À
la suite de notre conférence de PRESSE
du 19 février 2008 sur les vrais
problèmes de la sécurité des ascenseurs
( Abus n°1297: 20
02 08/ « Les
techniciens des ascenseurs et l’ARC :
convergences totales ») , de nombreux
médias ont rendu compte de notre action.
L’hebdomadaire
spécialisé en droit immobilier « Juris-Hebdo » y a consacré un long article que nous reproduisons
ci-dessous :
« L’association des Responsables de Copropriété a tenu une conférence de
presse commune avec les syndicats de techniciens
d’ascenseurs CFDT et CGT le 11 mars 2008
pour demander aux pouvoirs publics un « Grenelle
des ascenseurs ».
« L’ARC, la CGT et le CFDT demandent aux
pouvoirs publics la tenue d’une conférence
ou d’un « Grenelle » sur les ascenseurs,
estimant que le report annoncé de la date
de mise en conformité des ascenseurs est
insuffisant pour régler les problèmes.
Le directeur de l’ARC, Bruno Dhont
a commencé par expliquer que ce n’est pas
parce que le parc d’ascenseurs est ancien,
qu’il est vétuste. Un ascenseur étant fait
pour durer 50 ans, il n’est pas vétuste
après 20 ans. L’association réfute les chiffres
qui circulent sur le nombre d’accidents
et qui émanent de la seule Fédération des
Ascenseurs : leur fiabilité n’a été
attestée par aucune étude sérieuse. À quoi
attribuer les trop fréquentes pannes ?
Pour l’ARC, la réponse est claire :
c’est une question d’entretien
qui est mal assuré. Bruno Dhont indique que les « gros ascensoristes
ont décidé que la maintenance préventive
était trop coûteuse ». Ils se sont
désengagés de ce travail pour faire des
économies de personnel et facturer au prix
fort les pièces usées prématurément.
Par ailleurs, la loi a mélangé des questions de sécurité avec des points
de simple confort. L’ARC reconnaît que certaines
mesures sont bienvenues, comme la mise en
place de serrures de portes palières sécurisées,
mais que d’autres relèvent du simple confort.
Exemple : les variateurs de fréquence
pour assurer une précision d’arrêt. A propos
du calendrier des travaux, Bruno Dhont
juge que « le phasage prévu par les
textes reste une illusion » car les
ascensoristes sont « incapables d’assurer
les travaux ». L’ARC s’inquiète également
de la situation des personnes âgées ou handicapées,
certaines étant paniquées à l’idée de devoir
être privées d’ascenseur pendant deux mois.
L’Association demande qu’une partie du produit
de TVA généré par ces travaux soit affectée
à des aides pour ces personnes.
L’ARC déplore par ailleurs que, à la suite de la loi Robien, la notion
de vétusté ait été introduite dans la majorité
des contrats. Par cette clause, au terme
d’un délai de 10, 20 ou 30 ans, le matériel
est automatiquement considéré comme vétuste
et n’est plus remplacé au titre du contrat,
mais en frais supplémentaires.
La Commission des Clauses Abusives a été saisie mais elle refuse de se prononcer sur
ces contrats, estimant qu’elle a émis une
recommandation en 1997. Pourtant, les textes
en vigueur datent de 2004 …
En conséquence, l’ARC demande :
-
de rétablir la maintenance préventive,
notamment en supprimant la notion de vétusté
automatique,
-
d’obliger les ascensoristes à pratiquer
la transparence des prix en matière de mise
en conformité,
-
de rétablir un calendrier « réaliste »
des travaux de mise en conformité,
-
d’aider financièrement les copropriétaires
les plus faibles,
-
que les contrats soient contrôlés
par le DGCCRF et la commission des clauses
abusives.
·
130 ascenseurs par technicien
Robert Pelletier, pour la CGT, estime également que la
notion de vétusté au bout de 20 ans est
« ridicule ». Il évoque aussi
les difficultés de la profession du point
de vue des personnels lors des opérations
de la maintenance, risque pénal en cas d’accident
d’un utilisateur, saleté, rémunération insuffisante
… Il critique aussi la manière dont est
organisé le travail et approuve l’analyse
de l’ARC en ce qu’elle considère que la
maintenance est insuffisante : c’est
le défaut de la maintenance qui provoque
l’usure prématurée des pièces. La CGT est d’accord pour repousser les délais imposés
par les textes. Pour Robert Pelletier,
qui indique incidemment qu’il vaudrait mieux
moins d’experts et plus de techniciens :
« il faut repousser tous les délais
et revoir la hiérarchie de ce qui est imposé ».
Ainsi par exemple, il juge inutile d’imposer
le remplacement des portes palières battantes
par des portes automatiques.
Pour la CFDT,
Sébastien Couderc,
rappelle que les entreprises d’ascenseurs « sont
très rentables », mais que le nombre
d’ascenseurs attribués à un technicien ne
lui permet pas de les surveiller de manière
satisfaisante. S’il y a 20 ans, le taux
était de 60 ascenseurs pour une personne,
un technicien peut aujourd’hui avoir 130
ascenseurs sous sa responsabilité, « il
ne peut donc pas garantir un haut niveau
de sécurité », estime la CFDT. Les syndicalistes évoquent aussi les délais
d’immobilisation des ascenseurs qu’ils jugent
scandaleux.
On attend la réponse des pouvoirs publics à cette demande de « Grenelle
des ascenseurs » …
Oui, nous attendons et espérons avoir
rapidement une réponse du Gouvernement.