I-
Oui, il faut mieux « contrôler » les syndics
Mais
oui, il faut contrôler les syndics, c’est évident :
les syndics détiennent des milliards qui ne leur appartiennent
pas et trouvent tous les prétextes pour ne pas déposer
cet argent sur des comptes propres à chaque copropriété ;
ce sont à la fois des prestataires et des mandataires ;
ils font de plus en plus souvent plusieurs métiers en
même temps, pouvant donner lieu à des « conflits d’intérêts » : syndic, assureur, diagnostiqueur
immobilier, maître d’œuvre, banquiers,etc. ; ils
sont très faiblement sanctionnés en cas de faute professionnelle
dans la mesure où c’est le syndicat des copropriétaires
qui est en première ligne ; ils n’hésitent pas
à prendre certaines distances avec les obligations législatives
ou réglementaires qui les gênent (article 39 du décret
sur le travail des filiales ; articles 22 de la
loi sur les mandats ; article 33 sur la délivrance
de la feuille de présence ; article 11, II sur
la transparence des honoraires, etc.). On continue ?
Par
ailleurs au-delà de ces problèmes structurels un certain
nombre de « brebis
galeuses » se font régulièrement épingler
par les usagers, les associations, les « clients » trompés. Néanmoins dans
ce cas, elles ne se font pas vraiment sanctionnées,
mais sont poussées dehors par les syndicats professionnels
(pas toujours très vite, d’ailleurs…) et se retrouvent
alors libres comme un renard dans un poulailler avec
toujours un « garant » bienveillant (de préférence anglais, australien,
italien) et une assurance de responsabilité civile elle-même
compatissante, pour continuer en toute tranquillité
à faire le plus grand tort à la profession et aux copropriétaires
(surtout aux copropriétaires…). I.B.S. Immobilière Saint
Sébastien et combien d’autres ?
II-
Aujourd’hui qui contrôle effectivement
les syndics ?
Les préfectures ?
Déjà
avec la carte de gestion « annuelle » elles ne contrôlaient
presque plus rien, alors avec la carte valable dix ans…
(voir abus numéro 1372).
Les DDCCRF (Direction Départementale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des
Fraudes) ?
Celles-ci
ont à peine le temps de contrôler le respect de règles
de base tel l’affichage des prix. Pour le reste…
Les caisses de garantie ?
Oui, les caisses contrôlent et excluent parfois des syndics, mais les
laissent partir exercer ailleurs leurs « talents » (vers des
garants anglais, australiens, italiens, demain peut
être des garants installés dans les Iles Caïmans).
Les assureurs de responsabilité civile
professionnelle ?
Non, ils s’arrangent simplement pour ne JAMAIS avoir à payer le moindre centime et pour faire traîner les
procès pendant des années.
Les syndicats professionnels de syndics
et leur commission de déontologie ?
Nous
avons ici même indiqué à quel point nous avions fait
confiance à la FNAIM lorsqu’elle a mis en
place il y a deux ans sa commission et combien elle
nous avait déçus…
Lisez
nos articles désespérés sur les saisines « CITYA », « Le TERROIR »,
« FONCIA » et concluez…
Quant
à la commission fantôme de la
CNAB (Confédération Nationale des Administrateurs
de Biens) devenu UNIS (Union des Syndicats de l’Immobilier),
nous préférerons ne pas en parler tellement son inexistence
est patente.
Alors ? Qui contrôle ? Qui peut
contrôler ?
En
fait, une fois fait ce tour d’horizon, on s’aperçoit
vite que le seul vrai contrôle aujourd’hui ce sont les
associations de copropriétaires qui l’exerce, ainsi
que les associations de consommateurs et les médias
encore assez courageux pour dire la vérité [
savez-vous que deux journalistes de « 60 Millions de Consommateurs » ont été « traînés »
en correctionnelle par le groupe LOISELET avant d’être
non seulement blanchis mais félicités par les juges
pour leur EXCELLENT
travail ? Pourrait-on trouver la même « soif de vérité » et
de courage dans des journaux ou sur des sites Internet
où le même LOISELET déverse sa publicité payante ?
].
La
question que nous nous posons, et que se pose de plus
en plus de personnes, de journalistes, d’observateurs
est celle-ci : « Le contrôle de cette profession si « sensible », si exposée
aux tentations, si sûre d’elle [quelle est l’autre
profession qui va jusqu’à se payer des centaines de
pages de publicité pour tenter d’intimider médias et
associations (voir abus numéro 1699
à 1702 ?]
peut-elle reposer
uniquement sur quelques associations et quelques journaux ? ».
Allant encore plus loin, une autre question
est alors posée par certains
-
puisque
l’État est impuissant et les Préfectures dépassées ;
-
puisque
la justice a tant de mal à condamner ces « mandataires » qui se
cachent toujours derrière leurs « mandants » ;
-
puisque
les syndicats professionnels sont visiblement inadaptés ;
-
puisque
les garants et les assureurs de responsabilité civile
ne sont pas là pour faire la « police » ;
-
puisque
seules, dans cette situation, quelques associations
et médias arrivent encore à identifier les problèmes
et à les traiter ; alors :
« pourquoi
ne pas mettre en place un ORDRE,
l’ordre des syndics professionnels ? »
L’ORDRE apparaît ainsi à certains comme le dispositif à mettre
en place au plus vite.
L’« ordre » est-il une réponse vraiment
alternative à la situation d’in-contrôle
actuel ?
- En quoi ne sera-t-il
pas une super-couverture
de plus pour la profession ?
- En quoi un tel ordre
pourra-t-il garantir non seulement une vraie régulation
(et QUI va fixer les règles ?) mais
aussi l’application de réelles sanctions en cas d’inobservation ?
[ Nos amis Belges dispose déjà d’un tel « ordre »,
dont ils sont particulièrement mécontents, semble-t-il,
mais nous allons vérifier ]
- Comment les associations
représentatives pourront-elles, d’une façon ou d’une
autre, être partie prenante d’un dispositif qui, par
essence, est un dispositif « entre professionnels », etc,
etc.
Comme
on le voit, il ne s’agit pas de lancer un mot ou une
idée pour faire bien. Il faut voir ce qu’il y aurait
derrière le décor et en quoi cela pourrait ou non, réellement répondre aux problèmes que
vivent les usagers (les mandants).
Nous
sommes prêts naturellement à engager des réflexions
et discussions à ce sujet avec tous ceux qui pensent
que cette idée d’« ordre » pourrait nous
sortir de la situation actuelle et allons demander à
rencontrer les principales organisations et autorités
concernées par ce problème. Néanmoins nous garderons
toute notre vigilance, comme d’habitude, et saurons
poser les vraies questions c’est-à-dire les questions
qui concernent l’intérêt des copropriétaires. À suivre,
donc !