Le
journal CAPITAL du mois de mars 2010
a publié un des dossiers, un peu explosifs,
dont il a le secret. Il y en a eu pour tout le monde en particulier :
-
pour les syndics et leurs contrats ;
-
pour les ascensoristes.
Côté
syndics, nous avons les nominés suivants :
-
le cabinet DESLANDES Paris ;
-
le cabinet BENARD - DUMESNIL
(du groupe DUMESNIL) ;
-
le groupe LAMY,
-
le groupe LOISELET & DAIGREMONT ;
-
ATAXUA, syndic groupe Crédit
Mutuel ;
-
Le groupe TAGERIM et quelques
autres que nous vous invitons à découvrir dans le dossier qui
suit.
Côté
ascenseurs : toujours les mêmes :
-
OTIS, KONÉ, THYSSEN, SCHINDLER.
Voici
de larges extraits de ces dossiers :
« Les coups tordus dans l’immobilier.
I.
Introduction
Du syndic indélicat
au plombier hors de prix en passant par le vendeur de pierre défiscalisée, de plus en plus de professionnels
abusent des propriétaires et des locataires.
Revue de détail de leurs entourloupes et conseils pratiques
pour s'en protéger.
Le jour de
la signature, l'acheteur était certain d'avoir
fait une bonne affaire : 65 mètres carrés
pour 380 000 euros près
du canal Saint-Martin, à Paris,
on ne trouve pas ça tous les jours. C'est ensuite
que les choses se sont gâtées. Lorsqu'il
a appris que l'ancien syndic avait creusé
un trou de 17 000 euros dans la caisse
de l'immeuble. Et qu'il allait devoir,
comme ses nouveaux voisins, le renflouer
avec ses deniers. Résultat : 80 euros de charges mensuelles
supplémentaires jusqu'en 2012. Et une dent à vie contre les gérants d'immeubles.
On n'en aura donc
jamais fini avec ces histoires de syndic ! Voilà des années
que cette profession met les locataires et les propriétaires aux cent coups avec des pratiques
contestables. Et des années que les pouvoirs
publics nous promettent de la remettre au pas. A les en
croire,
le prochain arrêté ministériel, qui
sera publié en avril prochain, devrait régler l’affaire une
fois pour toutes. Ce texte est en effet censé rendre impossible
toute surfacturation. « Cet
arrêté qui ne reprend pas les demandes des associations, risque
de ne pas avoir l’effet attendu », s’agace Emile
HAGÉGE, de l’ARC, la principale association des copropriétaires.
De fait, notre enquête le confirme, certains gérants d’immeubles ont toujours plus d'un tour dans leur sac. Honoraires
de gestion encaissés deux fois, commissions occultes, travaux surfacturés, sans
parler des créations discrètes de filiales de prestation de
services... ils s'y entendent pour faire payer les propriétaires et les locataires. Les conseils que vous trouverez dans ce dossier devraient vous permettre de vous
prémunir contre tous leurs abus.
Mais les syndics
sont loin d'être les seuls à faire du gras dans les immeubles. Depuis que les pouvoirs publics ont imposé
toute une série de contrôles et de réglementations,
une kyrielle de professionnels profitent aussi de la situation.
À commencer par
les ascensoristes. Les nouvelles normes de sécurité devant être en partie appliquées avant la fin de
l'année, beaucoup de copropriétés signent quasiment les yeux fermés le premier devis présenté. Evitez de tomber dans
cet écueil. Et réfléchissez à « deux
fois avant de vous embarquer avec un des poids lourds du secteur, OTIS,
KONÉ, SCHINDLER et THYSSEN, qui ont tendance à siliconer les
tarifs plus que de raison ».
II.
« Les contrats des syndics sont toujours aussi opaques
1. De nombreux gérants d'immeubles profitent de la complexité
des contrats pour
faire payer beaucoup plus qu'il ne convient les copropriétaires et les locataires. Guide complet pour limiter les abus.
Pas moins de onze assistantes
pour placer les chaises, six autres pour tenir
le registre de
présence et trois de plus
pour retranscrire les débats... Le
Cabinet Deslandes n'avait pas lésiné sur les moyens pour sa dernière assemblée en tant que syndic du Grand Pavois, une résidence du XVe arrondissement
de Paris. Trois ans après,
alors que la justice a été saisie, les copropriétaires
attendent toujours le remboursement
des 6 452 euros
de surfacturation que cette mise en scène leur a coûté...
Incorrigibles syndics ! Malgré les pressions exercées par les pouvoirs publics depuis dix ans et les mises en garde répétées des fédérations, Fnaim et Unis
en tête, il semble que ce genre d'abus soit encore fréquent.
Nous avons examiné à la loupe les comptes
de nombreux gérants d'immeubles, indépendants
ou intégrés à de grandes structures comme Foncia (1,1 million de biens
sous mandats), Lamy (850 000 lots) ou Urbania (451 000 lots). Rien n'y fait, la plupart d'entre eux continuent de gérer leur boutique à leur manière, quitte
à franchir la ligne
jaune. Des travaux surfacturés
à la trésorerie de l'immeuble travaillant pour leur
compte, revue de détail des dérapages les plus flagrants et nos conseils
pur les faire cesser.
2. Gestion courante Veillez à ce qu'aucun service de base ne soit facturé en sus du forfait
Entre 120 et 150 euros : c'est, en moyenne, ce que vous prend chaque année le syndic au titre de la gestion courante
de votre appartement.
Un tarif forfaitaire acceptable, direz-vous. Mais attention, il y a souvent un loup ! Car beaucoup de ces gérants ont pris
la fâcheuse habitude d'exclure certaines prestations
de base de leur forfait pour vous les refacturer en douce.
C'est ainsi que le cabinet parisien
BENARD DUMESNIL (groupe DUMESNIL), se fait payer 25 euros
l’heure de location d’une salle de réunion, tandis qu’au Havre
l’agence POULET vient d’encaisser 1 296 euros pour avoir transmis
les comptes à son successeur.
D'autres se permettent de prélever quelques dizaines
d'euros par mois pour la tenue du carnet d'entretien des parties communes ou la gestion
des horaires du gardien. L'addition de ces frais annexes finit
par coûter cher. « Le prix de départ augmente souvent de moitié
», calcule Emile Hagège,
de l'Arc, la plus grosses
associations de défense
des propriétaires.
En négociant
ferme, il y a pourtant moyen de mettre un terme
à ces excès. Dans la banlieue
de Lyon, le cabinet Lamy a ainsi été
contraint de réintégrer
au forfait les 1 850 euros de frais
annuels de courriers, jusqu'ici
répartis sur les 185 habitants
de l'immeuble. Il faut dire que le Gouvernement a enfin décidé
de s'attaquer au problème. Avant
avril prochain, un arrêté ministériel reprendra à son
compte une liste de 44 tâches qui, selon le Conseil National de la Consommation (CNC), doivent faire partie de la gestion
courante. Selon le dernier
pointage plus de 85
% des syndics devront refondre
leur contrat afin de s'y conformer.
À condition qu'on n'oublie
pas de le leur rappeler...
3. Trésorerie
Ne laissez pas votre syndic faire fructifier l'argent de la copropriété à son profit
Appel pour
travaux, charges usuelles,
assurances... Près de 6 milliards d'euros traînent en permanence
sur les comptes bancaires des immeubles.
Mais les occupants
en profitent rarement. Dans 90 % des cas, l'argent transite sur le compte du syndic, qui le fait fructifier à son profit. Ce n'est pas rien
: pour une belle étude (plus de 1000
lots gérés), le gain peut excéder
15 000 euros par an.
Pourtant, une
loi votée en 2000 exige
en principe l'ouverture d'un compte séparé au nom de
chaque copropriété. Mais elles peuvent choisir d'y renoncer en
assemblée générale. Les
syndics ne se le sont pas
laissé dire deux fois: pour forcer les copropriétaires à voter cette dispense, ils menacent de facturer la gestion du compte séparé au
prix fort. Soit, par exemple,
145 euros par lot chez Tagerim, un des poids lourds du secteur. Dans la résidence de Sainte-Foy-lès-Lyon, on a préféré le statu
quo.
« Le surcoût
pour avoir notre propre compte
approchait 3 000 euros par an, c'était trop cher payé », rapporte Daniel Lechleiter, le président
du conseil syndical.
Laisser le syndic avoir la main sur le compte de copropriété n'est pourtant pas conseillé. On en connaît
qui, pour gonfler leurs profits,
n'hésitent pas à retarder
au maximum le paiement des
fournisseurs (chauffagistes, jardiniers...), ce qui pousse souvent ces derniers à augmenter leurs tarifs. Autre coup bas assez fréquent:
en cas de trop versé sur
les appels de charges, les résidents ne revoient jamais la couleur de leur argent.
En devenant syndic bénévole de son immeuble de
Gonesse, en région parisienne, Lydie
Petit une des nombreuses adhérentes de
l’ARC a ainsi retrouvé une
ligne de 5 000 euros qui auraient du être remboursés depuis des années.
Attention enfin car si le syndic fait faillite ce
qui arrive, tout l'argent peut disparaître dans la bataille. C’est ainsi
qu’en 2008 les habitants d’un petit immeuble parisien ont dû
faire une croix sur 7 200 euros…
4. Travaux :
Surveillez les appels d'offres et les commissions encaissées pour chaque chantier
Entre le ravalement de façade et le changement
de chaudière, les travaux s'accumulent vite dans une résidence. Pour en minimiser le coût, la règle veut qu'ils soient soumis à un appel d'offres. Problème : l'entreprise la moins
chère est rarement celle
vers laquelle le syndic a intérêt à vous orienter.
Et pour cause, il est rémunéré au pourcentage du montant
facturé. Sa commission
varie en général entre
1 et 2 %, mais peut grimper à 6 ou 7 %.
Prenez Ataraxia,
un syndic du groupe Crédit Mutuel : il capte 2 % pour le suivi
administratif du chantier, puis 4 à 5% au titre du contrôle technique. Pas
étonnant que les prestataires ne soient pas toujours soumis
à rude concurrence. Jean-Louis Flamant, copropriétaire lillois, peut en témoigner : alors que son syndic avait chiffré la réfection du toit à 90 000 euros, il a déniché une offre 60 % moins élevée.
Pour limiter ces dérives, il n'y a pas de secret : il faut au moins prendre la peine d'éplucher les gros devis. On peut
aussi rappeler à son syndic la loi de 2009, initiée par
Christine Boutin, alors
ministre du Logement, qui lui
interdit de fixer par contrat ses honoraires de travaux. « Ils doivent
faire l'objet d'un vote à chaque
chantier
».
5. Prestataires
Vérifiez
que votre administrateur
n'engage pas en douce une
de ses filiales
Renégocier les contrats de services (jardinage, assurance...),
ça peut rapporter gros à une copropriété. Mais
il faut souvent se prendre
en main, car les syndics rechignent
à le faire. La mode est
plutôt à la création de filiales, qu'ils
tentent ensuite d'imposer.
Comme pour
Foncia
avec ses diagnostics immobiliers
ou Loiselet & Daigremont et son service de télésurveillance... On peut pourtant douter de la compétitivité des prestataires en question. Les occupants d'un immeuble du Val-d'Oise
ont ainsi longtemps cru
que l'assureur (Assurimo) choisi par leur syndic (Foncia) était bon marché.
« Le prix au mètre carré était bas, se souvient l'un d'eux, mais la surface était surévaluée
de 30 % !»
Simple coïncidence
? Possible, mais mieux
vaut être vigilant
si votre syndic se pique de résilier
un contrat en cours, prétextant
avoir mieux sous la main. Un
décret de 1967 l'oblige normalement à obtenir l'accord de l'assemblée avant d'engager une de ses filiales. Mais, aucune sanction n'étant prévue en cas d'infraction, pourquoi se gêner ?
6. Mauvais
payeurs Refusez l'imputation des frais de gestion des dossiers sur la copropriété
Selon l'Agence
d'information sur le logement
(Anil), près de 20 % des immeubles ont de graves impayés de charges.
Certes, les syndics n'y peuvent rien. Mais beaucoup profitent de la situation. On le reconnaît à l'acharnement qu'ils mettent à multiplier les envois de lettres de relance (12 à 15 euros à chaque fois) et à charger la barque de frais de dossier (150 à 300 euros). Car, en attendant de pouvoir récupérer
ces dépenses auprès des mauvais payeurs, elles sont prélevées
sur la copropriété... et créditées sur le compte du syndic.
« Plusl’immeuble
est endetté, plus cela lui
rapporte », soupire Emmanuelle Lefèvre,
avocate en droit immobilier. Cette combine est néanmoins illégale. Selon la loi du 13 juillet 2006, ne sont imputables au débiteur que les dépenses engagées après l'envoi de la première lettre recommandée. Ce qui exclut les lettres de relance et autres
frais de dossier, que finira
donc par supporter
la copropriété. L’une d'elle vient
ainsi d'être condamnée à rembourser
2 876 euros de frais prélevés à tort
7. Mandat non
renouvelé Exigez l'accès aux archives dans un délai
de moins de 30 jours
Se débarrasser
d'un mauvais syndic n'est pas une partie de plaisir. Coup classique : à l'heure du départ, il renâcle à vous livrer
ses archives (le délai maximum
est d'un mois) ou en fait disparaître
une partie. À croire qu'il
y aurait des choses pas nettes...
Loiselet
& Daigremont a déjà
été condamné à 35 000 euros
d'amende pour avoir dissimulé
une dizaine de cartons. Le cabinet Laverdet, à Vitry (94), fâché d'être congédié, s'est lui octroyé près de 8 000 euros d'honoraires indus. Le syndicat a dû aller
au tribunal pour se faire
rembourser (mais le syndic a fait appel). C'est souvent
le seul moyen pour obtenir gain de cause.
Julien BOUYSSOU ».
« Les frais d’entretien
des ascenseurs deviennent abusifs
1. La loi
impose de faire rapidement de gros travaux de mise aux normes.
Du coup, les ascensoristes croulent sous les demandes et les
prix flambent. Heureusement, il y a des moyens pour adoucir
la note.
Si vous êtes copropriétaire d'une résidence avec ascenseur, peut-être avez-vous déjà été
mis à contribution. Dans
le cas contraire, cela ne
devrait pas tarder : la loi de 2003
sur la sécurité des installations prévoit la remise
aux normes des 470 000 élévateurs recensés en France. Des travaux obligatoires, dont la première tranche
doit être achevée fin 2010, la deuxième en 2013, la dernière
en 2021.
Le tout coûtera
beaucoup plus cher que prévu
: estimée à 3,2 milliards
d'euros, la facture globale s'élèvera plutôt à 6 ou
8 milliards ! Soit une dépense par machine de 20 000 euros,
que devront se répartir sans broncher les propriétaires.
Il y aurait pourtant beaucoup à redire. En 2006,
la Commission européenne avait déjà condamné les quatre géants du secteur (Otis, Koné, Schindler et Thyssen) à 992 millions d'euros d'amendes pour entente sur les prix. Comme
le montre notre enquête,
il n'est pas sûr que les pratiques
se soient améliorées. Des devis fantaisistes aux contrats
d'entretien surfacturés, petit tour d'horizon des abus
les plus préjudiciables.
2. Devis Comparez les offres des géants
du secteur avec celles de PME
indépendantes
À Suresnes, aux portes de Paris, cet habitant d'un
immeuble de la rue du Val-d'Or en fait encore des cauchemars. Pour
choisir en connaissance de cause entre les devis présentés
par Otis et Koné, chiffrés respectivement à 41 000 et 43 000 euros, il a eu l'idée de
demander l'avis d'un expert
du coin. Verdict : les deux étaient surévalués d'au moins
20 000 euros.
C'est souvent
comme ça quand on se contente
des offres des grandes entreprises du secteur.
À eux seuls, l'américain
Otis
(le numéro 1 en France,
avec 160 000 ascenseurs sous gestion), le Finlandais
Koné, le Suisse Schindler et l'Allemand Thyssen
accaparent 90 % du marché.
Comment ne pas se faire rouler dans la farine
? En théorie, il suffit de demander leurs tarifs à des entreprises moins connues, et de comparer. Sauf que les gros ascensoristes, pour brouiller les pistes,
ont multiplié les rachats
au cours de ces dernières années, chaque structure opérant ensuite sous son propre nom. C'est à s'y perdre. Koné contrôle
désormais une dizaine d'enseignes : Hydromatic,
Soulier, Stigler, Evin, ARA
Lyon, Prokodis, Germa...
Dans le giron de Schindler,
on trouve ABH,
Amonter, Ciem, Dutreix, Peignein, Sacamas, Somatem, Technilift... Et Thyssen regroupe les sous-marques CG2A, Drieux Combaluzier et Soretex.
En
comparaison, Otis
fait preuve de sobriété : la plupart de ses filiales, à l'image de TTA, sont réunies sous le sigle NSA. Ces myriades
de sociétés ont toutefois un point commun: elles appliquent
à la lettre les méthodes
commerciales de leur maison mère. Leurs devis sont donc souvent
salés.
Si vous n'avez pas le temps de régler ces problèmes, n'hésitez pas à passer par
un organisme spécialisé, comme l'Association des responsables de copropriété
(unarc.asso.fr), qui vous orientera vers un expert indépendant ou une
PME compétente de votre région. La résidence Le Parc, à Meudon (Hauts-de-Seine),
une des plus grosses de France, a ainsi choisi Irea pour s'occuper
de ses 95 ascenseurs. Et nul ne s'en plaint.
3. Travaux obligatoires Veillez à ce qu'on ne vous rajoute pas des interventions
inutiles
La loi est formelle : les travaux de mise aux normes
sont basés sur dix-sept points de contrôle, pas un de plus. Mais un certain nombre d'ascensoristes, y compris les PME
locales, ne se gênent pas
pour charger la barque
.
Quand on n'y connaît rien, il faut avouer qu'il
n'est pas simple de s'y repérer : allez savoir si le variateur de fréquence ou le parachute de cabine
font partie non de la liste des opérations obligatoires... Dans un immeuble de la rue de Dantzig
(adhérent à l’ARC), à Paris, koné avait présenté une facture de 113 000 euro de travaux de sécurité, sans donner trop de détails. Pas de chance, la règle voulant
que la société sous contrat d’entretien soit mise en concurrence,
l'offre du petit concurrent Alta
a ensuite été examinée. Certains
copropriétaires n'en sont toujours pas revenus
: y figurait le nombre d'interventions impératives, qui
se limitaient à la pose d'un marchepied et au remplacement du limitateur de vitesse...
Coût total
: 4 400 euros, soit une économie de près de 109
000 euros par rapport à la première proposition. « Cette histoire est anormale, car notre charte exige des devis détaillés », s'agace Jean-Luc Detavernier, Délégué général de la Fédération
des ascenseurs.
Certes, mais il n’empêche que ces pratiques sont courantes
et qu’il faut donc rester vigilant.
Pourtant, exiger un devis précis ne suffit pas.
Il faut prendre la peine de vérifier que les travaux préconisés sont tous obligatoires (un document mis en ligne sur
notre site Capital.fr
vous y aidera). Surtout si votre syndic vous inspire
moyennement confiance. Voici un ordre d'idée : si
votre ascenseur a moins de dix ans, la facture grimpera rarement
au-delà de 3 500 euros.
« Il manquera
peut-être la barrière de
cellule et le garde-pied qui évite de chuter sous la cabine,
c’est tout », analyse Emile TRAHA, un ancien ascensoriste
devenu conseiller bénévole à
l’Association des responsables de Copropriété (ARC).
Pièces détachées. Exigez du matériel
standard, réparable par n’importe quel prestataire.
La manœuvre est courante, notamment chez
les gros ascensoristes. Elle
consiste à vendre
au client des équipements maison sophistiqués, alors que des pièces universelles
de qualité existent
chez des fabricants généralistes
comme Sodimas, Autinor ou Octé.
La plupart des copropriétés n’y voient que du feu, mais le montant de la facture s'en ressent.
Prenez le cas des portes palières : les premiers prix démarrent à 40 euros, mais ils peuvent grimper jusqu'à 700 euros pour un produit un peu mieux usiné, voire à plus de 1100 euros avec un système de fermeture ultra
perfectionné, totalement superflu si l'on n'habite
pas dans un palace...
Avec le matériel
informatique (vidéosurveillance,
armoires de commandes,
alarme...), le stratagème est encore plus pernicieux.
L'ascensoriste étant souvent
le seul à savoir l'utiliser ou le réparer, il vous sera
difficile de le congédier, même si vous trouvez un concurrent meilleur marché. Ou alors il faudra
de nouveau sortir le carnet de chèques. Un copropriétaire se souvient de la rançon exorbitante que son immeuble
avait dû payer pour que le
repreneur puisse se servir des boîtiers électroniques
posés par son prédécesseur : « Plus
de 4 000 euros, alors qu'ils
nous avaient été vendus 500
euros !».
Eviter ce genre de mésaventure est pourtant simple : il faut
notifier dans le contrat l'interdiction faite à l'ascensoriste d'utiliser des pièces détachées de sa fabrication. À son départ (forcé ou choisi), s'il a passé outre ces exigences, vous pourrez vous prévaloir de cette clause pour qu'il réinstalle
un matériel standard.
4. Maintenance : faites jouer la concurrence et
réclamez un compte rendu écrit des visites
La crise de
l'immobilier neuf n'a pas
arrangé les affaires de la profession.
À peine 12 000 nouveaux élévateurs ont été placés en 2008, et
ce chiffre devrait encore reculer d'ici la fin de l'année. Seule solution pour se rattraper : gonfler discrètement les factures d'entretien, activité
qui représente parfois 50 % des profits de l'ascensoriste. Certains ont un peu trop forcé la dose. Comme
Schindler, dont le coût de maintenance annuel d'un petit immeuble
lyonnais a fini par excéder 2 500 euros. «
Nous
l'avons quitté pour Acaf,
une PME locale qui prend
650 euros de moins », témoigne Yves Delattre,
un des copropriétaires qui a su faire
jouer la concurrence.
Si, au moins,
les visites d'entretien
étaient irréprochables.
Mais c'est loin d'être toujours
le cas. La loi imposant une inspection
toutes les six semaines, les techniciens sont souvent amenés à voir 20 ou 25 machines par jour, en coup de vent. Réglage des freins, graissage des poulies,
calage de la cabine, il
y a pourtant un sacré boulot
à faire si l'on ne veut pas transiger sur la sécurité.
« On doit passer trente minutes par
engin», précise Michel Misandeau expert de l’ARC. Vérifier le travail effectué en examinant le carnet d'entretien (il est obligatoire) ne sera donc pas inutile. Mais il faudra parfois exiger
qu'on vous laisse une trace écrite de ce document. Car la mode est au registre à distance, qui permet aux points de contrôle d'être bipés électroniquement de la cabine. Pratique pour
l'ascensoriste, mais pas
rassurant pour les copropriétaires.
Caroline RACAPÉ ».