimum juste un peu amélioré, avec
un renvoi de type « Ponce
Pilate » inefficace à la
Commission des Clauses Abusives.
III.
Non à un recours dilatoire à la « Commission des Clauses Abusives »
Le
Gouvernement cherche à apaiser la colère des copropriétaires
sans faire de peine aux syndics. D’où cette idée - sans
doute - de publier un arrêté minimum et de faire patienter
les copropriétaires avec une saisine de la Commission des Clauses Abusives pour ce qui est
des clauses des honoraires « particuliers » des syndics.
Nous
le disons donc clairement et allons l’écrire à Monsieur
NOVELLI : cet « os à ronger » ne nous
satisfait pas du tout.
Nous
demandons que l’arrêté puisse prendre acte
des grandes insuffisances de l’avis (comme le Tribunal
de Grande Instance de Grenoble l’a bien expliqué) et
le complète sur les nombreux points qui le nécessitent.
À
défaut, l’arrêté n’aura aucune efficacité « politique » et les organisations de propriétaires et de consommateurs
- en totale harmonie avec l’ensemble des copropriétaires
- le feront vite savoir.