Voici
un autre problème sur lequel nous demandons depuis des années
au Ministère du logement la mise en place d’un groupe de travail :
le carnet d’entretien.
Curieusement
et alors que tout le monde trouve que le « carnet d’entretien »
tel qu’il existe est inutile, le Ministère du Logement tarde
à nous répondre. Mais là encore nous avons décidé de n’abandonner
nos demandes que quand elles seront satisfaites. Car il n’est
pas possible d’admettre qu’on nous impose un carnet d’entretien
inutile, alors même que nous pourrions avoir - pour le plus
grand intérêt des copropriétaires et des syndics - un VRAI carnet d’entretien comme celui mis en place par l’ARC.
Pour
resituer les problèmes et les enjeux, nous revenons une fois
encore sur le décret concernant le carnet d’entretien en traitant
particulièrement deux questions :
1)
Pourquoi
le décret actuel est-il très insuffisant ?
2)
Vers
quoi devrions-nous aller pour rendre efficace le carnet d’entretien ?
1- Position du problème
En
ce qui concerne le carnet d’entretien institué par la loi S.R.U,
les dispositions actuelles (loi et décret) ne sont pas satisfaisantes,
selon l’avis quasi-unanmie des observateurs.
La
raison principale en est la suivante : la loi a, en effet,
assigné deux objectifs contradictoires au carnet d’entretien :
-
être
un outil de gestion au service de la copropriété (d’où le mot
« carnet d’entretien ») ;
-
être
un document d’information au service de l’acquéreur.
Le
« législateur »
aurait dû tenir compte du fait banal suivant :
a)
si
un carnet d’entretien est bien tenu et s’il est un outil de
gestion permettant de suivre l’entretien de TOUS
les équipements et parties d’ouvrages (toiture ; escaliers ;
électricité ; plomberie, etc.) il ne peut, au fil de années,
que devenir un DOCUMENT IMPORTANT ;
b)
dès
lors comment (et pourquoi ?) remettre ce gros document
à tout candidat acquéreur ?
Les
services du ministère chargés du décret d’application ont bien
vu la difficulté et l’ont réglée ainsi : « il
faut limiter le carnet d’entretien au strict minimum ;
de cette façon le document pourra aisément être transmis aux
candidats acquéreurs ».
Le
carnet - ainsi réduit à une grosse fiche d’information - réalise
l’exploit suivant :
-
il
ne renseigne que très faiblement l’acquéreur ;
-
il
est quasi inutile pour la copropriété ;
-
il
crée de nouveaux problèmes entre syndics et syndicats des copropriétaires.
Fermer
les yeux sur la situation actuelle n’est pas possible. Il faut
avoir le courage de faire un BILAN
et d’émettre des PROPOSITIONS, en particulier pour modifier
et améliorer sensiblement le décret du 30 mai 2001 qui précise
ce que doit être le carnet de base.
2-
Quelques pistes
Nous proposons deux pistes :
a)
d’abord
de modifier légèrement la loi S.R.U. en réécrivant ainsi l’article
consacré au droit des candidats acquéreurs : « Les candidats à l’acquisition d’un lot en copropriété peuvent prendre,
à leur demande, connaissance de
la partie du
carnet d’entretien concernant la liste des gros travaux
réalisés durant les dix dernières années ».
b)
ensuite
de modifier le décret sur le carnet d’entretien, décret qui
pourrait prévoir trois parties distinctes, ayant chacune des
fonctions différentes :
·
la première partie introductive et descriptive réduite à « une fiche » concernant les gros travaux ;
·
entrepris
au cours des dix dernières années ;
·
prévus
à court terme dans la copropriété.
Cette fiche de simple information pourra
être transmise facilement à tout
candidat acquéreur ;
·
une deuxième partie centrale permettant de savoir QUI intervient dans la copropriété
POUR FAIRE QUOI et
À QUEL COUT ; cette partie serait
le carnet d’entretien proprement dit, outil de gestion à la
disposition du conseil syndical et du syndic ;
·
une troisième partie annexe permettant le recueil de documents d’archives indispensables.
Cette partie serait différente pour les immeubles neufs ou à
construire, les immeubles de MOINS de dix ans et les autres.
Grâce à cette proposition, on pourrait
ainsi :
◙ satisfaire aux exigences d’information des acquéreurs ;
◙ mettre en place de VRAIS carnets d’entretien ;
◙ commencer à poser les problèmes concernant les
archives.
Cette partie serait différente selon qu’il : s’agit
d’immeubles neufs ou à construire, d’immeubles de MOINS de dix
ans et les autres.
2-
Nos propositions
Comme
indiqué ci avant il faut :
a)
modifier
ainsi l’article 79 de la loi S.R.U. (devenu article 45-1 de
la loi du 10 juillet 1965) concernant l’accès à tout candidat
acquéreur au carnet d’entretien : « Tout candidat
à l’acquisition d’un lot de copropriété, tout bénéficiaire d’une
promesse unilatérale de vente ou d’achat ou d’un contrat réalisant
la vente d’un lot ou d’une fraction de lot peut à sa demande
prendre connaissance de la partie concernant la liste des gros
travaux réalisés durant les dix dernières années du carnet d’entretien
de l’immeuble établi et tenu à jour par le syndic, ainsi que
du diagnostic technique établi dans les conditions de l’article
L 111-6-2 du Code de la construction et de l’habitation » ;
b)
puis
modifier le décret concernant le carnet
d’entretien.
Comme
on le voit, tout ceci est très simple et il suffit que le ministère
convoque un groupe de travail pour que le « carnet d’entretien » minimum actuel
finisse par servir à quelque chose.