I-
Les professionnels et les travaux d’ascenseur :
« faire tout d’un
coup », disent-ils
Le
Gouvernement - essentiellement suite aux pressions de notre
association - a donné quinze ans (trois fois cinq ans) aux copropriétés
pour faire les travaux de mise en conformité concernant la sécurité
des ascenseurs.
Or,
depuis la mise en place des textes (2004), qu’entend-t-on dans
les copropriétés de la part des ascensoristes et des syndics ?
ceci :
« Il vaut mieux faire les travaux d’un coup ;
cela coûtera moins cher et cela évitera plusieurs immobilisations ».
Ces
conseils sont des conseils la plupart du temps très « intéressés » :
a-
L’ascensoriste
préfère tenir que courir : non seulement il n’est pas sûr
d’être encore là dans dix ans, mais cette modernisation accélérée
lui évite souvent d’avoir à remettre en état certains organes
de l’appareil à ses frais, en attendant.
b-
Le
syndic, de son côté préfère toucher tout de suite 2 ou 3 % sur
40.000 euros que de risquer de ne toucher que 2 ou 3 %sur 10.000
euros, sachant qu’un autre syndic sera peut-être à sa place
dans dix ans…
Beaucoup
de copropriétés succombent à ces arguments.
Elles
ont tort, comme on va le voir et le prouver.
II-
Nous répondons en effet qu’étaler les travaux est
non seulement souhaitable, mais simple à réaliser
Contrairement
au discours dominant chez les professionnels, en étalant les
travaux les copropriétaires font une bonne affaire :
a)
d’abord
ils étalent la dépense sur quinze ans ;
b)
ensuite
ils forcent l’ascensoriste à changer à ses frais les organes
usés, en attendant les transformations éventuellement nécessaires ;
c)
enfin,
ils mettent en conformité leur ascenseur en étant parfois beaucoup
moins « embêtés » que ceux qui font tous les
travaux d’un coup ; en effet, dans ce cas, les temps d’immobilisation
peuvent atteindre un mois, ce qui peut être dramatique pour
les personnes âgées ou handicapées ; par contre le découpage
permet à l’ascensoriste de mieux programmer les travaux, et
n’immobilise l’appareil pour quelques jours seulement, ceci
sur une période de… quinze ans !
Quant
au prix, il est pratiquement le même. On peut même dire que
les ascensoristes forcent la note en cas de rénovation complète
alors que la négociation est plus facile en cas de travaux étalés.
III-
Un exemple « ARC »
Voici
un exemple parmi cent, envoyé par un de nos adhérents, syndic
bénévole :
-
Un
premier devis s’élèvait à : 35.937,80
€.
Il intègrait :
o
chasse
pieds :
1.149,95 €
o
protection
serrures :
5.749,75 €
o
parachute : 1.603,30
€
o
variateur
de fréquence :
12.918,00 €
o
remplacement
du moto-reducteur :
12.575,60 €
o
changement
de vitrage :
1.329,30 €
o
dispositif
contre le happement :
611,90 €
-
« Impossible, dit notre adhérent. Nous n’y arriverons
pas ; par ailleurs l’ascenseur marche bien, n’est jamais
en panne et l’immeuble est calme ».
-
Celui-ci
lance donc une double opération avec l’ARC :
a)
vérification
de la proposition (qu’est-ce qui est vraiment obligatoire, pour
cela il lui a suffit de lire notre guide : « Ascenseurs :
comment éviter le pire ? ») ;
b)
négociation
de l’étalement.
Au bout du
compte : un chasse pieds pour1.149,95
€ à installer avant 2008 !
Oui,
authentique ; voilà ce qui s’est passé :
a)
le
parachute en place a été contrôlé et s’est avéré correct ;
b)
les
protections « spéciales vandales »
ont été jugées inutiles ;
c)
la variateur de fréquence
a été reporté après 2008 ;
d)
le
moto-reducteur sera entretenu dans le cadre du contrat.
Vous
direz peut-être (surtout si vous avez déjà subi une « intoxication » de type « ascensoriste plus syndic » : « Oui, mais avec 40.000 euros ils auraient eu un ascenseur tout neuf ».
Le
problème est justement là : « Pourquoi
un ascenseur tout neuf alors qu’il y a un ascenseur en parfait
état de marche dans un immeuble lui-même bien géré ? Pourquoi
changer de voiture tous les deux ans quand on roule peu
et que sa voiture est
bien entretenue et conforme ?».
La vérité est celle-ci :
a)
nos
adhérents - pour 1.149,95 euros - satisfont à la mise en conformité
légale ;
b)
Ils
peuvent utiliser leur argent à faire d’autres travaux beaucoup
plus utiles.
*