Vendredi
19 mars dernier, veille des élections, Hervé Novelli, secrétaire
d’état chargé du commerce et de la consommation, a signé
l’arrêté concernant les contrats de syndic.
Cet arrêté
est paru au journal officiel le 21 mars suivant. Ses dispositions
seront applicables à tous les nouveaux contrats signés à
compter du 1er juillet 2010.
Arrêté
du 19 mars 2010
modifiant l’arrêté du 2 décembre 1986 relatif aux mesures
de publicité des prix applicables dans certains secteurs
professionnels (texte officiel)
Nous consacrons
un texte entier à l’analyse de cet arrêté
( L’arrêté
Novelli pas à pas ( abus 2247 ) et Les
syndics : « Cet arrêté ne nous gêne pas»
( abus 2248 )
Avant de
vous plonger dans notre analyse, prenez connaissance ci-dessous
de notre première réaction :
NOTRE REACTION :
UN ARRETE EN TROMPE L’ŒIL
Il
y a cinq mois, nous faisions connaître notre satisfaction
quand M.Novelli annonça, convaincu par nos arguments, qu’il
allait signer un arrêté relatif aux contrats de syndics.
Hélas,
cinq mois plus tard, nous déchantons. L’intérêt des copropriétaires
n’a pas été pris en considération.
L’arrêté
publié, contre l’avis d’une majorité des associations qui
avaient été consultées, s’apparente à un véritable cadeau
fait aux syndics.
La FNAIM ne cache d’ailleurs pas sa satisfaction suite à cette
publication et l’UNIS fait part de son soulagement en annonçant :
« Cet arrêté ne gênera d’aucune manière
les syndics de copropriété membres de l’Unis »
Exagérons-nous ? Qu’on en juge :
- Tout d’abord, l’arrêté donne gain de cause aux syndics sur les divers points
qui étaient restés litigieux suite à l’avis du CNC du
27 septembre 2007.
Dorénavant,
les syndics pourront :
-
facturer
en plus, les assemblées générales annuelles tenues hors
heures ouvrables. Il n’est guère besoin de rappeler que
la quasi-totalité des assemblées générales se tiennent après
18h…
-
facturer
en plus, la gestion d’une partie des archives. L’arrêté
introduit une nouvelle notion, celle d’archives utiles !!!... ???
Bien évidemment, le texte ne définit en aucune façon cette
notion. Comme on dit, pourquoi faire simple quand …
-
continuer
à facturer les photocopies au tarif qu’ils veulent, souvent
hors de prix.
- Par ailleurs, et cela est très préoccupant, cet arrêté ne donne aucune définition,
ni de ce que recouvre la notion de « tâche de gestion courante », ni de ce que recouvre
la notion de « tâche
particulière ».
En
conséquence, les syndics pourront, à leur aise, continuer
à facturer en supplément des tâches pourtant prévisibles
et multiplieront les honoraires « particuliers ». Ex. :
gestion des urgences en journée, simple remise des dossiers
à l’huissier ou à l’avocat.
- Enfin, et encore
plus grave : l’ARC était intervenue pour que
l’arrêté prohibe les nombreux et coûteux forfaits supplémentaires,
souvent arbitraires, qui pleuvent depuis deux ans sur
les syndicats de copropriété. Ex. : forfaits administratifs,
forfait internet, forfaits « urgence »….
Or, là encore, l’arrêté reste muet.
Conclusion :
-
un texte minimaliste et très incomplet,
-
un texte qui laissera libres les syndics de continuer
à pratiquer des honoraires et frais « supplémentaires »
abusifs, arbitraires, incontrôlables.
Comme
on le voit : un
arrêté dont les copropriétaires, que nous défendons, se
seraient passés.
Dernier point : Hervé Novelli renvoie à la commission des clauses
abusives l’examen des abus en matière de gestion particulière.
Le secrétaire d’état subodore donc, déjà, des abus !!!...
Enfin,
comme chacun sait, il est beaucoup plus difficile de faire
respecter un avis de la commission des clauses abusives
qu’un texte réglementaire.
On
le voit donc, les
abus tarifaires de nos syndics ont de beaux jours devant
eux.