ARC / Abus n°2225 : 03 03 10/©

Le contrôle quinquennal des ascenseurs :

une nouvelle rente ?

L’exemple du contrat CASTE ING

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I.                   Contrôle quinquennal et contrats quinquennaux : comment faire du plus avec du moins ?

-          Rappelons que la loi a imposé un contrôle quinquennal de sécurité de tous les ascenseurs.

-          Comment transformer cette obligation en « fromage » se sont demandé certains. « C’est simple : on va faire des contrats de cinq ans pour une prestation qui a lieu une fois tous les cinq ans ».

-          Le groupe LOISELET a montré la voie (voir abus numéro 1821) ; d’autres s’y engouffrent : c’est ce qu’on peut appeler : « le contrat quinquennal pour contrôle quinquennal ».

-          Au départ, on se dit : « C’est ingénieux, cela va permettre de lisser la dépense ». Après étude, on s’aperçoit qu’on a affaire à une nouvelle entourloupe. Décidément nous ne serons jamais tranquilles.

Voyons cela.

II.                 Un contrat dangereux et en fait hors de prix

-          Signer un contrat de cinq ans renouvelable par tacite reconduction pour une prestation quinquennale est en soi une première curiosité ; car :

o       l’entreprise peut faire faillite ;

o       l’entreprise peut être rachetée par des personnes incompétentes, etc.

-          Signer un contrat de cinq ans présente deux autres inconvénients majeurs :

o       rendre opaque le véritable prix de l’intervention (en effet le contrat est indexé tous les ans) ;

o       favoriser les surfacturations. On va voir comment.

III.              Des prix plus que doublés

-          Sur les cas que nous avons pu examiner les chiffres de contrôle quinquennaux auxquels nous parvenons frisent les 1 200 € par ascenseurs (oui, mille deux cents euros !) ce qui est plus du double du prix d’un contrôle déjà confortable !

-          Normal, le lissage masque les vrais chiffres. On va protester pour un contrôle de 700 €, mais laisser passer un contrat de cinq ans de 250 € l’an pour une prestation quinquennale qui va donc faire au final 1 250 € !

-          Mais pour contrer ceux qui savent compter, les initiateurs de ce système ont même inventé une astuce supplémentaire. Suivez le guide.

IV.             L’astuce supplémentaire

-          Pour éviter de se faire traiter du nom (diffamatoire, bien sûr) de « voleur », la société CASTE ING (comme LOISELET) a en effet mis au point une astuce.  Elle intègre dans son contrat un pseudo « plus » baptisé « visite préventive de sécurité », dont le contrat ne précisera d’ailleurs RIEN.

-          Voici le point 6 du contrat-type de CASTE ING :

« 6. DEFINITION DES INTERVENTIONS

Pour la première période du contrat,cf. article 11, la société CASTE ING réalisera un contrôle technique quinquennal et une visite contradictoire pour validation du traitement des anomalies.

Pour la seconde période technique de cinq ans et les suivantes, la société CASTE ING réalisera une visite préventive de sécurité, un contrôle technique quinquennal et une visite contradictoire pour validation du traitement des anomalies ».

-          À quoi sert cette « visite préventive de sécurité » (alors que le contrôle quinquennal est DEJA une visite de sécurité ?!) ?

-          Que contient-elle ? Quand a-t-elle lieu ? Nul ne le sait.

-          C’est juste de la « poudre aux yeux »qui justifie un contrat hors de prix et, comme on l’a vu, permet à ses inventeurs d’éviter d’être traités de « détrousseurs ».

Notre conclusion et nos conseils.

  1. Le syndic n’a AUCUN droit de signer un tel contrat quinquennal hors décision d’assemblée générale.

D’une part parce que cette prestation doit être votée (après mise en concurrence de préférence). D’autre part parce qu’il contient - comme on l’a dit - des risques (exemple : faillite de l’entreprise la troisième année rendant impossible la prestation la cinquième année).

  1. Le syndic a d’autant moins le droit de signer ce contrat qu’il contient DEUX prestations différentes (une prestation obligatoire ; une prestation - floue -facultative).
  1. Si vous êtes dans ce cas, demandez au syndic l’annulation de ce contrat et son remboursement (vérifiez également que vous n’êtes pas dans ce cas sans le savoir…).
  1. Si vous n’êtes pas dans ce cas, demandez au syndic comment il entend faire procéder au « contrôle quinquennal », avec quel contrôleur et à quel prix.
  1. Si le syndic vous soumet en assemblée générale un tel contrat, refusez-le naturellement.

 

 

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