I.
Autorégulation des syndics ?
Vous
lisez nos abus ? Alors vous savez que les problèmes
sont graves : des syndics qui confondent compte
séparé et compte individualisé ; des syndics
qui font intervenir au prix fort des filiales sans
autorisation d’assemblée générale ; des syndics
qui ouvrent la porte de « leurs » copropriétés à des professionnels
indélicats (BOUVIER, RIF…) ; des syndics qui
décident trop souvent de ne pas appliquer la loi de
1965 ou le décret de 1967 ; des milliers et milliers
d’entorses, chaque jour et en face… rien ou presque.
À
tel point que les bons syndics eux-mêmes, atterrés
par cette situation, désespérant de la capacité d’une
partie de leurs confrères et consoeurs à se réformer,
appellent de leurs voeux un Ordre qui mette de l’ordre,
précisément, un Ordre qui redonne à la profession
une image digne.
Nous
donnons ci-dessous le texte du dernier Blog d’Henry
BUZY-CAZAUX ancien délégué général de la FNAIM, qui appelle de ses vœux depuis des mois la création d’un
tel Ordre, soutenu par une partie de la profession.
Avant
de donner ce texte, rappelons notre position.
II.
L’ARC et la création d’un Ordre
Pour
que les choses soient claires, nous renvoyons à ce
que nous disions à ce propos il y a onze mois ( abus
numéro 1737),
lorsque divers professionnels lancèrent l’idée d’un
Ordre.
Comme
on peut le constater nous étions déjà pour la création
d’un Ordre, à condition qu les associations de copropriétaires
représentatives puissent d’une façon ou d’une autre
être partie prenante.
III.
Le « blog »
d’Henry BUZY-CAZAUX
(mardi 2 février 2010)
« Immobilier
Syndics de copropriété
: l'Ordre pour rassurer
« L'affrontement entre syndics professionnels
et associations de consommateurs continue, et Hervé
NOVELLI, en charge de la consommation au Gouvernement,
est encore en quelque sorte pris en otage.
Il vient à peine d'annoncer un arrêté encadrant
les contrats de syndics qu'un collectif d'associations,
emmenées par l'ARC (Associations des Responsables
de Copropriété), lui en demande plus, voulant
qu'il aille au delà de l'accord de septembre 2007,
qui avait fixé la liste des prestations de base et
limité de fait celle des prestations exigibles à titre
complémentaire.
« La
FNAIM a crié au scandale,
l'UNIS, plus pragmatique, a dépassé l'indignation
pour obtenir que l'arrêté ne rajoute rien au texte
conventionnel de 2007. Cet épisode, énième du genre,
révèle une seule chose : les syndics de copropriété
vivent encore à l'ère du soupçon. Les pouvoirs
publics, fussent-ils libéraux – je prête cet attribut
depuis longtemps à Hervé NOVELLI – se méfient des
syndics. Aiment-ils l'ARC ? La question n'est pas
là, ils savent juste que l'ARC appuie souvent là où
ça fait mal, et en outre les élus entendent au sein
de leur circonscription des témoignages qui ne les
incline pas à une confiance aveugle envers les professionnels
immobiliers.
»Alors que faire ? Aller de crise en
crise ? Aller de crainte, ou d'espoir de règlementation
– selon le balcon d'où on regarde le paysage –, en
crainte, ou en espoir de nouvelle réglementation?
Il faut être plus net, plus chirurgical : créer
un Ordre professionnel des syndics.
« Cette idée, qu'on veut
bien me prêter, n'est pas de moi, et je vais l'avouer
publiquement aujourd'hui, en rendant à César.
Elle a germé en 1994, en plein cœur des affaires de
syndics – les histoires de rémunération occulte de
quelques syndics franciliens -, dans l'esprit d'une
magistrate du bureau du Droit immobilier du ministère
de la justice. Déjà à l'époque, il s'agissait de rassurer.
L'Ordre, qu'on l'appelle ainsi ou Conseil Supérieur
ou d'un nom plus moderne – on aime bien aujourd'hui
les Hautes Autorités -, est un organisme tenu par
la profession elle-même, avec délégation des pouvoirs
publics et participation de représentants des pouvoirs
publics aux grandes décisions, responsable de
la bonne conduite de ses membres.
« En outre, le règlement intérieur précise les
obligations des membres envers les clients, et entre
professionnels (déontologie). Enfin, l'Ordre a
pouvoir de sanction, mais aussi d'arbitrage pour les
différends de moindre gravité.
« J'ajoute qu'un Ordre est systématiquement
concerté pour tout projet de règlementation concernant
la profession qu'il représente. Aucune obligation
semblable n'existe vis-à-vis des syndicats patronaux,
FNAIM, UNIS ou SNPI, situation conduisant à de fâcheux
malentendus.
« Je ne dis pas aimer l'Ordre, ou vouloir l'Ordre.
Je dis que c'est à ce prix, et à ce prix seulement,
que la relation sociale entre le corps professionnel
des syndics et l'opinion, c'est-à-dire également les
politiques et la presse, s'apaisera et s'équilibrera.
Il me semble que plutôt que de naviguer d'arrêté tatillon
en décret modificatif ou en amendement législatif,
Hervé NOVELLI et Michèle ALLIOT-MARIE – garante de
la réglementation des syndics – feraient mieux d'ouvrir
sérieusement le dossier de l'Ordre ».