Voici
un des méls reçu à la suite de nos articles sur le
prix des photocopies (voir en particulier notre
abus numéro 1729),
et la réponse que nous apportons [NB : nous avons
reçu beaucoup de méls très virulents contre les syndics sur ce sujet mais aujourd’hui
nous avons décidé de citer le seul qui le soit pas].
« Monsieur le
Président,
Gestionnaire de la copropriété, je suis
actuellement attentivement ce que vous appelez votre
campagne sur les prix des photocopies. Certes vous
avez raison : les prix pratiqués sont très élevés
et, dans la profession, c’est une « fable ».
Ceci dit, je pense que dans l’intérêt
des copropriétaires que vous défendez, vous ne devriez
pas vous acharner sur ce problème. Le vrai problème
n’est-il pas le niveau global des honoraires sur une
copropriété ?
Et l’important n’est-il pas de savoir
que - globalement - on paye TELLE
SOMME pour les honoraires dans une copropriété
et telle autre somme dans une autre, ces deux chiffres
seuls devraient être comparés. Je suis impatient de
recevoir vos réactions.
Merci, si vous répondez à ce mail et
décidez de publier la question de ne pas citer mon
nom.
Recevez, Monsieur le Président,
mes salutations respectueuses ».
Et
voici notre réponse :
« Monsieur,
Nous vous remercions pour votre mél, votre
franchise et votre façon très pratique d’aborder les
problèmes.
1-
D’abord, il
est évident que nous sommes d’accord avec vous :
l’essentiel est bien le niveau global
des honoraires et la comparaison d’une copropriété
à l’autre (encore que nous préférons la comparaison
entre syndics…).
2-
Le problème
est que ce niveau global est quasi impossible à connaître
et que – en particulier – le prix de la photocopie
et le nombre de photocopies viennent opacifier la
question.
En effet, les
factures émises au titre des photocopies le sont comme
« débours » et non comme « honoraires ».
Ainsi, le syndic qui facture 2000 € de photocopies
pour un prix de revient de 250 €, touche 1750 € d’honoraires
en plus, qui n’apparaissent nulle part comme tels.
Dès lors, quand
vous dites « honoraires
globaux », cela ne veut pas dire grand-chose
puisqu’une partie de ces honoraires globaux reste
invisible !
3-
D’autres honoraires
(honoraires privatifs, honoraires sur recouvrement)
sont très difficiles à connaître et vous devriez savoir
que les syndics ne fournissent jamais (voir notre
abus n° 1708)
le détail de leurs honoraires bien que l’article 11
du décret de 1967 les oblige à fournir (et nous ne
parlons pas des honoraires touchés comme « courtier
d’assurance », par exemple …).
4-
Dernier point :
nous sommes de ceux qui agissent depuis des années
pour que les honoraires de syndic soient à la fois
« corrects » et « transparents ».
Or, le problème
est que les syndics semblent craindre - comme un vampire
la lumière du jour (lol)
- cette transparence que nous appelons de nos vœux.
Pourquoi ?
Tout simplement
parce que :
-
la dissimulation, occultation, etc. d’une partie des
honoraires leur permet de « pleurer
misère » ; cette dissimulation leur
permet aussi d’échapper à la vraie concurrence.
Plutôt que
de nous reprocher de nous occuper des prix de la photocopie,
vous devriez, pensons-nous, vous indigner du fait
qu’entre celui qui facture 0,15 € et celui qui facture
0,40 €, il y a au final une différence qui s’appelle
dissimulation d’honoraires pour le deuxième. Comment
pouvez-vous accepter ça ?
Comme vous
le voyez les choses ne sont pas si simple
et nous ne sommes pas forcément aussi accrochés à
de simples détails tel que certains certaines le disent.
Bien cordialement ».