Les réactions
de l’ARC au rapport de la Fédération des Ascenseurs sur les travaux de mise
en conformité
Le communiqué qui suit présente cinq parties :
I.
Reprise
des chiffres de la
Fédération des Ascenseurs concernant
les mises en sécurité.
II.
Réflexion
concernant les chiffres fantaisistes avancés par le Secrétaire
d’Etat au Logement depuis un an.
III.
Explications
de l’ARC concernant le retard pris en matière de mise
en conformité.
IV.
Conclusions
opérationnelles que l’on doit tirer des chiffres de la Fédération
des Ascenseurs.
V.
Demandes
de l’ARC.
I. Reprise des chiffres de la Fédération
des Ascenseurs concernant les mises en sécurité
1.
Rappel des obligations
Rappelons
que les ascenseurs doivent être mis en « conformité » (sur dix sept points)
en matière de sécurité avant 2018 (loi du 2 juillet 2003).
Pour
cela la loi et les décrets ont fixé des échéances :
-
une première tranche de
travaux doit être achevée fin 2010 ;
-
une deuxième tranche doit
être achevée en juillet 2013 ;
-
une troisième tranche doit
être achevée en juillet 2018.
La
loi du 25 mars 2009 a permis de repousser
de trois ans les échéances, mais le Secrétaire d’Etat
Benoist APPARU, malgré les demandes pressantes de l’ARC
et des organisations de copropriétaires, n’a toujours
pas modifié les dates d’échéances fixées par décret. Nous
y reviendrons.
2.
Les chiffres concernant la mise en sécurité
La Fédération
des Ascenseurs (FAS) vient de publier deux chiffres. Selon
elle :
a)
pour 25 % des ascenseurs
aucune commande de travaux de mise en conformité n’est
faite à ce jour concernant la première tranche des travaux ;
b)
pour 61 % des ascenseurs
aucune commande de travaux de mise en conformité n’est
faite à ce jour concernant la deuxième tranche.
Ces
chiffres confirment que les copropriétés ne seront JAMAIS
prêtent à échéance, ce que nous disons depuis des mois.
II. Réflexion
concernant les chiffres fantaisistes avancés par le
Secrétaire d’Etat au Logement depuis un an
Voici
des mois que nous dénonçons les chiffres fantaisistes
du Secrétaire d’Etat qui parle d’une mise en conformité
de l’ordre de 94 % à échéance mi-2013 pour la première
et la deuxième tranches et utilise ce chiffre « optimiste » pour refuser
tout report d’échéance.
Les
chiffres de la Fédération
des Ascenseurs sur ce point ont au moins le mérite de
montrer que nous avions raison et qu’un retard important
est aujourd’hui avéré.
III. Explications de l’ARC concernant le
retard pris en matière de mise en conformité
Les
ascensoristes expliquent les retards pris en faisant uniquement
valoir l’imprévoyance ou la mauvaise volonté des copropriétaires
et demandent au Secrétaire d’Etat de ne pas reporter les échéances.
Or
comme on va le voir, les raisons sont beaucoup plus complexes
et les ascensoristes sont eux-mêmes en grande partie responsables
de la situation actuelle.
A.
La
« saturation »
des ascensoristes
En
effet, contrairement à ce que les ascensoristes essayent
de faire croire, le retard relève de façon significative
de la responsabilité des ascensoristes eux-mêmes :
-
ceux-ci ont engrangé TROP de commandes et n’arrivent pas à y faire face (entre la commande
de travaux et la réalisation, il peut, aujourd’hui, se
passer HUIT mois !) ; il y a donc un
« engorgement », mais les ascensoristes ne veulent pas l’admettre
préférant remplir leurs carnets de commandes ;
-
par ailleurs, le fait que
les ascensoristes soient saturés explique qu’ils ne répondent
plus aux appels d’offre ; d’où une absence de concurrence qui entrave
à juste raison les prises de décisions dans les copropriétés.
B.
Les
« exagérations »
des ascensoristes
A
ces explications s’ajoutent celles concernant les « exagérations » des ascensoristes
en matière de travaux.
Ceux-ci,
en effet, au lieu d’aider les copropriétaires à répartir
les travaux sur les trois tranches, ont essayé et continuent
d’essayer (avec l’aide des syndics qui sont rémunérés
en fonction des travaux) de faire réaliser les trois tranches
en UNE fois.
A
cela s’ajoute le fait que les ascensoristes « imposent »des
travaux non obligatoires ou non utiles (comme par exemple
les variateurs de fréquence) qui alourdissent les devis
et là encore justifient des positions de repli.
D’où,
là encore, des résistances légitimes de la part des copropriétaires,
voire des refus liés aux montants importants de travaux
imposés en UNE
fois.
Il
faut d’ailleurs savoir que lorsque les ascensoristes
et syndics se sont contentés de proposer des travaux
pour la
SEULE première tranche,
et que ceux-ci ont été contrôlés (opportunité et prix)
par le conseil syndical, les copropriétaires ont TOUJOURS
votés ces travaux, ce
qui démontre bien que les résistances viennent des « exagérations »
des ascensoristes, non de la frilosité des copropriétaires.
IV. Conclusions opérationnelles que l’on
doit tirer des chiffres de la Fédération des Ascenseurs
- Les ascensoristes
concluent du retard pris qu’il ne faut pas accorder
de nouveaux délais aux copropriétés.
- Les ascensoristes
sont - c’est normal - préoccupés uniquement de remplir
leur carnet de commande, d’où cette conclusion pour
nous inacceptable et non justifiée comme on l’a vu puisque
les retards constatés sont du essentiellement
aux pratiques
des ascensoristes et à leur incapacité à faire face
aux commandes.
Les conclusions que l’on doit tirer des chiffres des ascensoristes sont
pour nous les suivantes :
- Il FAUT
repousser les échéances, car c’est le seul moyen :
-
de « désengorger » les plans de travaux
des ascensoristes ;
-
de rétablir ainsi la concurrence ;
-
de permettre un étalement
des travaux dans le temps ;
-
d’alléger les efforts financiers
des copropriétaires.
- Si le Secrétaire
d’Etat n’applique pas la loi (repousser les échéances)
ce seront des dizaines de milliers de copropriétés qui
seront en infraction et, les ascensoristes se feront
un plaisir - à ce moment
- de mettre les appareils à l’arrêt pour
imposer leurs devis.
- Dès lors
il y aura
o
un engorgement supplémentaire
en matière de travaux ;
o
donc
une concurrence encore plus faible ;
o
donc
des prix encore plus élevés,
et par conséquent des difficultés accrues
pour les copropriétaires.
Ce
que l’ARC demande, c’est d’abord et uniquement que le
Secrétaire d’Etat applique la loi du 25 mars 2009 qui
permet de repousser de trois ans les échéances :
Il faut plus précisément :
- repousser
d’une année la première phase.
- repousser
de trois ans la deuxième phase.
- repousser
aussi de trois ans la troisième phase.
Voici
la lettre adressée à Benoist APPARU (Ministre du logement)
pour lui demander de corriger ses chiffres concernant
la mise en conformité des ascenseurs et de prendre acte
des VRAIS chiffres..
« Ministère du Logement
Monsieur Benoist APPARU
Hôtel de Castries
72, rue de Varenne
75007 PARIS
Paris, le 16 Avril 2010
Monsieur le Ministre,
Depuis près d’un an, nous-mêmes et de nombreux parlementaires saisis par
notre association, vous sollicitons pour que vous utilisiez
les dispositions de la loi du 25 mars 2009 qui permettent
de prolonger les délais de réalisation des travaux de
mise en conformité des ascenseurs.
Dans chacune de vos réponses vous nous renvoyez - nous-mêmes et les parlementaires
- inlassablement à une « étude » - que nous contestons pour des raisons précises maintes
fois exposées - qui laisse penser de façon statistiquement
erronée que les copropriétés seraient prêtes à échéance
(fin 2010 ou mi 2013).
Or - vous le savez - la Fédération des Ascenseurs vient de publier des chiffres
qui contredisent totalement les chiffres avancés par votre
ministère ; selon la Fédération :
-
25
% des copropriétés n’ont toujours pas, à ce jour, commandé
les travaux de la première tranche ;
-
61
% des copropriétés n’ont pas, à ce jour, commandé les
travaux de la deuxième tranche.
Nous sommes bien loin des 94 % avancés par vos services sur la foi de
l’étude irrecevable évoquée plus haut.
Il est donc temps de prendre acte des chiffres véritables, mais aussi
d’en tirer les conséquences qui s’imposent, à savoir allonger
les délais de réalisation des travaux.
Les ascensoristes réclament, en effet, de façon purement mercantile et
inconsciente de ne surtout pas allonger les délais, ceci
pour forcer les copropriétés à commander des
travaux en urgence,
sans mise en concurrence et à n’importe quel prix.
Donner satisfaction aux ascensoristes ce serait léser profondément et
gravement l’intérêt de centaines de milliers de copropriétaires
qui seront alors les otages des ascensoristes qui ne manqueront
pas d’exercer le chantage suivant : « Vous
acceptez nos devis ou nous mettons vos appareils à l’arrêt ».
Nous joignons à ce courrier le Communiqué de Presse que nous venons de
diffuser et qui
explique d’une part pourquoi il ne faut surtout pas donner
satisfaction aux ascensoristes, d’autre part pourquoi
il faut impérativement utiliser les dispositions de la
loi du 25 mars 2009.
Dans l’espoir de l’annonce prochaine du report indispensable des échéances,
et vous en remerciant, je vous prie de croire, Monsieur
le Ministre, en l’assurance de ma haute considération.
Fernand CHAMPAVIER
Le Président ».