Le
18 février 2010, le journal LA
TRIBUNE, a publié un article de Bruno DHONT,
Directeur de l’ARC, expliquant les raisons pour lesquelles
il fallait exiger de son syndic l’ouverture d’un compte bancaire
ou postal séparé.
Nous
reproduisons ci-dessous l’intégralité de cet article.
« Pourquoi il faut absolument un compte
séparé par copropriété ».
Dans
tous les pays d’Europe, les copropriétés disposent obligatoirement
d’un compte séparé, ce qui est bien normal.
En
France, les syndics ont réussi à imposer le fait que les copropriétés
n’aient pas forcément de compte séparé et qu’elles puissent
être gérées dans le cadre du compte unique du syndic.
L’argument
de départ des syndics semble un argument de bon sens :
« Dans
le cas d’un compte séparé il est impossible à une copropriété
d’obtenir du banquier des intérêts financiers ; alors
pourquoi priver de ces intérêts celui qui peut « fédérer »
les comptes et laisser l’argent au banquier ? ».
« Grâce
à ce système - poursuivent-ils - le compte unique permet de pratiquer des honoraires
plus faibles via la perception des intérêts ».
La
réalité est tout autre.
a)
Une
copropriété bien gérée n’a pas besoin d’avoir une avance de
trésorerie importante.
b)
Si
elle a besoin (ou envie, par sécurité) d’une réserve, celle-ci
peut être placée sans problème sur un compte d’épargne ou
en SICAV.
c)
Par
contre l’absence de compte séparé rend plus difficile (voir
impossible) le contrôle financier ; en son absence, en
effet, il est difficile pour les copropriétaires de répondre
à des questions pourtant très simples :
-
quand
sont réellement payés les fournisseurs ?
-
quand
les produits sont-ils versés ?
-
quelles
dépenses précises passent par la trésorerie de la copropriété
(exemple : honoraires privatifs débités par le syndic directement
sur le compte de la copropriété) ? etc.
d)
Mais
le plus grave n’est pas là : lorsqu’il y a compte séparé,
le syndic va être tenté de gérer la copropriété dans le but
de majorer la trésorerie disponible pour augmenter les intérêts
perçus. On assiste donc à des perversions très graves :
-
les
fournisseurs sont payés avec retard et finissent par majorer
leurs prix ;
-
les
syndics surestiment les budgets, ce qui alourdit les charges ;
-
les
travaux votés et payés sont engagés avec retard, ce qui -
là encore -alourdit les charges ;
-
les
produits sont affectés avec retard ;
-
les
chèques non débités ne sont pas restitués aux copropriétés ;
-
les
comptes vendeurs subissent une « évaporation » parfois totale,
etc.
e)
Pire encore :
l’absence de compte séparé rend en apparence
plus « compétitifs » les syndics qui pratiquent le compte unique,
alors qu’ils s’avèrent beaucoup plus coûteux.
Conclusion : le compte non séparé c’est :
-
l’opacité
financière ;
-
des
effets secondaires préjudiciables aux copropriétaires ;
-
une
concurrence déloyale entre syndics.