Des
copropriétaires atterrés
Ayant
été alertés par certains copropriétaires
ainsi que par l’analyse des « grands-livres
comptables » de diverses copropriétés
gérées par le groupe DUMESNIL, nous avons
eu la curiosité de faire une étude concernant
les sociétés dont Monsieur DUMESNIL (groupe
DUMESNIL, cabinet FOURMON et cabinet BENARD) est propriétaire
ou associé majoritaire (directement ou indirectement).
Le
résultat que nous avons livré dans notre
abus numéro 2188
est tout à fait intéressant et mérite
une information et une analyse dans la mesure où
ces différentes sociétés - indépendantes
juridiquement des cabinets de syndic - ont pour objet :
l’assurance
(tiens, tiens) ;
la
comptabilité des copropriétés ;
le
recouvrement des charges impayées (hou !
lou ! lou !) ;
l’informatique ;
la
location de volumes de stockage, etc
Une
telle situation requiert tout à la fois la plus
grande vigilance de la part des copropriétaires,
des associations défendant les intérêts
des copropriétaires mais aussi des réactions
des pouvoirs publics, tant le mélange des genres
et la confusion des intérêts sont préoccupants
et potentiellement dangereux.
Un
système doublement rémunérateur
On
a, en effet, pu repérer le système suivant qui
se décompose en trois étapes :
Monsieur
DUMESNIL a créé (et continue à vouloir créer,
sans doute) diverses sociétés prestataires
(NB : ces sociétés sont
d’ailleurs domiciliées en zone franche pour
des raisons fiscales ; on verra plus loin
que ce détail est important) ;
parallèlement
Monsieur DUMESNIL rachète ou crée
des cabinets de syndic ;
Il
oblige ensuite « ses »
cabinets (de syndic) à faire appel à
« ses » sociétés
pour assurer des tâches de gestion courante
(exemple : comptabilité des
copropriétés, recouvrement des charges
et d’autres prestations (exemple :
informatique, demain l’assurance, le stockage, etc.).
Mais
quel est l’intérêt d’un tel montage ?
Les
explications sont diverses, mais en quelques mots, disons
que les cabinets de syndic sous-traitent des prestations
de gestion courante aux sociétés situées
en zone franche qui appartiennent à 100 % à
Monsieur ou Madame DUMESNIL.
Le
système est donc un système très
ingénieux de siphonage des honoraires des cabinets
et d’utilisation fiscale de la zone franche.
À
noter par ailleurs que si Monsieur « DUMESNIL
prestataire » impose des prix élevés
à Monsieur « DUMESNIL syndic »,
il fait là encore coup double :
il
augmente ses bénéfices sur les sociétés
prestataires ;
il
laisse penser que l’activité des cabinets
de syndic est à peine rémunératrice,
ce qui peut justifier des demandes d’augmentations
d’honoraires (« Vous voyez, nos cabinets
sont à peine rentables » air
connu).
Mais
comment peut-on penser des choses pareilles ?
Où
est le problème pour les copropriétaires ?
Vous
direz peut-être - ô naïfs petits poulets
bien dodus - : « Mais en quoi cela
est préjudiciable pour les copropriétaires ?
Certes le montage est ingénieux, mais les
dindons de la farce ce sont plutôt les associés
de ce monsieur dans les cabinets de syndic et le FISC.
Pas les copropriétaires ».
Erreur
tragique, chers copropriétaires, tragique erreur.
On
va voir en effet qu’on a deux types distincts de préjudices :
l’externalisation
de certaines prestations importantes posent des
problèmes aigus de contrôle pour les
copropriétaires ;
le
transfert de tâches ou des prestations à
des sociétés filiales entraîne
forcément un jour ou l’autre
des dérives financières liées
aux conflits d’intérêts.
Voyons
cela.
Premier
problèmes : les effets de l’externalisation
sur les contrôles.
Le
premier problème (le moins évident
mais pas le moindre) concerne le fait qu’il y a
éparpillement des lieux de compétence,
ce qui empêche le conseil syndical d’opérer
ses contrôles ou rend ceux-ci très
difficiles.
Prenons
le cas de l’externalisation de la comptabilité :
un syndic est, en effet, sensé assurer la
comptabilité de ses copropriétés ;
or nous savons tous que la comptabilité -
en copropriété - n’est pas dissociable
de la gestion.
Tous
ceux qui ont contrôlé des comptes le
savent : chaque imputation comptable - si
on veut la vérifier - appelle des questions
extracomptables. Exemple : qui a donné
l’ordre de service ? Le travail payé
a-t-il été conforme ? Telle
dépense n’est-elle pas, en fait, privative ?
L’augmentation de la facture d’ascenseur est-elle
justifiée par le contrat ? L’arrêt
maladie de la gardienne a-t-il été
pris en compte ? pourquoi une telle augmentation
des consommations d’eau, etc.
Avec
une comptabilité externalisée
les copropriétaires ont beaucoup de mal à
contrôler les comptes ET les dépenses :
si
la société comptable vient chez
le syndic, elle n’a jamais tous les documents
qu’il faut et de nombreuses questions restent
en suspens ;
si,
au contraire, le conseil syndical va dans les
locaux de la société, il n’obtient
jamais de réponse à ses questions
extracomptables, car le gestionnaire n’est pas
là.
On
tourne en rond et, de guerre lasse, beaucoup de
conseils syndicaux baissent les bras, ce qui fait
évidemment l’affaire du syndic.
C’est
ainsi que le conseil syndical d’une copropriété
gérée par le cabinet ABD BENARD-DUMESNIL
se situant à Paris 20ème
a dû, pour vérifier les comptes de la copropriété,
se rendre dans les locaux se situant à Pavillons-sous-Bois
pour une comptabilité tenue par la société
sous traitante se situant, elle, à Montfermeil.
Où
est mon oreille gauche ? du côté
droit !
Et
pour avoir les originaux (comme l’impose le décret
comptable) il faut le prévoir dans « la
commande initiale » lors de la prise
de rendez-vous avec le gestionnaire, sinon ce sera des
copies ! Pourquoi faire simple si l’on peut faire
compliquer.
Voilà
d’ailleurs pourquoi la loi du 10 juillet 1965 (article
18) interdit aux syndics de déléguer la
comptabilité (entre autres) à un tiers.
À
noter : la sous-traitance de la gestion du
recouvrement des charges pose encore plus de problèmes
mais en plus grave puisque - dans ce cas il ya TROIS
pôles :
pour
la comptabilité des actes de recouvrement ce
sera la société de comptabilité
située à Montfermeil ;
pour la gestion du contentieux ce sera une
autre société ;
pour la relation avec les débiteurs
ce sera le gestionnaire se situant où se
trouve le cabinet de syndic.
Préjudices
directs.
Au-delà
du type de préjudice indiqué - qui
est déjà important - il faut signaler
que les préjudices majeurs concernant le
« mélange des genres »
sont liés - évidemment - au fait que
lorsqu’une société filiale d’un syndic
intervient :
elle
va être tentée de faire une « marge
maximum » au détriment des
copropriétés concernées (celles-ci
étant captive et le syndic « regardant »
ailleurs au lieu de négocier les prix) ;
le
syndic non seulement va laisser faire mais peut
même être tenté de prêter
la main à la société dans
ses tentatives de surfacturation.
Ceci
donnera, par exemple :
des
prestations de plus en plus chères ;
des
interventions intempestives (pour facturer plus) ;
des
prestations non contrôlées (donc,
forcément de moins en moins satisfaisantes),
etc.
Nous
en avons fait la démonstration avec le courtage
d’assurance ou bien les sociétés d’expertise,
mais on peut faire la même démonstration
avec tout type de société.
Prenons
le cas, par exemple, de la société de
recouvrement. Celle-ci va être tentée :
de
multiplier les actes ;
de
surfacturer ces actes ;
de
prolonger un maximum les procédures ;
de
privilégier des actes de procédure
au détriment des procès de fonds.
Ainsi
dès qu’un impayé se manifeste on a une
première lettre, une deuxième lettre,
une première lettre RAR, une deuxième
lettre RAR, une mise à l’huissier, une mise à
l’avocat, un suivi de dossier, etc.
Autant
d’actes très rémunérateurs surfacturés
par la fameuse société extérieure
propriété de syndic qui - évidemment
- ne multiplie les actes inutiles que pour faire peur
aux débiteurs… Naturellement.
Outre
le fait que ces facturations sont souvent doublement
abusives et vont peser dans le budget des ménages
concernés, il faut savoir qu’au final, le juge
est souvent appelé à trancher sur ces
frais, et que, dans ces cas il en retranche toujours
une partie qui est alors supportée non pas par
le syndic mais par les autres copropriétaires.
Conclusion :
L’intervention
des sociétés DU syndic (ou des
sociétés dans lesquelles il a des intérêts)
peut donc être doublement préjudiciable
pour les copropriétaires, entraînant :
-
surfacturation (ou prestations intempestives ou prestations
bâclées) ;
-
complexité de contrôle.
La
double peine.
Voilà
pourquoi nous nous battons et continuerons à
nous batte contre ces systèmes. Il semble d’ailleurs
que les syndics concernés soient particulièrement
« énervés »
par votre campagne d’information. C’est bon signe. Si
vous êtes victimes de tels dispositifs, réagissez.