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à nos actions auprès des parlementaires pour obtenir
- après le vote de la loi du 25 mars 2009 - un décret de report des échéances relatives aux
travaux de mise en conformité des ascenseurs, les choses
bougent et les protestations se multiplient.
Pour
preuve, cet article du PARTICULIER Immobilier qui fait
le point de la question et des protestations.
Sécurité des
ascenseurs imbroglio à tous les étages
Faut-il ou non reporter la seconde échéance des travaux de mise aux normes des ascenseurs programmée en 2013 ? Le débat fait rage entre copropriétaires et ascensoristes. Le gouvernement
alimente la confusion en repoussant sa décision à 2011.
1 . PREMIER BILAN, L'ABSENCE DE STATISTIQUES FIABLES ?
À douze mois de la première - et de la plus importante -
échéance de travaux de mise en sécurité des ascenseurs,
le débat fait déjà rage : faut-il ou non reporter la
seconde échéance, initialement programmée en 2013 ?
C'est ce que semble impliquer la loi Boutin, puisqu'elle
porte de quinze à dix-huit ans le délai total dont disposent
les propriétaires pour mettre aux normes leurs ascenseurs.
À l'origine de ce débat, les associations de copropriétaires,
qui se battent pour que la seconde échéance soit repoussée
au nom de la raison financière, tandis que les ascensoristes
s'y opposent, invoquant la sécurité, mais aussi la défense
de leurs intérêts professionnels. Sommé de se prononcer,
le gouvernement n'a fait qu'alimenter la confusion,
en remettant à 2011 toute décision sur un éventuel report.
En cause, l'absence de statistiques fiables quant à
l'avancement des travaux imposés par la loi. En 2008,
la
Fédération des ascensoristes assurait
qu'environ la moitié des travaux engagés par les copropriétés
incluait simultanément les prescriptions obligatoires
des deux premières échéances. Le gouvernement faisait
quant à lui état, en 2009, d'une étude menée auprès
des syndics, selon laquelle 94 % des appareils gérés par ces derniers
seraient mis aux normes dans les temps, chiffres contestés
par l’ARC dans un long mémoire argumenté adressé au
ministre.
Si ces chiffres sont exacts, alors un report ne se justifie
pas. Pourquoi, dans ce cas, différer à 2011 la décision
de ne pas reporter la deuxième tranche ? Si, en revanche,
ces chiffres sont faux, le report de la seconde échéance
est inévitable. Dès lors, quel est l'intérêt d'attendre
pour prendre un décret en ce sens ? Confrontés aux devis
qui leur sont présentés par des ascensoristes pas toujours
scrupuleux, les copropriétaires ne savent plus à quel
saint se vouer : faut-il anticiper la seconde tranche
? Ou s'empresser de ne rien décider ?
2 . LA
LOI IMPOSE DES TRAVAUX
DE SECURITE
Mais
d'abord, un petit rappel des faits : au début des années
2000, à la suite d'une succession d'accidents, la loi
Urbanisme et Habitat crée à la charge des propriétaires
d'ascenseurs l'obligation de mettre aux normes les appareils
antérieurs à 2000, supposés les plus vétustés, en réalisant
certains travaux dont le contenu est fixé par décret
(n° 2004-964 du 9.9.04). S'étalant sur quinze
ans, ces travaux seront effectués en trois tranches
: la première est alors fixée au 3 juillet 2008, puis
les suivantes en 2013 et en 2018. D'autre part, la même
loi impose le contrôle technique régulier des installations.
Sitôt adopté, ce texte suscite la méfiance des copropriétaires.
D'abord, parce que la facture annoncée - 4 milliards
d'euros environ - est salée, et que la plus grosse part
de l'investissement devra être réalisée à l'occasion
de la première tranche de travaux. Ensuite, parce qu'un
nombre non négligeable des travaux qui leur incombent
vise à assurer la sécurité professionnelle des salariés
de l'ascensoriste. Les copropriétaires se voient imputer
un coût qu'ils jugent relever des obligations de l'employeur.
Enfin,
on ne peut pas dire que les professionnels soient à
cette époque en odeur de sainteté : en 2007, Bruxelles
condamne quatre
des principaux ascensoristes, européens pour « entente
sur des prix, artificiellement élevés », l'institution
européenne accusant les entreprises de truquer les appels
d'offres de fournitures, de s'échanger des informations
commercialement confidentielles et de se répartir les
marchés. Par ailleurs, les hasards du calendrier font
que le décret et les quatre arrêtés d'application de
la loi Urbanisme et Habitat paraissent tard (fin 2005
pour les derniers textes), ce qui réduit d'autant le
délai de réalisation de la première tranche de travaux,
fixée au 3 juillet 2008. Comment traiter 470 000 ascenseurs
dans un laps de temps aussi court ?
3. LA
PREMIÈRE ÉCHÉANCE REPORTÉE À 2010
« Très rapidement, il est apparu que ce délai était impossible
à tenir et t était utilisé par certains ascensoristes
peu scrupuleux pour faire approuver par les copropriétaires
non informés des devis excessifs ». Plusieurs
associations dont l’ARC [qui a écrit un guide intitulé : « Ascenseurs : comment éviter le pire ! »]écrivent au Premier ministre pour demander le report de deux ans de
l'échéance de 2008, afin de permettre aux syndicats
de copropriétaires de faire réaliser les travaux requis
en faisant jouer la concurrence sur la base de cahiers
des charges établis par des professionnels indépendants.
De leur côté, les ascensoristes craignent de ne pouvoir
faire face à la demande, avec le personnel dont ils
disposent. En 2008, 30 % des ascenseurs ont été mis
en conformité... Les professionnels n'ont dès lors aucune
raison de s'opposer au report de la première échéance
de travaux, qui sera fixée au 31 décembre 2010, par
décret (n° 2008-291 du 28.3.08). Tout n'est pas
pour autant réglé. Car si les ascensoristes se disent
aujourd'hui fin prêts à respecter les échéances réglementaires,
les associations de copropriétaires ou de défense des
consommateurs, elles, renâclent plus que jamais. Il
faut dire que d'un côté il y a le chiffre d'affaires
colossal que représente pour les professionnels le marché
de la rénovation (70 % de : leur chiffre d'affaires
total).
Tandis
que de l'autre, les copropriétaires doivent régler une
facture totale de 8 milliards d'euros, contre 3 à 4
milliards ! annoncés initialement. Dépense colossale
qu'ils sont d'autant moins enclins à provisionner. Par
ailleurs, leurs charges ont largement tendance à augmenter.
Selon la Fédération des ascensoristes, si la note a tant
gonflé, c'est que les copropriétaires, entraînés, sont
allés plus loin que leurs obligations réglementaires.
Pour
les associations de consommateurs, il en va tout autrement
: les professionnels pousseraient à la consommation,
vendant comme obligatoires des prestations facultatives,
et facturant les pièces avec la plus grande fantaisie.
Ainsi, la revue Que Choisir, qui a mené l'enquête
en étudiant 450 devis, donne-t-elle quelques exemples
édifiants d'écarts de prix. Nous n'en citerons qu'un :
le coût de remplacement d'une serrure de porte palière
varierait de 25 à … 1 275 euros.
Quoi
qu’il en soit, le montant de la facture a de quoi refroidir
les copropriétés dont les ascenseurs sont les plus vétustes.
Sachant que seuls sont concernés par la loi les appareils
antérieurs à 2000, ce montant varie en outre selon la
date de construction de l’appareil.
4. LA
LOI BOUTIN REPOUSSE
A 2021 LA
FIN DES TRAVAUX
Sensible
à cette difficulté, Christine Boutin, alors ministre
du Logement, a introduit dans la loi de Mobilisation
pour le logement votée le 25 mars 2009, un report de
la date ultime de réalisation des travaux, désormais
fixée au 3 juillet 2021 (au lieu de 2018).
Une mesure énoncée avec suffisamment d'ambiguïté
pour susciter aujourd'hui un vif débat. Si l'on en croit
les associations de copropriétaires, le report de trois
ans de la dernière échéance implique de reporter aussi
l'échéance intermédiaire. Ce qui nécessiterait un décret
pris en application de la loi Boutin.
Mais ce n'est pas exactement ce
que dit la loi, qui se contente de prolonger
le délai global de réalisation des travaux, et n'envisage
pas de modifier, hormis sur ce point, le décret de 2004,
révisé en 2008. En juin dernier, le ministère
du Logement annonce d'ailleurs qu'il préfère attendre la fin de la première
tranche de travaux, soit 2010, avant de décider d'un
éventuel report. Déni démocratique ? L'expression est
utilisée par Bruno Dhont de l'Association des responsables
de Copropriété (ARC),qui s'insurge contre cette décision
et surtout, contre ce qui l'a motivée.
Le
secrétaire d'État au Logement s'appuie en effet pour
différer sa décision sur l'étude commandée par le
ministère, qui affirme que « 94 % d'appareils
gérés par les syndics seront mis
en conformité dans les temps impartis ».
«
Ce chiffre est totalement irrecevable, assure
de son coté le directeur de l'ARC. En effet,
sur les 1400 syndics de l'échantillon de l'étude, seuls
200 d'entre eux ont répondu. Ce chiffre de
94 % n'est donc représentatif
que de 16 % des personnes consultées. » Des réponses
qui, en outre, ne reflètent pas la structure du panel
de départ, ajoute l'association : « 20 % émanent de petits cabinets de syndics, alors qu'ils représentent
80 % de l'échantillon.
Le taux de 94 % s'expliquerait donc par le
fait que les plus gros syndics ont pu, plus facilement
que les petits, engager les travaux
de mise en conformité».
(…)
5. FAUT-IL RETARDER LA DEUXIEME ECHEANCE ?
Face à la pression exercée par les ascensoristes,
les associations de copropriétaires contre-attaquent.
« Des estimations font état, contrairement
aux chiffres avancés par les ascensoristes, d'une
situation des mises en conformité de l'ordre de 50 % du parc »,
avance l’ANCC. La capacité d'installation est
limitée dans les grandes villes en raison de
la difficulté de recruter où former du personnel compétent.
À l’inverse le taux de réalisation semble plus avancé
dans les villes moyennes, à tel point que les ascensoristes
redoutent qu'un allongement des délais de ne créé une
insuffisance de charges d'ici à 2013. D'où l'opposition
aux reports. ». Ce que ne nie pas la fédération.
Son délégué, M. Detavernier, se montre même alarmiste
: « En cas de nouveau report des échéances, nous
serons amenés à revoir à la baisse nos organisations,
risquant de nous retrouver au moment où il faudra relancer
le processus dans la situation d'engorgement
connue au début de la mise en oeuvre
de la loi. » Pareille confusion n'engage
guère à prendre en connaissance de cause une décision
éclairée.
Faut-il
faire réaliser dès maintenant les travaux des trois
échéances ?
Seulement
15 % des copropriétés concernées auraient d’emblée
pris ce parti. Ou bien atermoyer jusqu'à ce que le gouvernement
ait pris sa décision,
en espérant que ce sera celle d'un report d'échéance ?
Pour
David Rodrigues, de la Consommation Logement
et Cadre de Vie,
« le gouvernement a pris la décision de lisser sur quinze ans puis
sur dix-huit ans l'obligation de mise en sécurité des
ascenseurs et il n'y a pas de raison de faire réaliser les travaux des différentes échéances en même temps.
Le refus du report tient à l'absence d'un
décret d'application ce qui reste choquant sur un
pian ! démocratique. De plus, les copropriétaires
sont sollicités, notamment avec la mise en œuvre du
Grenelle de l’Environnement, qui risque de coûter très
cher. Cet étalement des obligations tient dans le
temps et dans une réalité indispensable ».