L’histoire
qui suit, met en scène, sur fond de belles montagnes :
-
PLAGNE-Centre en Savoie,
à 1970m d’altitude avec en toile de fond le Mont Blanc
(décor) ;
-
URBANIA dans le rôle
du félon ;
-
Des commerçants qui veulent
profiter de la rénovation des galeries marchandes aux
frais de l’ensemble des 47 copropriétés, même non raccordées
à ces galeries ;
-
Une copropriété adhérente
à l’ARC et dont on va voir qu’elle a réussi - grâce
à l’action de son conseil syndical et surtout de son
président - à échapper à un sacré transfert de charges.
I.
Le contexte
-
A La
PLAGNE, en Savoie, il existe des galeries
marchandes vieillissantes.
-
Ces galeries marchandes
sont la propriété d’un certain nombre de copropriétés
( avec de nombreux commerçants qui voudraient bien rénover
leurs vieilles galeries. Comme tout cela coûte fort
cher, l’Union des Syndicats de Copropriétaires et de
Propriétaires de Plagne Centre ( USCPPC ) dont le Président
est un commerçant, trouve une astuce :
o
Au lieu de parler « rénovation » des galeries,
l’USCPPC va parler « mise aux normes de l’accessibilité des galeries
aux handicapés », obligation législative
pour 2011.
o
Bien que ces galeries
soient des Etablissements Recevant du Public (E.R.P.),
la commune de MACOT (dont dépend Plagne Centre), va
demander à l’USCPPC de participer aux frais ( à hauteur
de 50% soit 2
M€ TTC maxi ).
o
Cette USCPPC a pour syndic
URBANIA qui - pour un tas de raisons - a tout intérêt
à ce que les travaux importants de rénovation se fassent
(ne serait-ce que pour toucher 2,4 % du montant total
des travaux), et va donc se faire « complice » des commerçants pour
faire payer l’ensemble des 47 copropriétés.
o
URBANIA et l’USCPPC (
lors de l’AG de cette dernière ), arrivent à faire voter
le « principe » de participation
des syndicats de copropriétaires à ces travaux (notez
que l’USCPPC n’a RIEN
à voir avec les galeries marchandes) sur l’air de :
« La rénovation des galeries va améliorer
l’image de marque de la station Plagne Centre
et donc revaloriser votre patrimoine »).
-
Restait, après ce vote
de principe en lui-même discutable, à faire voter les
47 copropriétés une à une et à obtenir l’aval de chacune
d’elles
Fin
du premier acte.
II.
Une copropriété qui se rebiffe
-
Une copropriété adhérente
à l’ARC vote lors de son AG du 15/12/2008, un accord
de principe à la participation des rénovations SOUS RESERVE d’obtenir la production de
documents justifiant ces montants de travaux et mandat
était donné au Syndic, également Urbania, et au conseil
Syndical pour les obtenir.
AUCUN document n’a JAMAIS été produit tandis que dans le même temps un acompte de 50 000
€ était versé par Urbania à un cabinet d’architecture,
SANS la moindre trace de contrat, Urbania qui fait entériner cela
lors de l’AG de l’USCPPC du 18 juin 2009 avec l’aval
de 43 copropriétés sur 47,
3 contre (dont la copropriété adhérente à l’ARC
) et 1 abstention.
-
En l’absence des documents
exigés UN AN PLUS TÔT, l’assemblée générale du
14 décembre 2009 rejette donc, à la majorité des présents
et représentés, la participation de la copropriété à
ces travaux de mise en conformité et de rénovation,
à l’exception de quelques commerçants copropriétaires
et concernés. Rejet sans appel (aucune assemblée de
deuxième vote n’était nécessaire).
-
Les copropriétaires pensaient
que l’affaire était classée.
-
Que non. URBANIA veillait
sur ses intérêts et sur ceux des commerçants.
Fin
du deuxième acte.
III.
Commerçants plus URBANIA : le retour
Quelle
ne fut pas, en effet, la surprise des copropriétaires
de recevoir deux mois après, une convocation à une assemblée
générale supplémentaire dite extraordinaire pour le
lundi 22 mars 2010, avec comme seul ordre du jour « mise aux normes de l’accessibilité des galeries
aux handicapés ».
Bien
qu’aucun fait nouveau ne soit intervenu et alors que
le problème avait été traité, URBANIA reconvoquait donc
une assemblée générale en espérant sans doute que l’éloignement
des copropriétaires et l’absentéisme ferait le reste.
C’était
sans compter sur l’opiniâtreté du président de conseil syndical
et la cohésion de nos adhérents. Ceux-ci, après avoir
annoncé à URBANIA que les frais de l’assemblée générale
seraient à sa charge :
a)
bâtirent le rappel
des 62 copropriétaires (y compris ceux résidant à l’étranger),
et réunirent les pouvoirs des personnes indisponibles pour
obtenir, AVANT l’AG exceptionnelle du 22/3/2010, PLUS QUE LA MAJORITE ABSOLUE
en votes favorables ( + de 67 %);
b)
firent le voyage
à La PLAGNE (1 400 KM aller-retour…) ;
c)
et firent barrage
aux manœuvres d’URBANIA et des commerçants concernés.
Ainsi
le syndic d’une copropriété en la personne de son directeur
général, faisant partie d’un des trois plus grands groupes
français, a-t-il en toute conscience, tenté à deux reprises
d’imposer des travaux à des copropriétaires, en utilisant
pour cela toutes les ficelles à sa disposition.
Fin
du troisième acte.
IV.
Echange de lettres : les nouvelles erreurs du directeur
L’ARC
ayant saisi le directeur d’URBANIA Tarantaise en lui
signalant tous ces problèmes et tous ces dysfonctionnements,
le directeur a répondu - après l’assemblée générale
extraordinaire - que tout avait été fait dans les règles
et qu’en convoquant une assemblée générale extraordinaire
(pour statuer à nouveau sur ce problème) il n’avait
fait que satisfaire à la demande de quelques copropriétaires.
Malheureusement pour lui - comme le président
du conseil syndical le lui a écrit ainsi que le président
de l’ARC - cela n’est pas aussi simple et le directeur
a commis plusieurs nouvelles erreurs dont il
faudra qu’il assume les responsabilités.
Voici
la dernière lettre de l’ARC restée sans réponse.
V.
Lettre de l’ARC
URBANIA
Monsieur P…………..Directeur
BP 47
73704 BOURG SAINT MAURICE CEDEX
Paris, le 8 Avril 2010
Objet : SDC …………..
Monsieur le Directeur,
C’est avec beaucoup d’étonnement que j’ai pris connaissance de votre réponse
du 26 mars dernier à ma lettre du 10 mars 2010.
D’après vous - si je comprends bien - il est tout à fait normal - trois mois après une assemblée générale qui
a voté sur un point de façon définitive - de reconvoquer
une assemblée générale spéciale sur ce seul point (aux
frais de la copropriété) uniquement parce que les minoritaires
vous en font la demande. Normal de faire faire mille quatre cents
kilomètres à des copropriétaires pour satisfaire à cette
demande irrecevable pour les raisons que j’expose ci-après.
En effet, vous semblez ignorer que :
a) pour qu’une question soit remise à l’ordre
du jour d’une autre assemblée générale alors qu’elle
a été tranchée, il faut un fait
nouveau ;
b) pour qu’une question soit votée il faut joindre
les documents permettant aux copropriétaires de voter
en toute connaissance de cause (article 11, d’ordre
public du décret du 17 mars 1967).
Pour cette double raison vous n’auriez jamais du satisfaire à la demande
qui vous a été faite et, en le faisant, vous avez commis
une faute dont il faudra prendre en charge les conséquences
financières.
J’ajoute ceci : j’apprends par le président du conseil
syndical qu’en fait vous avez convoqué sur une question
totalement différente de celle que les initiateurs vous
ont soumise par écrit, et de plus, cette question ne
relève pas de la responsabilité de la Copropriété
mais uniquement de celle de la
Commune, donc SANS
OBJET( mise en conformité de l’accessibilité des
Handicapés dans les E.R.P. ce qui n’est pas le cas de
la copropriété du Sikkim Annapurna ).
Cette troisième erreur est totalement rédhibitoire puisque cela démontre
clairement que vous étiez de connivence avec les demandeurs.
J’ai sous les yeux la longue lettre que le président du conseil syndical
vous a faite en réponse à votre courrier du 26 mars
et qui est accablante pour vous.
S’il était encore besoin de démontrer cette inutilité d’assemblée générale
spéciale, le procès-verbal de cette assemblée générale
spéciale montre une participation exceptionnelle de
plus de 88 % et le vote A L’UNANIMITE de la résolution proposée
par le président de l’assemblée générale spéciale (qui
est aussi celui du conseil syndical), vote à l’unanimité
Y COMPRIS par
les demandeurs et initiateurs de cette assemblée générale spéciale.
Je renouvelle ma demande - appuyant en cela le président du conseil syndical
- de prise en charge par votre cabinet de la totalité
des frais de cette assemblée que vous n’auriez jamais
du convoquer (frais administratifs, postaux, déplacements...).
Je reste attentif à votre réponse, que j’espère rapide, avant d’aller
plus loin et vous prie de recevoir, Monsieur le Directeur,
l’assurance de mes salutations distinguées.
Fernand CHAMPAVIER
Le Président ».
Fin
du quatrième acte.
VI.
La suite
La
suite s’annonce difficile pour URBANIA.
La
copropriété a d’ailleurs demandé lors de l’AG exceptionnelle
du 22/3/2010, par un vote à l’UNANIMITE à ce qu’URBANIA
adresse enfin un dossier complet des travaux envisagés,
dossier qui distingue « rénovation » et « travaux
d’accessibilité ». Le
dossier déposé début avril chez le Syndic par le président
de l’USCPPC, a été consulté le 14 avril par le Président
du Conseil Syndical, et il ne contient :
-
aucun contrat de partenariat
de l’USCPPC avec la commune de MACOT, engageant les
parties ;
-
aucun appel d’offres
à candidatures pour un contrat d’architecture de plus
de 254 000 € TTC et un montant de travaux de près
de 6 M€ ;
-
que le contrat d’architecture
joint qui n’est signé que le 13/10/2009 et que
par UN SEUL
des 5 contractants ( et ce, plus de 4 mois après que
l’USCPPC ait avalisé le versement antérieur, sans document
légal, d’un acompte de 50 000 € ) ! !
-
aucun document permettant
de déterminer le PRIX OBJECTIF de ces projets qui ne sont
pas du tout dissociés (« mise aux normes…» et «rénovation…. »).
Par
ailleurs ce dossier aura des dérives financières très
importantes du fait que ne sont pas pris en compte :
-
les études complémentaires,
-
les relevés complémentaires
du fait de l’absence de plans d’origine,
-
les sondages géotechniques
à réaliser pour vérifier la contrainte admissible des
sols,
-
les honoraires du bureau
d’études de contrôle,
-
les frais d’entretien
de ces nouvelles rénovations qui utilisent de la pierre,
des panneaux de cuivre en bardages et plafonds, du frêne
noir et de la toile en fond de bardages, etc…Pour les
frais d’entretien de ces ERP, la commune souhaite obtenir
dès à présent la signature d’une convention entre elle
et l’USCPPC ( donc participation financière de TOUTES les copropriétés même NON raccordées
) ;
-
etc….
Bref,
la totale : embrouillamini juridique, technique et
financier.
Au
vu de ces éléments, les autres copropriétés « devraient » entrer dans la danse.
L’ARC
va maintenant saisir aussi le Maire et le Préfet avant
de remonter plus haut, s’il le faut.
Comme
on le voit, la pièce n’est hélas, pas finie !!!.