Le magasine « Le Particulier » a publié
un article évoquant les différents postes à surveiller pour
réduire les charges de copropriété.
Nous sommes heureux
de constater que la rédactrice de cet article, Madame COULAUD,
ne manque de faire référence à de nombreuses reprises au travail
effectué par l’ARC pour faire évoluer la question (exemple :
Bilan Energétique Simplifié mis en place par l’ARC…)
Nous revenons ci-dessous
sur les termes de cet article.
Les charges de copropriété
pèsent lourdement sur une partie croissante des copropriétaires,
notamment ceux ayant acheté leur logement au prix fort juste
avant la crise immobilière actuelle et dont le budget est souvent
grevé par de grosses mensualités d'emprunt. Les impayés de charges
ont, d'ailleurs, augmenté de 10 % en 2009, indique l'Union des
syndicats de l'immobilier (Unis). Ils constituent la première
source de procès en copropriété : en 2008, le non-paiement des
charges a été à l'origine de 62 % des 34 500 décisions de justice
rendues en matière de copropriété, selon une récente étude du
ministère de la Justice. Ce n'est pas
surprenant : non seulement le montant des charges de copropriété
est élevé, mais il s'alourdit d'année en année.
Selon la récente
enquête de l'Association des responsables de copropriété (ARC)
auprès des copropriétaires parisiens, ces derniers ont acquitté,
en 2008, 26,30 €/m2 de charges annuelles pour une
copropriété sans ascenseur ni chauffage collectif, et 43,80
€/m2 dans le cas contraire.
Faire diminuer les
charges ou, au moins, maîtriser leur augmentation est donc un
enjeu crucial, à Paris comme en régions. Pour parvenir à des
résultats probants, il est indispensable que le conseil syndical
s'implique à fond dans la gestion de la copropriété. Chaque
poste doit être passé au peigne fin, en commençant par ceux
qui génèrent les dépenses les plus importantes, notamment le
chauffage, les contrats d'entretien, les honoraires de syndic
et la consommation d'eau froide. Il faut souvent s'armer de
patience, car rassembler tous les éléments indispensables à
l'analyse des différents postes de charges, pour ensuite renégocier
les contrats avec les prestataires de services, peut prendre
du temps, parfois plusieurs années. Mais le jeu en vaut la chandelle,
puisque les économies réalisées peuvent atteindre de 20 à 50
%, selon les postes.
I.
Chauffage. Appuyez-vous sur un bilan énergétique simplifié.
Dans les copropriétés
dotées d'un chauffage collectif, il s'agit du plus gros poste
de dépenses : 12,23 € /m2/an pour le chauffage, plus
1,71 €/m2/ an pour l'eau chaude sanitaire, d'après
les statistiques de l'ARC, soit 1115 € /an pour un logement
de 80 m2. D'où l'intérêt
de réduire ces charges au minimum. Pour ce faire, il faut demander
les factures de chauffage au syndic, afin de calculer la consommation
d'énergie de l'immeuble par mètre carré, eau chaude sanitaire
comprise. Pour y parvenir, le plus simple est de s'appuyer
sur le bilan énergétique simplifié (BES) mis en place par l'ARC
et Fonda (téléchargeable sur www.unarc.asso.fr,
en inscrivante « bes »
dans la zone de recherche).
Vous vous rendrez
très vraisemblablement compte que la consommation énergétique
de votre immeuble est très au-dessus de ce qu'elle devrait être.
Rappelons que l'objectif
à atteindre en 2020 est de 160 kWh/ m2 /an, selon
la loi Grenelle 1 (n° 2009-967 au 3.8.09, }0 du 5). Cette
surconsommation peut, notamment, être due à une installation
mal entretenue : une chaudière mal réglée, des radiateurs emboués
ou entartrés. Dans ce cas, l'intervention d'un chauffagiste
pourra vous permettre de réaliser jusqu'à 20 % d'économie d'énergie
(voir le n° 1044 du Particulier, p. 51).
Ø
Vérifiez le contrat de chauffage.
Le contrat P2, le plus simple, facturé environ 40 € par lot,
se limite à la mise en service de l'installation, sa conduite,
son dépannage et son entretien. Avec un contrat P3, facturé
environ 60 € par lot, le chauffagiste assure aussi les travaux
de gros entretien et prend à sa charge le renouvellement des
équipements défaillants ou vétustes.
Lorsque
le chauffagiste vous livre également le combustible, un contrat
Fl vient s'ajouter au contrat P2 ouP3. Si votre copropriété
est chauffée au fioul, il est préférable d'opter pour un contrat
sans fourniture de combustible, doncP2 ouP3. En achetant elle-même
le fioul séparément, la copropriété peut, en effet, mieux en
négocier le prix en mettant en concurrence plusieurs fournisseurs
et/ou en regroupant ses commandes avec celles d'autres copropriétés.
Du fait de sa complexité et de son coût élevé, un contratP3
mérite une attention particulière. Il doit comprendre la liste
; exhaustive des équipements couverts et de ceux exclus de la
garantie et recenser les travaux à effectuer avant qu'il n'arrive
à son terme, avec un échéancier
précis.
Si,
après une étude approfondie, votre contrat ne vous semble pas
performant, vous ne pourrez, toutefois, le renégocier qu'à
son échéance. Sa durée allant de 3 ans, pour un contrat P2,
à 10 ans pour un P3, soyez vigilant !
Il
est préférable de tout remettre à plat et de faire jouer la
concurrence entre plusieurs chauffagistes. Il pourra alors être
intéressant d'opter, avec l'aide d'un bureau d'étude thermique,
pour un contrat de performance énergétique fixant au chauffagiste
des objectifs de consommation. Si celle-ci est inférieure à
l'objectif contractuel, le chauffagiste empochera une partie
des économies réalisées (en général, le tiers ou la moitié).
En revanche, si la consommation est supérieure à l'objectif,
le chauffagiste prendra le dépassement à sa charge. Ce type
de contrat pourrait, d'ailleurs, être rendu obligatoire par
loi Grenelle 2 (voir le n° 1044 au Particulier, p. 51).
Ø
Responsabilisez
les copropriétaires et faites réaliser un diagnostic. Le
montant des charges de chauffage dépend aussi, pour partie,
du comportement des occupants : la facture sera d'autant plus
élevée que les copropriétaires (ou leurs locataires) chauffent
leur appartement au-delà des 19 °C préconisés, ouvrent
leurs fenêtres en laissant leurs radiateurs fonctionner ou négligent
de les baisser lorsqu'ils s'absentent plusieurs jours d'affilée.
Pour les responsabiliser, il peut être judicieux d'installer,
sur chaque radiateur, des répartiteurs de chaleur, qui enregistrent
la consommation réelle de chacun.
Le
coût de ces répartiteurs n'est pas négligeable (8 €/an par radiateur,
en location), mais ils permettent de réduire la consommation
de 15 % (voir le n° 1012 du Particulier, p. 42).
Enfin,
pour réduire la facture de chauffage de façon plus drastique,
il vous faudra faire réaliser un diagnostic de performance énergétique
de votre immeuble. Vous saurez ainsi quels sont les travaux
à effectuer en priorité : isolation de la toiture, pose de fenêtres
à double-vitrage ou remplacement de la chaudière (voir le n°
1044 du Particulier, p. 48).
II.
Assurance. Vérifiez que la prime correspond à la superficie.
L'assurance
multirisque d'une copropriété est un poste à surveiller de près
puisque l'ARC évalue qu'il revient, en moyenne à Paris, à 2,27
€/m2/ an. Pour savoir si la prime d'assurance de
votre copropriété est, ou non, excessive, il faut, en premier
lieu vérifier que la superficie de l'immeuble (exprimée en «
mètres
carrés développés ») prise en compte par l'assureur
est conforme à la réalité.
Cette
surface « développée
» correspond à la somme des superficies de chaque étage, murs
compris ; la superficie des combles et des sous-sols étant,
pour sa part, décomptée à 50 %. Or, les compagnies d'assurances
ont une fâcheuse tendance à surestimer largement les mètres
carrés développés et, par conséquent, la prime réclamée.
II faut ensuite
s'assurer que la prime, rapportée au mètre carré développé,
n'est pas excessive au regard des caractéristiques de votre
immeuble. L'ARC estime ainsi, qu'à Paris, les primes « normales
» s'élèvent à 0,80 €/m2 développé pour un immeuble
des années 1980 bien entretenu sans risques particuliers ; à
3 €/m2 développé pour un immeuble de grande taille.
En régions, les prix sont de 10 à 30 % plus bas (voir le n°
1028 du Particulier, p. 54). Bien entendu, tout facteur
de risque supplémentaire fait augmenter la prime. Ainsi, la
présence de commerces en rez-de-chaussée, telle une pizzeria,
accroît les risques d'incendie, et la prime d'assurance s'en
ressentira.
Ø
Veillez au bon entretien de
l'immeuble pour modérer le montant de la prime.
Des
dégâts à répétition, tels que des fuites d'eau sur les canalisations
d'adduction d'eau ou d'évacuation des eaux usées, feront inéluctablement
flamber la prime, l'assureur arguant d'une forte« sinistralité » de l'immeuble. La meilleure
façon de faire baisser la prime est alors d'entreprendre les
travaux qui s'imposent pour remplacer les canalisations. Accepter
des franchises sur les garanties (sommes restant à la charge
de la copropriété en cas de sinistre) peut aussi permettre de
modérer le montant de la prime. Mais assurez-vous que ces franchises
ne sont pas trop élevées et tentez d'en avoir le moins possible.
Une fois que vous aurez passé en revue ces différents point
avec votre assureur actuel, vous estimerez peut-être qu'il ne
consent pas suffisamment d'efforts sur le montant de la prime.
Si
vous envisagez alors de changer d'assureur, mieux vaut préalablement
vous adresser à un courtier, qui examinera pour vous les contrats
des différentes compagnies d'assurances et vous aidera à choisir
le plus intéressant pour votre copropriété.
III.
Eau froide. Comparez les consommations et traquez les fuites.
L'eau froide est
un poste de charges important, puisqu'il s'élève, en moyenne,
à 4,13 €/an. Pour le faire baisser, il faut comparer
les consommations de l'immeuble sur plusieurs années afin de
détecter, par exemple, des fuites éventuelles ou un arrosage
excessif des espaces verts. Par ailleurs, n'hésitez pas à comparer
la consommation annuelle de la copropriété avec la somme des
consommations (mesurées par les compteurs individuels lorsqu'ils
existent) de l'ensemble des résidents. S'il y a un écart, il
peut être imputable à des compteurs individuels bloqués ou,
en l'absence de tels compteurs, à des surconsommations manifestes
de certains résidents ou encore à des fuites non décelées, généralement
dans les parties privatives (robinets qui gouttent, chasses
d'eau qui fuient...).
À titre de comparaison,
sachez qu'une personne consomme, en moyenne, 90 à 150 litres d'eau par jour,
soit 130 et 220
m3 d'eau par an
pour une famille de 4 personnes. La consommation des parties
communes ne doit pas dépasser 5 % du total des consommations
privatives, sauf si, l'immeuble est doté d'espaces verts très
importants.
Ø
Prévoyez l'installation de
compteurs individuels. Pour supprimer les fuites, il peut
être intéressant de souscrire un contrat d'entretien de la robinetterie
: pour environ 15 € par lot et par an, un plombier viendra régulièrement
vérifier les parties communes et privatives.
L'installation
de compteurs individuels d'eau froide permet, quant à elle,
de faire baisser la consommation de 15 à 30 %. En effet, les
copropriétaires (où locataires) sont incités à ne plus gaspiller
d'eau et à faire réparer leurs fuites puisqu'ils paient leur
consommation réelle d'eau froide et non plus un montant forfaitaire
calculé sur leurs millièmes de charges. Pour garantir l'efficacité
du comptage individuel, il faut prévoir de facturer aux copropriétaires
absents lors des relevés un forfait dissuasif, par exemple 200 m3 pour un F4.
Une autre solution consiste à faire poser des compteurs à radio-relevé,
relevables à distance. L'installation de compteurs d'eau froide
se vote à la majorité de l'article 25, un second vote pouvant
être effectué à la majorité de l'article 24. La pose d'un compteur
coûte entre 25 et 70 €, auxquels s'ajoutent 10 €/an de frais
de location et de relevé (15 à 30 €/an pour un compteur avec
radio-relevé). Négociez un contrat obligeant le prestataire
à garantir un taux de 90 % de relevés.
Si
votre copropriété comporte un ou plusieurs commerces grands
consommateurs d'eau (café, coiffeur, fleuriste, etc.), assurez-vous
que leur consommation leur est correctement imputée. Dans le
cas contraire, demandez-leur de se doter de compteurs individuels.
Installer de compteurs d'eau a permis de localiser des
fuites et de réduire notre consommation
Construit au début
du XXè siècle, notre immeuble, de 19 lots, ne comporte
pas d’équipements communs très coûteux puisqu’il n’a ni ascenseur
ni chauffage collectif. Mais notre budget annuel de charges
s’élève, quand même, à 23 000 €, dont 3 500 € pour l’eau
froide, ce qui nous paraissait élevé. En outre, notre
immeuble a subi des dégâts des eaux à répétition qui ont fait
grimper sa prime d’assurance. En 2008, nous avons fait équiper
tous les appartements des compteurs d’eau froide et chaude,
pour responsabiliser les occupants, mais aussi les aider à
débusquer l'origine de fuites éventuelles. Les parties communes
et la cour restent, pou rieur part, alimentées par un robinet
pour l'arrosage et le nettoyage. Cette consommation d'eau
commune, relevée par le compteur général de l'immeuble, est
répartie selon les millièmes attachés à chaque lot. En 2009, nous avons découvert une fuite située dans
l'une des allées des caves, dans un endroit peu accessible.
Non seulement cette fuite abîmait le bâtiment, mais elle grevait
notre facture d’eau d’environ 700 € par an ! Nous espérons
pouvoir renégocier notre prime d’assurance – 4 100 €/an
– de 8 % à la baisse.
IV.
Contrats d’entretien. Renégocier-les lorsqu’ils arrivent à échéance.
Les contrats d'entretien
et de maintenance souscrits par les copropriétés peuvent se
révéler coûteux, puisque ce poste de charges atteint, en moyenne,
5,83 € /m2/an, selon les statistiques parisiennes
de l'ARC.
Sont, notamment,
inclus dans ces contrats le nettoyage des parties communes,
l'entretien des espaces verts, de la ventilation mécanique
contrôlée, de l'interphone, de l'éclairage des parties communes
ou des portes automatiques de garage. Ces contrats méritent
d'être régulièrement passés au crible et systématiquement renégociés
à échéance.
Pour ce faire, commencez
par les recenser. Une démarche qui sera simplifiée si le syndic
a annexé ces contrats au carnet d'entretien de l'immeuble. Ils
sont d'autant plus faciles à renégocier que la loi Chatel
du 28 janvier 2005 (n° 2005-67, JOdu 1.2) oblige les
prestataires à avertir la copropriété, par l'intermédiaire du
syndic, que le contrat arrive à échéance. Si ce n'est pas le
cas, la copropriété peut dénoncer le contrat à tout moment sans
attendre l'échéance suivante.
Ø
Établissez un cahier des charges
et maîtrisez les augmentations. Lors de chaque renégociation,
il est vivement conseillé de mettre en concurrence le prestataire
en place avec d'autres professionnels. Veillez à ce que les
entreprises qui répondent à l'appel d'offres se conforment à
un cahier des charges précis : prestations et fournitures incluses
ou non dans le forfait, périodicité des interventions, résultats
à atteindre ou moyens à mettre en œuvre (nombre d'heures consacrées
à la copropriété).
D'autre
part, pour bien maîtriser les augmentations annuelles, l'idéal
est de négocier une clause indiquant que « chaque année, avant la date anniversaire du
contrat, l'entreprise pourra proposer un pourcentage d'augmentation
qui sera librement négocié entre les deux parties. À défaut
d'accord, le contrat cessera de plein droit à l'échéance
». Une fois l'entreprise sélectionnée, pour s'assurer qu'elle
respecte bien la périodicité et la durée d'intervention à laquelle
elle est contractuellement tenue, mieux vaut lui demander de
signer un bon de visite à chaque passage. Déposé chez le gardien
ou auprès d'un membre désigné du conseil syndical, ce bon doit
indiquer le jour, les heures d'arrivée et de départ ainsi que
les interventions effectuées.
V.
Ascenseurs. Faites respecter la loi : un entretien toutes
les 6 semaines.
Selon
le ministère du Logement, l'entretien d'un ascenseur, hors travaux
de modernisation, coûte, en moyenne, 1700 € en copropriété,
contre 1300 € en HLM, soit 23,5 % de moins ! Il existe
donc une marge de négociation appréciable pour les copropriétés.
D'autant que ce poste s'élève, en moyenne, à 2,82 €/m2/an
à Paris, selon l'ARC, ce qui est loin d'être négligeable pour
chaque copropriétaire. En préparant cette renégociation du prix,
il faut, par la même occasion, vérifier que la maintenance est
correctement effectuée par l'ascensoriste.
Si
ce n'est pas le cas, l'appareil se détériorera plus rapidement
et les pièces seront à changer prématurément, ce qui alourdira
d'autant le budget de la copropriété. Rappelons que la loi Urbanisme
et habitat (n° 2005/590 du 2.7.03, JO du 3, arrêté
du 18.11.04, JO du 28) obligent les ascensoristes à réaliser
une visite d'entretien de chaque appareil toutes les 6 semaines.
Malgré
cela, à l'heure actuelle, ces visites tendent à s’espacer car
les ascensoristes sont polarisés sur les travaux obligatoires
de mise aux normes de sécurité des ascenseurs (voir le n0
1030 du Particulier, p. 42), même si les fédérations professionnelles
prétendent le contraire. Pour permettre aux copropriétés de
s'assurer que la maintenance est correctement effectuée, l'ascensoriste
a l'obligation, depuis le 28 novembre 2004, de tenir à leur
disposition un carnet d'entretien mentionnant les travaux effectués
(art. R. 125-2-1 du code de la construction).
Ø
Exigez l'affichage du certificat
de passage du technicien.
Ce certificat,
rempli par le technicien et apposé dans chaque ascenseur, permet
aux utilisateurs de l'appareil de connaître la date de la dernière
visite d'entretien. L'expérience montre que, lorsque ce document
est affiché, l'ascensoriste est plus attentif à la qualité de
l'entretien, ce qui fait baisser la fréquence des pannes. Par
ailleurs, dans le contrat d'entretien, il faut porter une attention
particulière à la clause dite de vétusté, qui autorise l'ascensoriste
à ne pas prendre à sa charge le remplacement d'une pièce si
elle est vétuste, alors qu'il est tenu de le faire si elle est
simplement usée. Faites-lui bien préciser par écrit à partir
de quel âge (10 ou 20 ans) une pièce devient vétuste et, en
prévision d'éventuel remplacement réclamez-lui la liste des
principales pièces, avec leur âge réel ou, du moins, estimée.
Mieux encore, bien que ce ne soit pas toujours facile, tentez
de faire supprimer cette clause.
VI.
Frais de syndic. Faites la chasse aux tâches facturées hors forfait.
Les honoraires de
syndics génèrent, en moyenne, des charges de 4,50 €/m2/an,
selon les statistiques de l'ARC. Ils doivent être d'autant plus
renégociés à la baisse qu'ils sont facturés sur des bases contestables.
Ils se subdivisent en deux parties : les honoraires de gestion
courante, qui sont votés chaque année par les copropriétaires,
et les honoraires de gestion particulière, qui correspondent,
normalement, à des missions ponctuelles supplémentaires.
Notre dernière enquête
annuelle sur les tarifs des syndics montre que les copropriétaires
paient, en moyenne, par an et par logement, 37 € d'honoraires
de gestion particulière, qui viennent s'ajouter aux 130 € d'honoraires
de gestion courante (voirie n° 1036 du Particulier, p.
46; notre prochaine enquête annuelle paraîtra dans le n° 1048
d'avril).
Ø
Engagez
votre syndic à respecter la liste des tâches de gestion courante
du CNC.
Trop
souvent, des honoraires de gestion particulière sont réclamés
pour des tâches qui devraient être incluses dans les honoraires
de gestion courante, dont la liste a pourtant été précisée,
en 2007, dans un avis du Conseil national de la consommation
(CNC) : au nombre de 40, elles vont de la tenue de l'assemblée
générale à la gestion du personnel de la copropriété, en passant
par la tenue du carnet d'entretien ou l'imputation des consommations
individuelles des compteurs d'eau. La liste du CNC devrait devenir
obligatoire au cours du premier semestre 2010, après parution
d'un arrêté.
En
attendant, sachez que les fédérations professionnelles se sont
toutes engagées à le respecter. Rappelez-le à votre syndic
si nécessaire. Pour réduire encore vos frais de syndic, pensez,
par ailleurs, à négocier les honoraires de gestion particulière
en amont de l’assemblée générale annuelle : pour connaître les
tarifs les plus couramment pratiqués, reportez-vous à notre
enquête annuelle.
Enfin,
n’oubliez pas que, depuis la loi n° 2009-323 du 25 mars 2009
(JO du 27), le syndic ne peut plus réclamer d’honoraires sur
les travaux d’entretien votés avec le budget prévisionnel. Veuillez
à ce que cette règle soit bien appliquée !
Nathalie
COULAUD.
Décryptage. Un tableau comptable dévolution des charges.
Afin de savoir quel poste de charge a augmenté
plus que de raison au cours des deux années précédentes, vous
pouvez vous reporter au tableau obligatoirement publié en annexe
3 de vos comptes de copropriété joints à votre convocation à
l’assemblée générale (AG) annuelle.