Note : contrairement à nos habitudes nous ne citons pas le nom
du syndic concerné par cet abus ; la raison
est la suivante : sollicité pour corriger la
situation et modifier en conséquence ses pratiques,
ce syndic a accepté de le faire.
En
conséquence, nous avons décidé de ne pas citer le
nom de ce syndic.
Néanmoins
comme FONCIA continue toujours à abuser les copropriétaires
sue ce plan et comme il est possible que d’autres
syndics suivent le même chemin, nous avons décidé
de rédiger un abus sur ce sujet et montrer comment
on peut faire dire aux instructions fiscales ce
qu’elles ne disent pas.
I.
Quand FONCIA fait des émules
Comme
chacun sait, FONCIA a inventé un moyen de faire
facilement des honoraires avec l’attestation de
TVA à 5,5 %, ceci en trompant les copropriétaires
(voir, entres autres nos abus numéro 2095
et 1569).
Jusqu’à
présent FONCIA était le seul à agir ainsi (ce qui
était déjà beaucoup).
D’autres
syndics semblent lui emboiter le pas. Nous allons
donc revenir
sur ce sujet et expliquer en quoi il y a tromperie.
II.
Retour sur la circulaire fiscale de la TVA à 5,5 %
La TVA à 5,5 % ne s’applique à 100 % qu’aux factures
des immeubles qui ont plus de 50 % de leur surface
consacrée à l’habitation ; en deçà, la
TVA à 5,5 % s’applique mais uniquement
au prorata des surfaces consacrées à l’habitation.
Exemple : si 40 % de la surface d’un immeuble est consacrée à
l’habitation, la
TVA à 5,5 % s’appliquera à 40 %
du montant des factures et une TVA à 19,60 % s’appliquera
à 60 %.
III.
Les règles fiscales
Le
fisc a rédigé une circulaire où il précise aux syndics
comment procéder :
-
« Si vous êtes en dessus des 50 % il suffit
d’une simple attestation de votre part.
-
Si vous êtes en dessous, il faut faire
une enquête pour déterminer, chaque année,
le pourcentage exacte des surfaces consacrée à l’habitation ».
IV.
Les syndics trompeurs
Or
certains syndics - uniquement pour générer des honoraires
supplémentaires - font croire à leurs clients que
l’Administration les « oblige » à faire cette enquête
dans TOUS
les cas.
C’est
ce que fait FONCIA qui - à la suite de cette grossière
tromperie - a réussi à se déconsidérer aux yeux
d’un grand nombre de copropriétaires, adhérents
ou non à l’ARC.
Un
des émules précités de FONCIA adresse depuis quelques
mois à ses copropriétaires le texte volontairement
trompeur ci-dessous.
Nous
commentons le texte aux endroits cruciaux.
V.
Un syndic qui trompe… énormément
« Madame, Monsieur,
« Par décret publié en Août 2006,
les pouvoirs publics ont prorogé telles mesures
fiscales destinées à octroyer un taux réduit de
TVA à 5,5% pour certains travaux portant notamment
sur les " parties communes des immeubles collectifs
affectés en totalité ou en partie à l'habitation ».
« L'instruction fiscale publiée
en décembre 2006 par le Ministère des Finances précise
que le Syndic doit solliciter annuellement chaque
copropriétaire au plus tard à l'Assemblée Générale
pour connaître l'affectation de ses parties privatives
dans l'immeuble collectif considéré.
[Note de l’ARC : Ceci est totalement FAUX et MENSONGER. L’instruction
fiscale visée dit que le syndic doit procéder ainsi
lorsque plus de la moitié de la surface n’est pas
consacrée à l’habitation.
Si le syndic peut établir (via le règlement de copropriété ou par simple
observation) que plus de la moitié des surfaces
est consacrée à l’habitation il suffît qu’il fasse
une attestation ce syndic MENT donc effrontément
et fabrique de toute pièce un système « bureaucratique » pour justifier des honoraires supplémentaires.
C’est inadmissible]
Votre réponse en nous retournant le coupon
ci-joint est essentielle, car plus de 50% de non
réponses ne nous permettrait pas de justifier que l'immeuble
est affecté pour plus de 50% à l'habitation, même
si tel est effectivement le cas, avec pour conséquence
de ne pas pouvoir bénéficier du taux réduit de TVA
à 5,5 % ».
[Note de l’ARC : nouveau mensonge : une simple attestation du
syndic basée sur le règlement de copropriété ou
l’observation suffit, comme indiqué plus haut].
Nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur,
l’expression de nos sentiments distingués ».
Le SYNDIC.
[Note de l’ARC : pour parachever l’illusion, ce syndic fournit un
extrait « trompeur »
de l’instruction].
Extrait de la fiche technique du Ministère de l’Economie et des Finances.
"...// appartient donc à chaque
Copropriétaire de faire connaître, à la demande
du Syndic ou de l'Administrateur
de Biens, par tout moyen à leur convenance, l'affectation
des locaux.
A défaut de réponse
au plus tard à la date de l'Assemblée Générale,
l'attestation sur le caractère de local d'habitation ne pourra être établie et part des
travaux correspondant aux parties communes affectées
aux lots concernés
devra être facturée au taux normal de la taxe sur la valeur ajoutée.
En cas de réponse fausse, la responsabilité
n'incombe pas au Syndic, elle relèvera du Copropriétaire
: l'administration peut se
retourner contre lui en application de l'Article
284-1 du code général des impôts… ».
[Note de l’ARC : Avec cet extrait nous
sommes dans la désinformation pure, puisque ce texte
ne s’applique QUE dans les cas où l’immeuble ne
comporte pas plus de 50 % des surfaces affectées
à l’habitation].
VI.
La possible parade du syndic X
Ce
syndic aurait pu nous servir l’argumentaire fallacieux
de FONCIA :
« Certes je peux attester sans enquête qu’il
y a une majorité de logements, mais ce faisant j’engage
ma responsabilité ».
Cette
argutie serait le pompon : engager sa responsabilité
en attestant qu’un immeuble de douze logements et
deux commerces est bien affecté majoritairement
à l’habitation…
Engager
sa responsabilité pour affirmer qu’il fait jour
à midi !! Sacrés syndics.
Conclusion
Nous
avons - avant d’écrire cet abus - écrit à la direction
du syndic qui a rédigé le texte ci-dessous pour
qu’elle corrige son information mensongère.
Nous
avons donné une deuxième chance à sa direction en
lui adressant le texte de notre abus avant parution.
Heureusement
ce syndic a été assez sage pour accepter de modifier
son analyse et ses pratiques, ce qui est tout à
son honneur.
Pour
éviter, néanmoins, que ce syndic n’inspire des confrères,
nous avons publié le présent abus.
N’hésitez
pas à l’utiliser pour réagir si vous êtes concernés.