La
semaine dernière l’ARC faisait paraître dans la rubrique actualité
un article
vous informant de l’adoption par le Parlement les 23 et 25 février
2010 de la loi sur le détecteur de fumées dans les logements.
Nous
vous indiquions également que cette loi devait être suivie d’un
décret d’application (en Conseil d’État), précisant les modalités
techniques des détecteurs, les conditions de leur installation,
de leur entretien et fonctionnement.
Cette
loi prévoit l’obligation pour les occupants
de logements - propriétaire
ou locataire - d’y installer à leurs frais un détecteur de fumées normalisé (anciennement désigné DAAF), dans un
délai de cinq ans,
à compter de sa publication au Journal Officiel, soit à l’horizon
2015.
Dans
notre encart du 3 mars 2010, nous évoquions de plus l’ambiguïté
de l’article 2 de cette loi imposant le détecteur
de fumées dans les habitations (parties privatives), cette
disposition soulignant que son décret d’application fixerait :
« également
les mesures de sécurité à mettre en œuvre par les propriétaires
dans les parties communes des immeubles pour prévenir le risque
d’incendie.» (art. 2)
Consciente
de l’existence de certaines dérives des syndics ou des entreprises
de protection contre les incendies, ainsi que des risques accrus
pour les copropriétés en raison notamment de la rédaction imprécise
de l’article précité, l’ARC sollicitait immédiatement du Ministre du logement la constitution d’une Commission chargée de superviser la mise en œuvre de cette loi et
de lutter contre les pratiques abusives de professionnels relevées
ou à venir.
Conformément
à notre engagement, nous vous communiquons la lettre adressée
en ce sens par le Président de l’ARC au Ministre du logement,
Monsieur Benoist APPARU :
« Ministère
du
Logement
Monsieur Benoist APPARU
Hôtel de Castries
72, rue de Varenne
75007 Paris
Paris, le 3 Mars 2010
Objet : Décret
d'application de la loi sur les détecteurs de fumée.
Demande de constitution
d'une Commission d'élaboration
et demande de participation à celle ci.
Monsieur le Ministre,
Comme vous le savez nous
sommes depuis plusieurs années
des partisans convaincus du «détecteur
de fumée», instrument de maîtrise des conséquences
dramatiques liées aux incendies d'origine domestique et vecteur
d'une sensibilisation des occupants. C'est la raison pour laquelle
nous sommes de ceux qui nous réjouissons du vote de la loi sur
les « détecteurs de fumée ».
Notre association a,
d'ailleurs, depuis de nombreux mois mené plusieurs actions d'envergure auprès de ses adhérents, ceci
sans attendre le vote de la loi.
Néanmoins, comme vous le savez,
le « marché de la
sécurité incendie » aiguise des appétits et stimule
l'imagination de certains professionnels indélicats. Il est
donc important de faire en sorte que cette loi n'ouvre pas la
porte à des abus de toute nature, du type de ceux que notre
association relève chaque jour :
-
informations erronées concernant les véritables
obligations ;
-
abus sur les prix ;
- contrats d'entretien inutiles ou excessifs
;
- matériels inadaptés et surfacturé.
Nous avons, à cet égard, été surpris de constater
que alors que - la loi concerne la pose de détecteurs de
fumée sur les parties privatives - celle-ci renvoie à un
futur décret qui devra aussi traiter du problème des parties
communes.
Or nous le savons, depuis
des années
les professionnels de la sécurité incendie font tout pour obtenir
l'alourdissement des obligations concernant les équipements
sur parties communes de façon à se constituer un marché captif.
D'où la nécessité d'une grande vigilance à cet égard.
C'est pourquoi nous nous
permettons de vous demander instamment, en tant que principale
association de conseils syndicaux et de syndics bénévoles de copropriété, à pouvoir participer aux travaux de
la Commission
que - nous l'espérons - vous allez constituer pour préparer
ce décret, ceci de façon à pouvoir défendre les véritables
intérêts des copropriétaires, étant entendu que notre engagement
sur ces questions est - comme rappelé plus haut - total, ancien
mais également LUCIDE et équilibré.
Vous remerciant de la suite donnée à ce courrier, je vous prie
de croire, Monsieur le Ministre, en l'assurance de ma haute
considération.
Fernand CHAMPAVIER
Président de l’ARC ».