I-
Un syndic, ça se trompe
Voici
une histoire somme toute banale : un syndic (un des
plus gros de France, cependant) affirme dans son journal
d’information adressé à tous ses clients que le « diagnostic
termites » sur parties communes est obligatoire
(quand il y a un arrêté préfectoral) et « conseillé »
(on ne sait pas par qui) quand il n’y a pas d’arrêté.
Jusque
là, rien d’extraordinaire : tous les jours nous entendons
des fables de cette sorte et tous les jours nous et nos
adhérents devons faire la « leçon » à nos syndics.
II-
Un syndic, ça trompe
Relevant
cette grossière erreur, notre président prend sa plus belle
plume et la trempe dans son encre la plus civile pour demander
au responsable du groupe ICADE :
a)
de bien vouloir rectifier son information ;
b)
de bien vouloir prendre en charge les conséquences financières
de son erreur.
Quoi
de plus normal.
Or,
bien que notre président ait envoyé sa lettre en lettre
recommandé avec accusé réception, il y a maintenant vingt
jours, ICADE observe un silence bien désolant, bien suspect
aussi : car l’erreur est humaine, comme chacun sait ;
mais refuser de le reconnaître ne l’est pas (humain). On
passe, en effet, très vite de l’erreur involontaire à la
tromperie.
III-
La lettre du Président CHAMPAVIER
Voici
la lettre de notre président :
« Cabinet ICADE
Monsieur BARTHE - Directeur
20, rue Treilhard
75415 PARIS CEDEX 08
Paris, le 14 Mars 2007
Lettre
recommandée avec accusé de réception.
Monsieur le Directeur,
Dans votre bulletin « Actualités
et Perspectives » de janvier 2007 diffusé à tous vos
clients, nous lisons cette contre-vérité très regrettable
et très préjudiciable aux copropriétés :
« Diagnostics obligatoires :
États parasitaires termites.
Obligatoire pour les copropriétés.
Un état parasitaire doit être effectué
pour les parties privatives et communes
en cas de vente ».
Vous rajoutez même une fois encore en
note :
« Obligatoire dans les zones classées
à risques et conseillé ( ?! par qui ?) dans les
autres départements ».
Or, vous
ne pouvez ignorer que l’ordonnance du 8 juin 2005 a tranché définitivement
le problème et que les états mentionnés ne sont PAS obligatoires
sur parties communes.
Mieux : un
arrêt de la
Cour de Cassation concernant une affaire
antérieure à l’ordonnance du 8 juin 2005
ayant pu semer le trouble, une réponse ministérielle
publiée au Journal Officiel le 3 octobre 2006 est venue
lever tout doute à ce sujet.
Question.
« Monsieur Christian JEANJEAN attire
l’attention de Monsieur le ministre des transports, de l’équipement,
du tourisme et de la mer sur le repérage des termites en
copropriété.
Un arrêt récent de la Cour de cassation (4 janvier
2006) laisse entendre que la recherche de présence de termites
sur parties communes serait obligatoire en cas de vente
d’un lot situé dans un périmètre défini par arrêté préfectoral
et que le syndic pourrait ne pas avoir à obtenir l’autorisation
des copropriétaires pour procéder à cette recherche. Cet
arrêt concernant une affaire antérieure à l’ordonnance n°
2005-655 du 8 juin 2005, il lui demande de bien vouloir
lui préciser si ‘l’ordonnance précitée ne modifie pas la
situation juridique – Question transmise à Monsieur le ministre
de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement ».
Réponse.
« L’article 8 de la loi n° 99-471
du 87 juin 1999 tendant à protéger les acquéreurs et propriétaires
d’immeubles contre les termites et autres insectes xylophages
a prévu qu’en cas de vente d’un immeuble bâti situé dans
une zone délimitée par arrêté préfectoral, la clause d’exonération
de garantie pour vice caché ne peut être stipulée qu’à la
condition qu’un état parasitaire du bâtiment soit annexé
à l’acte authentique constant la réalisation de la vente.
Les textes réglementaires pris en application de ladite
loi, n’ont pas précisé le champ d’application. Seule la
circulaire n° 2001-21 du 23 mars 2001 relative à la protection
des acquéreurs et propriétaires d’immeubles contre les termites,
précisait que dans un immeuble soumis au statut de la copropriété,
l’état parasitaire devait concerner les parties privatives
faisant l’objet de la vente. Le dernier alinéa de l’article
L. 271-4 du code de la construction et de l »habitation
créé par l’ordonnance n° 2005-655 du 8 juin 2005 relative
au logement et à la construction, prévoit que, lorsque les
locaux faisant l’objet de la vente sont situés dans une
copropriété, l’état
relatif à la présence de termites dans le bâtiment porte
exclusivement sur la partie privative du lot. Cette précision
revêt désormais un caractère légal ». Journal
Officiel 3-10-2006 page 10354.
En conséquence :
1-
Nous vous demandons
d’apporter par tous moyens un démenti à votre information
erronée.
2-
Nous vous demandons
de prendre en charge TOUS les frais d’états parasitaires
sur parties communes qui auraient été acceptés par les assemblées
générales ou commandés par vous sur la base de cette information
de nature à vicier le consentement des copropriétaires.
Nous vous demandons, par ailleurs, de
bien vouloir accuser réception de la présente.
Vous remerciant de bien vouloir sans attendre
corriger votre erreur et prendre en charge les conséquences
financières de celle-ci, nous vous prions de recevoir, Monsieur
le Directeur, l’assurance de nos salutations distinguées.
Fernand CHAMPAVIER
Le Président.
P.J : photocopie
de votre bulletin »
IV-
La suite
Comme
nous l’avons dit, ICADE n’a pas encore répondu.
La
suite ce sera donc ceci :
-
soit
ICADE accepte d’admettre ses erreurs et de les corriger,
soit nous allons être contraint de lancer une campagne sur
cette affaire ;
-
nous
saisirons non seulement les instances professionnelles mais
aussi les instances administratives en charges de la surveillance
des infractions de ce type et pourquoi pas les instances
judiciaires.
On
vous tient au courant, naturellement.