Dans notre abus n° 2226
du 03 mars dernier, nous vous alertions sur les augmentations
tarifaires exorbitantes pratiquées par le courtier LAMY ASSURANCES.
LAMY ASSURANCES tentait de se justifier à travers un argumentaire diffusé
auprès de ses clients, les syndicats de copropriétés, voir abus
n° 2226.
Nous avons soumis cet argumentaire à l’œil avisé d’un intermédiaire d’assurances.
Voici ci-dessous son analyse : sans appel.
Vous voudrez bien
prendre connaissance, ensuite, de la lettre de M. CHAMPAVIER,
Président de l’ARC à Mme BAUDOUX, Directrice de LAMY ASSURANCES.
Analyse de l’intermédiaire d’assurances :
« Voici les quelques
réflexions que m'inspire ce document
signé par Lamy Assurances.
Son
but premier est de justifier le fait qu'ils assurent directement
les copropriétés gérées par Lamy et les majorations de cotisation
appliquées en 2010 par les Cies.
Je
ne sais pas s'ils ont fait diminuer leurs franchises en 2010
mais ce que je peux dire est que l'enveloppe de 60 000 euros
accordée par Allianz
pour les tempêtes
de 2009 m'apparaît plutôt symbolique quand on prétend être le courtier n° 1 de cette Cie pour les multirisques immeuble. En supposant qu'ils assurent 2/3 des 8500 copropriétés chez Allianz, cela ne fait pas beaucoup par copropriété et c'est
très
certainement le signe que les résultats techniques de Lamy Assurances auprès de cette Cie ne sont pas fameux.
Quant à leur
partenariat avec Axa, il semble avoir été réactivé en 2009 parce qu'il n'y avait quasiment
plus de production de contrats entre 2002 et 2009.
Sur la sinistralité, leurs affirmations quant à une fréquence sinistre en baisse en 2009,
est curieuse. C'est plutôt le contraire, le nombre des sinistres incendie a fortement
cru et si sur les autres garanties il n'y a pas nécessairement une baisse du nombre,
il y a systématiquement
un coût
moyen en forte augmentation ainsi qu'ils le signalent.
Pour
les mesures tarifaires 2010, rien à dire si ce n'est que les pourcentages
avancés sont très certainement hors indice. Cela veut
dire que pour le 1er trimestre, la majoration est atténuée par la baisse de l'indice mais qu'à partir du 1/4/2010, il va falloir
rajouter 1.86% et plus probablement à partir des 1/7 et 1/10 puisque cet
indice FFB repart à la hausse.
Je
n'ai pas entendu dire que Générali
se désengageait
du marché ni
d'ailleurs Covea qui ne s'est séparé que des moins de 2000 m2.
Les mutuelles s'intéressent à ce marché de manière assez marginale. C'est vrai que
les garanties qu'elles offrent sont plutôt édulcorées et n'intègrent pas ce qui fait le
"sel" des intercalaires proposés par les intermédiaires spécialisés (perte d'eau,.... qui ne sont quand
même,
en général, que des garanties annexes et ne sont pas
de nature à
causer
généralement de graves dommages financiers
à une
copropriété). Je pense, par contre, que les mutuelles
pourront avoir tendance à faire plus appel au refus de garantie
pour défaut d'entretien (actuellement, à mon avis, 1 sinistre/ 3 ou 4 déclarés pourrait être rejeté sur ce motif, essentiellement en dégâts d'eau). Les tarifs qu'elles proposent
(pour le moment il n'y a que la Matmut, j'ai entendu parler
de la Macif
mais sans plus) sont calculés au plus juste. Très attrayants, ils ne peuvent
être comparés qu'en fin d'année d'assurance par un conseil
syndical parce qu'il faudra, bien souvent, rajouter à cette cotisation basse le coût des franchises ou des dommages non
remboursés
(infiltrations par façades ...) et qui l'auraient été par une compagnie traditionnelle.
On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre...
Le
dernier paragraphe de Lamy Assurances
sur les mesures tarifaires 2010 est dangereux pour
les copropriétés nouvellement assurées par eux. Sachant qu'ils procèdent d'une manière très approximative pour la déclaration des antécédents sinistres au moment de la souscription
(classement du risque par les gestionnaires copro
: mauvais, moyen, bon, sans
plus de détails),
les copropriétaires
risquent fort d'avoir une mauvaise surprise au 1er renouvellement
de leur contrat s'il s'agit d'une copropriété à fréquence de déclarations importante. Le tarif de
souscription n'en
aura pas tenu compte mais la nouvelle compagnie en
tiendra compte, bien évidemment. Les surprises risquent d'être fortes. Par ailleurs, les gestionnaires
de copropriété ont moins leur mot à dire sur les majorations de primes
annuelles Lamy que sur celles appliquées lorsqu'il s'agit d'un intermédiaire indépendant. En général, les gestionnaires de copropriété
n'ont pas à intervenir lorsqu'il s'agit de faire travailler un fournisseur
"ami".
Sur
le prix au m2 d'une assurance
habitation, personne ne calcule au m2
pour ce type de contrat. Ils le font pour se justifier et justifier
les majorations.
Enfin, sur le point
4 concernant l'ARC:
- les franchises baissent d'année en année, cela
reste
à prouver autrement que par un document
comme celui-ci. Les copropriétaires concernés n'ont qu'à demander le remplacement tous les
ans de leur contrat Lamy Assurances pour en bénéficier. On verra alors ce qu'il en
est réellement.
-
primes
calculées
à la hausse et à la baisse : à la hausse c'est certain ; à la baisse, cela demande une gestion
très
serrée
des contrats en portefeuille ce qui paraît assez illusoire quand on en a 8500
à gérer et les compagnies sont assez réticentes sauf en de rares occasions.
C'est donc un effet
d'annonce.
- les meilleurs contrats, peut-être ? quoique assurer dans l'intercalaire
un événement qui se produit tous les 30 ans , d'importance assez mineur n'est pas primordial.
Ce qui
fait un contrat, ce sont évidemment les garanties, le tarif mais aussi la gestion des
sinistres et là-dessus, silence radio, or c'est bien pour cela que les assurés
souscrivent des contrats. Qui va gérer réellement le sinistre? Le gestionnaire
de la copro ou le rédacteur de Lamy Assurance?
- rien à dire, c'est vrai (laissons de côté le fait qu’ils invoquent travailler
avec Allianz et AXA depuis 8 ans.
Que cela soit vrai ou non n'apporte rien au copropriétaire de base sur cette catégorie de contrats)
- là, c'est de la médisance pure, sans preuve, uniquement pour justifier
qu'ils touchent sur les 2 tableaux en assurant les copropriétés qu'ils gèrent.
- c'est vrai que les contrats PJ souscrit
par l’intermédiaire des syndics renoncent à recours contre ces syndics en place
(mais rien n’empêche le syndicat de copropriété de souscrire
un contrat Protection Juridique, bien distinct du contrat Multirisque
Immeuble, auprès d’une autre compagnie que celle du Multirisque
Immeuble. Par la suite, si le syndicat de copropriété n’accorde
pas le quitus et fait valoir des arguments juridiquement fondés…).
En
conclusion, leur argumentaire ne me paraît pas très novateur et leur sert à se justifier sur différents points, notamment sur le fait
qu'il y a et aura des majorations de tarifs. Même vis à vis de l’ARC, ils n'ont pas grand-chose
à dire
pour vous contrer ».
Lettre
de M.CHAMPAVIER :
|
LAMY
ASSURANCES
46/48 Chemin de La
Bruyère
Bât. F
69574 DARDILLY CEDEX
Paris, le 09 mars 2010
|
A L’ATTENTION DE MME BAUDOUX
Madame La Directrice,
Je m’adresse à vous en tant que Président
de l’Association des Responsables de Copropriété.
L’ARC est la principale association de conseils
syndicaux, membre titulaire de la Commission relative à
la copropriété, installée auprès du Ministère de la Justice.
De nombreux Présidents et membres de conseils
syndicaux se sont rapprochés de nous pour nous faire part de
leur stupéfaction quant aux méthodes de gestion de leur syndic,
LAMY, plus particulièrement en ce qui concerne leurs contrats
d’assurances.
En effet, il s’avère que LAMY a pris l’initiative
de résilier des contrats d’assurances, pour en souscrire de
nouveaux par votre intermédiaire, LAMY ASSURANCES.
Dans un premier temps, je constate, à regrets,
que LAMY (syndic), ne respecte pas les modalités de l’article
39 du décret du 17 mars 1967 : « Le
syndic, lorsqu’il est une personne morale, ne peut, sans y avoir
été spécialement autorisé par une décision de l’assemblée générale,
contracter pour le compte du syndicat avec une entreprise qui
détient, directement ou indirectement, une participation dans
son capital »
Pour chaque contrat souscrit par LAMY ASSURANCES,
LAMY ASSURANCES pourrait-elle fournir un procès-verbal d’assemblée
générale attestant que les règles ont été respectées ?
Dans un second temps, j’ai pu prendre connaissance
de l’argumentaire daté du 11 janvier 2010, que vous avez adressé
à vos clients et intitulé :
« Lamy Assurances
– Le point sur le Renouvellement 2010 »
Je vous remercie d’avoir cité notre association :
« Commentaires sur
les attaques de l’ARC ».
Je tiens à préciser que l’ARC n’attaque pas
LAMY ASSURANCES mais ne fait que des constats malheureux, au
détriment des intérêts des copropriétaires.
Dans l’argumentaire précité, vous mettez en
avant votre pouvoir important de négociation vis-à-vis d’Allianz
et d’Axa. Vous écrivez également que l’augmentation de prime
ne relève pas d’une simple appréciation mais d’une lecture stricte
du taux de sinistralité que vous étudiez copropriété par copropriété.
Tous les témoignages qui nous sont parvenus
montrent des augmentations tarifaires de 7% à 10% en un an et
ce, même pour des copropriétés n’étant pas situées dans des
zones considérées comme à risques et n’ayant pas déclaré de
sinistres depuis longtemps.
Je vous serais fort reconnaissant de me faire
connaître les raisons qui justifient le non respect de votre
propre argumentaire.
Dans l’attente d’une réponse que nous pourrions
porter à la connaissance de l’ensemble des copropriétaires qui
se sentent pris au piège du groupe LAMY,
Veuillez recevoir, Madame La Directrice, l’assurance
de mes salutations distinguées.
Fernand CHAMPAVIER
Le Président
Si
vous êtes confrontés aux mêmes difficultés, n’hésitez pas à
nous en faire part.