Suite
à l’abus
n° 2285 du 05/05/10, reprenant différents articles
relatifs à l’affaire URBANIA, voici ci-dessous,
le nouvel article du Magasine Valeurs Actuelles »
du 13 mai 2010, relatif au dossier :
« La Générale
contre Urbania »
« L’un des premiers syndics de copropriété
fait l'objet d'une plainte déposée par la Société générale pour abus de confiance. Sa mise en redressement judiciaire serait imminente.
Détournement de fonds qui serait « impressionnant », rappelle l'Association des responsables de copropriété. Le troisième administrateur de biens en France, avec 115 cabinets de syndics et 187 sociétés immobilières, fait l'objet d'une enquête du parquet de Paris pour abus de confiance déposée par la Société générale.
La banque soupçonnait Urbania de détournement
de fonds à partir de comptes "reflets" (ou "miroirs").
Ces comptes reflètent à l'euro près les comptes
mandants, eux-mêmes alimentés par les avances sur
charges versées par les copropriétaires,.
La loi Hoguet de 1970
interdisant aux syndics de percevoir les produits de ces comptes, il est d'usage que les banques accordent des prêts dans les comptes
reflets, afin de permettre aux
syndics de réaliser des investissements
obligataires ou monétaires rémunérés.
La plainte de la Société générale fait suite à une forte baisse des comptes mandants d'Urbania constatée l'an dernier,
après dix ans de relations bancaires sans histoires. Après avoir réclamé en vain au cabinet de remettre les fonds
mandants au niveau des comptes reflets, la Société générale a demandé en septembre une enquête au tribunal de Nanterre. Celui-ci a constaté qu'une partie des sommes avait été utilisée pour acquérir des
fonds de commerce et racheter des intérêts des actionnaires minoritaires. La Société
générale aurait prêté environ 200 millions sur un
total d'encours bancaires de 500 millions accordés à Urbania. Parmi les autres établissements prêteurs, Fortis a annoncé le 3 mai qu'il souhaitait rompre les relations commerciales avec Urbania.
Le scandale Urbania soulève aussi la
question de l'éviction des deux cofondateurs du
réseau Laforêt Immobilier,
qui appartient au même groupe qu'Urbania.
La semaine
dernière, les
deux anciens présidents ont affirmé que leur mise à l'écart en début d'année était
liée aux « objectifs financiers que Michel Moubayed, président d'Urbania, avait impartis
à Laforêt pour unique but de renflouer Urbania
».
Michel Moubayed assurait pourtant
il y a encore quelques jours
que son groupe n'avait aucunes difficultés financières et dénonce une tentative de mise en cause de son indépendance. Le site Internet Wansquare
évoque de
son côté une mise en redressement imminente
du groupe. Le promoteur Nexity, déjà propriétaire de l'administrateur de biens Lamy, serait candidat au
rachat d'Urbania.
Marie de Greef-Madelin ».