Un
de nos adhérents nous signale à nouveau qu’un syndic
professionnel se déchaîne contre l’ARC (sur un site
professionnel) - évidemment anonymement, courageux
homme ! - à propos de nos différentes interventions
concernant les prix scandaleux que les syndics pratiquent
en matière de refacturation des photocopies aux copropriétés.
Nous
allons dans l’abus qui suit :
- rappeler notre position
à ce sujet que nous confirmons intégralement ;
- donner la parole à
ce courageux anonyme ;
- montrer comment celui-ci,
en voulant défendre LES
syndics, finit par :
-
les
accabler ;
-
confirmer
notre position ;
-
apporter
involontairement de l’eau à notre moulin.
Ses
propos sont d’ailleurs si intéressants et l’aveu de
ses naïves « turpitudes »
(mais si, mais si…) si limpide, que nous allons en adresser
copie à la DGCCRF (Direction Générale
de la
Concurrence, Consommation et Répression
des Fraudes) pour qu’elle puisse mieux comprendre pour
quoi nous pouvons aussi souvent parler de DUPERIE tarifaire.
I-
Le prix des photocopies : un révélateur
d’une tromperie généralisée
Lorsque
nous avons fait notre « Tour d’Europe de la Copropriété »
(Colloque 2007) nous avions été étonnés de constater
qu’un syndic allemand (ou italien ou autrichien) facturait
la photocopie 0,05 cts d’euro et avions déjà mis en
évidence cet abus typiquement français, pensant que
cela calmerait nos syndics.
Malheureusement,
depuis 2007 la situation n’a cessé d’empirer :
alors que le prix de revient d’une photocopie n’a pas
bougé (entre 0,03 cts et 0,05 cts) les syndics appliquent
des tarifs de plus en plus honteux (c’est le terme) :
0,35 cts d’euro la photocopie, 0,40 et même 0,50cts !!!
C’est
pourquoi lorsque - très récemment - la
CNAB (Confédération Nationale des Administrateurs
de Biens), pour justifier des demandes d’honoraires
supplémentaires, a tenté de faire croire que la marge
des syndics était très faible, nous avons posé trois
questions à son président, dont une concernant les photocopies :
« La CNAB a-t-elle
pris en compte dans les recettes d’un syndic la
marge ÉNORME prélevée sur la facturation des
photocopies ? » [NB : nous attendons TOUJOURS les réponses de la CNAB à nos questions de simples
copropriétaires voir
abus numéro 1695
].
Pour
éclairer notre question nous avons fait un calcul :
imaginons un syndic qui gère seulement 250 immeubles
représentant 7 500 lots principaux ; un lot
nécessitant annuellement environ 70 photocopies (pour
la convocation plus le procès-verbal de l’assemblée
générale annuelle et quelques divers), le syndic facture
donc aux copropriétés :
-
(à
0,38 cts la photocopie) 7 500 X 70 X 0,38 € = 199.500
euros ;
-
si son prix de revient est de 0,05 cts par photocopie,
sa marge sera de 199.500 - (7 500 X 70 X 0,05)
= 173.250 euros.
Oui,
vous avez bien lu : 173.250 euros, qui font CENT
SOIXANTE TREIZE MILLE DEUX CENT CINQUANTE EUROS !!!
Or, aujourd’hui, les syndics refusent
d’admettre que ces sommes incroyables sont des recettes
et appellent DÉBOURS les 199.500 euros facturés (dans
notre exemple), ce qui est une tromperie monumentale
concernant le niveau réel des honoraires et donc de
la rentabilité des cabinets.
D’où la « campagne » (c’en est une) de l’ARC.
II-
Des syndics bien « nerveux »
Bien
sûr les calculs, analyses et questions de l’ARC indisposent
nos chevaliers de la transparence tarifaire.
D’où
naturellement une tentative de réplique des syndics
dont nous allons voir - sur un exemple concret - qu’elle
ne fait, en réalité, « que » confirmer notre
analyse.
III-
L’exemple du syndic « anonyme »
Revenons
à notre héros qui se cache derrière un pseudo pour « répondre » à l’ARC
sans s’adresser à nous.
Que
dit-il ?
« Les
chiffres de l’ARC sont fantaisistes ; le prix de
revient d’une photocopie n’est pas de 0,03 euros mais
de… 0,16 euro HT ». Ha bon ! Voyons
cela de près.
- Les chiffres du syndic « anonyme »
-
Ce
syndic explique qu’il utilise 1 800 ramettes de papier
de 500 feuilles par an, soit 900.000 photocopies.
-
Les
feuilles lui coûtent 6.588
euros [À noter : cela correspond à un coût
de 3,86 euros la ramette ; à l’ARC, nous obtenons
un prix de 2,99 € la ramette, soit… moins 23 %, mais
passons].
-
La
location, l’entretien et les fournitures des photocopieurs
lui coûtent (selon lui et uniquement pour ses copropriétés) :
75.000 euros.
Passons (pour le moment) sur le fait qu’on ne comprend
pas comment le poste location-entretien et fournitures
soit aussi élevé chez ce syndic [exemple :
à l’ARC pour 239.868 copies en 2008, cela nous a coûté
3.653 euros soit 0,015 cts la copie].
Sans remettre en question les chiffres très curieux
de ce syndic, ceux-ci nous donnent un prix de revient
global de 81.588 euros qui, divisé par 900.000 photocopies,
donne un prix de revient de 0,09 euro la photocopie.
Mais continuons.
- Du prix de revient réel au « prix de revient syndic » (+77
%)
Ensuite, ce qui est particulièrement croustillant dans
la démonstration de ce syndic, c’est la façon dont il
« bâtit »
SON propre
prix de revient. En effet, il ne reprend pas le chiffre
de 0,09 mais arrive à un chiffre beaucoup plus élevé.
- D’abord il intègre
UN DEMI salaire annuel d’une de ses
collaboratrices (soit 18.500 euros) qui est censée
passer la moitié de son temps à faire des photocopies !
Ainsi alors même que 90 % des photocopies sont faites
en nombre (donc tout à fait automatiquement) à l’occasion
de la confection de la convocation et du procès-verbal
des assemblées générales et que ce travail est depuis longtemps
inclus
dans les tâches de gestion courante de TOUS
les syndics (ce que le Conseil National de la Consommation a confirmé),
notre syndic donneur de leçon avoue qu’il utilise la
facturation des photocopies pour faire payer DEUX
fois le travail, ceci :
-
en
honoraires de base ;
-
en
honoraires supplémentaires INCLUS
dans ce qu’il ose appeler des « débours ».
Nous n’en doutions pas mais ne remercierons jamais assez
ce syndic « anonyme » pour cet aveu :
non seulement il intègre des honoraires dans ses « débours » mais il facture
DEUX fois
ces honoraires.
- Ensuite ce syndic
- au lieu de diviser le prix global du poste photocopies
par le nombre de photocopies faites par le cabinet
pour les copropriétés - va diviser le coût global
uniquement par le nombre de photocopies soi-disant
facturées effectivement aux copropriétés, c’est-à-dire
- selon lui - 630.000, laissant ainsi croire qu’il
ne facture PAS
les autres (soit la différence entre 900.000 et 630.000
donc 270.000).
En procédant ainsi - sans que personne néanmoins ne
puisse vérifier ces chiffres - le syndic montre sa « malignité ».
D’un côté il laisse croire qu’il ne facture pas un nombre
très important de photocopies (270.000, soit la différence
entre 900.000 et 630.000) ; mais de l’autre il
intègre dans son prix de revient les photocopies non
facturées qu’il présente comme un
cadeau !
En bon français
cela porte un nom : manipulation.
Conclusion :
- grâce à un DOUBLON de tarification ;
- et grâce à ce cadeau
en trompe l’œil, le syndic arrive à un
NOUVEAU prix de revient :
|
81.588 € + 18.500 € =
|
0,159 €uros |
|
630.000 copies.
|
|
On passe
ainsi de 0,09 à 0,16 cts
(soit
+ 78 % quand même).
Et cet hypocrite de se demander : « Où sont
les 3 ou 5 centimes de l’ARC ? ».
- Comment on passe ensuite au prix facturé ?
-
Après
avoir présenté un « prix de revient-maison » trompeur et supérieur de 78 % au
prix de revient réel (nous reviendrons sur les 75.000
euros de location-entretien-consommables des photocopieuses)
le syndic va finalement se décider à facturer 0,24 cts
HT la photocopie : (= 0,287 € TTC = 1.88 franc !!!).
Comment justifie-t-il ce chiffre ? Par rien, si
ce n’est un drôle de : « Il faut bien gagner sa vie ».
Certes, mais en pratiquant une marge de 52 % sur un
pseudo prix de revient majoré lui-même de 78 % par rapport
à la réalité comme on l’a vu.
Et si on parlait d’« escroquerie commerciale » ?
Est-ce que cela suffirait pour qu’on nous fasse ENFIN un procès qui permettra d’aller au fond de ce problème et des
autres ? Oui ? Alors disons-le : il y
a « escroquerie
commerciale ».
Résumons :
Le
syndic facture 630.00 photocopies à 0,24 cts HT = 151.200
euros.
Or
cela lui coûte au maximum : 81.000 euros (900.000
X 0,09).
Le
syndic se fait donc une marge sur des « débours » de (minimum)
70.200 euros.
En
fait, il se fait ou devrait se faire beaucoup plus car
son prix de revient de 81.000 euros est - comme on l’a
laissé entendre - soit inexact soit dû à une inaptitude
dramatique à négocier ses contrats.
La
réalité du prix de revient global réel doit être plus
proche de 20.000 euros maximum (chiffre obtenu à partir des prix
unitaires obtenus par l’ARC pour des quantités plus
faibles), ce qui nous donne un prix de revient réel
par photocopie de 0,022 euro (soit 20.000 euros divisés
par 900.000 copies) qui induit une marge de 131.200
euros sur les SEULES photocopies.
Conclusion : les syndics ont raison d’être « nerveux »
quand on parle du prix des photocopies.
Leurs
propres réponses prouvent :
-
qu’ils
pratiquent des honoraires « doublon » ;
-
que
leurs soi-disants débours intègrent AU
MINIMUM (selon leurs chiffres) une marge de 300
% [ on passe de 0,09 à 0,24 cts dans notre exemple ]
sachant que, dans la réalité vécue par les copropriétaires
on atteint souvent plus de 1 000 %
[ prix de revient de 0,03 et facturation de 0,40
] ;
-
qu’ils
dissimulent ainsi des recettes considérables et trompent
délibérément les consommateurs et les pouvoirs publics
sur la réalité de leurs « honoraires.
Un
mot encore : l’ARC s’étant étonnée du fait qu’une
photocopie revenant à 0,03 euro soit revendue 0,38 euro
notre syndic anonyme écrit :
« De deux
choses l’une : ou cette information est exacte
et c’est proprement exorbitant et immoral, ou elle est
erronée ou fortement exagérée et il faut l’affirmer
haut et fort ».
« IMMORAL » !
C’est pas nous qui le disons !
Ça sera tout pour aujourd’hui… Mais nous
n’en avons pas fini avec cette histoire.