I-
Repousser le délai n’est pas suffisant
L’autre
jour, sous les lambis d’un ministère un
responsable d’un syndicat de syndics disait :
« c’est
bien joli, ça, de repousser de deux ans
et demi le délai de mise en conformité ;
mais vous avez tellement bien fait, à l’ARC,
que les copropriétaires ne veulent plus
faire aucun travaux et qu’on se retrouvera
au même point fin 2010 ».
Ce
à quoi le responsable de l’ARC qui était
présent a vertement répliqué que les premiers
responsables, après les ascensoristes, étaient
les syndics :
a)
si
les syndics n’avaient pas laisser
les ascensoristes présenter n’importe quel
devis à n’importe quel prix ;
b)
si
les syndics n’avaient pas forcer
les copropriétaires à faire les travaux
en une fois au lieu de
les étaler sur quinze ans ;
c)
en
un mot, si les syndics avaient été du côté
des copropriétaires au lieu de leur forcer
la main,
nous n’en serions pas là.
II-
Une action commune et urgente à mener
Il
faut donc agir maintenant que nous avons
obtenu un répit de deux ans, nous allons
le mettre à profit. Nos objectifs sont clairs :
1)
obtenir
que les ascensoristes respectent intégralement
la réglementation sur les prix ;
2)
traquer
les « faux »
travaux obligatoires et sanctionner ce qui
s’apparente à des abus ;
3)
traquer
les surfacturations et la dérive des prix ;
4)
obtenir
l’étalement des travaux chaque fois que
c’est possible ;
5)
combattre
les « ententes »
entre ascensoristes et rendre possible la
vraie concurrence ;
6)
supprimer
les clauses abusives des contrats d’ascenseur.
Pour
cela nous demandons en concertation avec
les coordinations syndicales des techniciens
d’ascenseurs, la tenue d’une réunion interministérielle
(Ministère de l’Economie et des Finances
avec la
DGCCRF ; Ministère
du Logement) qui réunirait, outre les autorités
compétentes :
-
l’ARC,
-
les
représentants des personnels d’ascenseurs,
-
les
organisations de syndics,
-
les
associations de consommateurs qui le voudraient,
-
la Fédération des Ascenseurs.
Voici la lettre adressée au Premier Ministre
ainsi qu’à Madame BOUTIN (Ministre du Logement)
et Madame LAGARDE Ministre, en autre, de
l’Industrie) :
Monsieur François FILLON
Premier Ministre
HOTEL MATIGNON
Rue de Varenne
75007 PARIS
Paris,
le 19 Février 2008 |
Monsieur le Premier Ministre,
Par
décret soumis au Conseil d’État le Gouvernement
va repousser au 31 décembre 2010 le délai
du 3 juillet 2008 concernant la première
tranche des travaux de mise en sécurité
des ascenseurs.
Ce
report, demandé par l’ARC en premier lieu
puis par toutes les parties concernées,
est évidemment le bienvenu. Néanmoins si
l’on ne prend pas la mesure de certains
problèmes, il est certain que les blocages
et difficultés que vivent et subissent actuellement
les usagers mais aussi les techniciens employés
par les ascensoristes, perdureront et que
- fin 2010 - nous en serons au même point
et ferons les mêmes constats.
Voici
la liste des difficultés et blocages :
- Alors que la loi DE
ROBIEN était censée améliorer la qualité
de la maintenance des ascenseurs, celle-ci
continue de se dégrader, mettant en jeu
la sécurité des usagers et des techniciens.
- Alors que la loi DE
ROBIEN devait permettre d’améliorer la
sécurité des ascenseurs sur des points
précis, les industriels de l’ascenseur
multiplient les pressions et actions de
désinformation pour forcer à une modernisation
coûteuse (et souvent peu utile) des appareils.
- Alors que les nouveaux
contrats doivent intégrer des clauses
protectrices, celles-ci ont été neutralisées
par les ascensoristes (exemple : clause de pénalités) sans réaction des autorités.
- Par ailleurs aucune
« assistance »
n’est apportée par l’Administration aux
usagers qui ont à faire face seuls à ces obligations de mise en sécurité très
coûteuses :
-
ni
rappel aux dispositions concernant la réglementation
des prix ;
-
ni
aide à la mise en place d’une véritable
concurrence ;
-
ni
aide à la lutte contre la surfacturation,
alors que pèsent sur usagers :
·
des
délais impératifs ;
·
de
mesures précises à respecter obligatoirement.
·
Il
est donc nécessaire de résoudre rapidement
certains problèmes :
-
lutter
contre les abus liés aux excès de certaines
prescriptions dites parfois à tort obligatoires ;
-
lutter
contre les prix excessifs ;
-
assurer
le respect de la transparence des prix ;
-
assurer
une vraie maintenance préventive, ce qui
passe :
·
par
une organisation du travail adaptée ;
·
par
la suppression des clauses neutralisant
les pénalités en cas de non-respect des
dispositions contractuelles ;
-
identifier
les clauses abusives des nouveaux contrats ;
Or,
ceci est POSSIBLE aujourd’hui si le Gouvernement
décide :
a)
de
rappeler les règles ;
b)
de
les faire appliquer ;
c)
de
repérer les abus ;
d)
de
les éradiquer.
L’ARC
- association d’usagers pilote dans ce domaine
depuis quatre ans - et la Coordination CGT
Ascenseurs - syndicat également pilote dans
se secteur - se joignent :
-
pour
vous demander d’organiser une réunion plénière
à ce sujet (un « Grenelle » des ascenseurs) ;
-
pour
apporter, au cours de cette réunion, des
solutions pratiques et opérationnelles aux
demandes formulées pus haut ;
-
pour
regrouper - autour de cette initiative -
d’autres grands acteurs :
·
associations
d’usagers ;
·
organisations
syndicales ;
·
chambres
professionnelles de syndics.
Dans
l’espoir qu’une réunion de travail interministérielle
pourra être organisée rapidement pour débattre
de ces problèmes, trouver des solutions
et les mettre en œuvre rapidement afin d’assurer
une sécurisation sans abus, nous vous prions
de recevoir, Monsieur le Premier Ministre,
l’expression de notre haute considération.
Pour
le Conseil d’Administration de l’ARC
Pour la
Coordination CGT Ascenseurs
Fernand
CHAMPAVIER
Robert Pelletier
Le
Président.