Tout
le monde le sait aujourd’hui : les délais de mise en
conformité des ascenseurs ne pourront PAS être tenus. Pourquoi ?
Essentiellement
parce que les professionnels (ascensoristes mais aussi bureaux
d’études et syndics) ont eu, comme on dit, les « yeux
plus gros que le ventre ».
Ø
En
effet, au lieu d’utiliser les délais négociés par l’ARC
et qui permettaient d’étaler les travaux en trois tranches
sur quinze ans (2003 - 2008 ; 2008 - 2013 ; 2013
- 2018) les professionnels ont tout fait pour forcer les
copropriétés à casser leurs tirelires et faire les travaux
en une fois, ceci non pas dans l’intérêt des copropriétés
mais uniquement dans leur propre intérêt (relisez notre
article : « Travaux d’ascenseur ;
étalons-les »).
Ø
Pire :
au lieu de se contenter de faire faire les travaux obligatoires,
ils ont inventé des travaux « non-obligatoires »
(voir le récit de notre président de conseil syndical adhérent
qui révèle que les serrures de son ascenseur étaient, en
fait, parfaitement conformes abus numéro 990).
Ø
Conséquence :
nos « gourmands »
sont incapables de faire face aux travaux, ce qui entraîne
trois effets :
a)
la
concurrence n’existe plus ;
b)
les
devis présentés aujourd’hui sont « hors
de prix » ;
c)
même
si les copropriétés passent commande de travaux aujourd’hui,
il y a de fortes chances que ceux-ci ne soient pas faits
dans les délais, en raison de « bouchons » créés par les ascensoristes
eux-mêmes.
C’est
la raison pour laquelle l’ARC a commencé à tirer la sonnette
d’alarme et alerter le Ministre du Logement – Jean-Louis
BORLOO – de la nécessité qu’il y aurait à laisser entendre
très rapidement que les délais seraient rallongés, ce qui
aura pour effet :
a)
de
rétablir un peu de concurrence ;
b)
de
faire baisser les prix ;
c)
d’empêcher
que la moitié des copropriétés de France ne soient « hors la loi » pour
pas grand-chose…
Ministère de
l’Emploi, du Travail
et de la cohésion
sociale
Monsieur Jean
Louis BORLOO
Ministre d’Etat
127, rue de Grenelle
75007 PARIS
Paris, le 6 Avril 2007 |
Voici notre lettre au ministre :
Objet : mise
en conformité des ascenseurs.
Monsieur le Ministre,
Vos services ont commandé il y a maintenant
neuf mois une étude concernant l’application de l’article
79 de la loi du 2 juillet 2003 - dite loi DE ROBIEN - concernant
la mise en conformité des ascenseurs avec 17 exigences de
sécurité.
Notre association a d’ailleurs été auditionnée
par le bureau d’études qui en avait la charge.
Or, cette étude dont les résultats sont
très attendus n’est toujours pas diffusée, ce qui empêche
de savoir quel est l’état d’avancement de la mise en oeuvre
des obligations réglementaires et plus particulièrement
de savoir si les travaux qui sont obligatoires AVANT le
2 juillet 2008 pourront être achevés à cette date.
En ce qui nous concerne, nous souhaitons
vous faire part des constats suivants :
a)
Aujourd’hui
nous nous apercevons que les ascensoristes sont dans l’incapacité
de répondre à la demande des copropriétés ; ils sont
d’ailleurs pour une partie responsables eux-mêmes de la
situation d’engagement, puisqu’ils ont TOUT FAIT pour contourner
la progressivité 2003-2008 / 2008-2013 / 2013-2018, prévue
par les textes et destiné à rendre possible, en pratique,
la mise en conformité.
b) Pire :
profitant du « bouchon » qu’ils ont eux-mêmes
suscité, ils se permettent d’adresser des propositions de
prix sans fondement avec la réalité sachant que les copropriétaires
sont désormais obligés d’accepter n’importe quelle condition
pour respecter les délais.
Nous sommes donc dans une situation doublement
intolérable :
a)
les ascensoristes
ne PEUVENT faire tous les travaux ;
b) ils profitent
abusivement de la situation pour proposer des prix exorbitants.
La conséquence sera non seulement que
le prix des travaux va continuer d’augmenter mais que, de
toutes façons, les copropriétés ne seront pas prêtes à temps.
Il est donc urgent, Monsieur le Ministre,
que vous puissiez admettre, avec vos services, cet état
de fait et que vous adressiez rapidement un signal à tous
annonçant le report des délais actuels.
Ce report - en terme de sécurité - n’aurait
aucune incidence puisque chacun a pu se rendre compte que
les problèmes avaient été exagérés et dramatisé à dessein
par les professionnels.
Par ailleurs il est certain que les ascenseurs
présentant le maximum de risques, ont ou seront traités,
personne ne souhaitant prendre de vrais risques.
Par contre ce report permettrait :
a)
de desserrer
l’étau commercial autour des copropriétés ;
b) de permettre
à des centaines de milliers de copropriétaires de ne pas
être « hors la loi » pour des obligations contestables
(est-il vraiment indispensable que TOUS les ascenseurs des
centres-villes qui disposent d’une gaine grillagée avec
des mailles un peu grosses soient traités avant le 2 juillet
2008, alors même que cela est impossible et que les risques
sont nuls ?) ;
c)
ceci ne changera
de toutes façons pas le fait que de nombreuses copropriétés
ne pourront pas être en « conformité », du fait
des ascensoristes eux-mêmes, comme exposer plus haut.
Nous sommes à votre disposition pour une
rencontre qui vous permettrait de mieux apprécier notre
position et vous remerciant de l’attention portée à ce courrier,
vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance
de notre haute considération.
Fernand
CHAMPAVIER
Le Président ».