Mesdames,
Messieurs,
Ø
À
nouveau un technicien a été tué par un
ascenseur et un autre grièvement blessé.
Ø
À nouveau certains vont utiliser ce drame pour
justifier des travaux parfois injustifiables.
Ø
Or,
ILS AURAIENT TORTS.
Ø
Car
- en l’occurrence - ce n’est pas l’absence
de sécurité des ascenseurs qui a tué,
mais précisément la façon invraisemblable
dont ces ascenseurs - déjà rénovés en
1990 - ont été mis en conformité.
Vous trouverez ci-dessous la VRAIE histoire de ce drame
qui met en scène :
- Le cabinet LOISELET
rémunéré sur ces travaux.
- Sa filiale EXXECO,
qui a « assuré »
à prix fort la maîtrise d’œuvre des
travaux.
- La société SHINDLER
et son sous-traitant.
- Une « mise en conformité » autant inutile
que coûteuse !
Voici,
en effet le témoignage accablant adressé
à l’ARC d’un copropriétaire de la copropriété
concernée et elle aussi victime :
« Bonjour,
Je souhaite, en tant que copropriétaire
dans un immeuble parisien dans le 14ème
arrondissement, faire part à l’ARC de
ce qui s'est passé chez nous.
Le syndic, Loiselet Daigremont, a discrètement imposé la Sté Exxeco (sa filiale) pour faire l'audit de
nos 4 ascenseurs (desservant 4 cages d'escalier
séparées) en vue de l'application des
nouvelles normes de sécurité.
Les copropriétaires ont un peu renâclé
quand les devis leur ont été présentés
(Koné,
Otis,
et Schindler qui détenait nos contrats
d'entretien), qui s'étalaient de 190 000
€ à 240 000 Euros.
Nos ascenseurs avaient été remis à
neuf au début des années 90, ils étaient
donc en bon état et régulièrement entretenus. Nul ne voyait d'urgence à effectuer ses travaux.
Afin de faire "passer la pilule",
le syndic a menacé la copropriété, en
disant que nous serions collectivement
responsables si un accident se produisait et
que nous n'avons pas fait appliquer la
loi. Nous avons donc obtempéré, demandant
à Exxeco (nommé maître d'oeuvre pour
la circonstance) d'obtenir de Schindler
de s'aligner sur le devis le moins élevé,
ce qui fut fait. Schindler choisit
de faire réaliser les travaux par une
société de sous-traitance.
Les travaux étaient prévus par tranche
de 2 ascenseurs avec 8 semaines d'immobilisation
pour chacun, ce qui signifiait que les
résidants (dont beaucoup de personnes
âgées) étaient condamnées à monter jusqu'à
10 étages à pied pendant 8 semaines. Ceci
était déjà difficile à supporter. Nous
l'avons supporté tant bien que mal, selon
l'âge et l'état de santé de chacun, depuis
le 5 mars, mais jusqu'au ... 27
mai, soit pratiquement 3 mois !
L'AG de copropriété ayant eu lieu le
15 mai, les représentants de Exxeco,
Schindler et Ampérelec
(pour la partie électrique) y ont été
convoqués par le syndic pour qu'ils s'expliquent
sur la cause du retard. Pendant plus
d'une heure, chacun des représentants
a juré ses grands dieux que le problème
ne venait pas de lui mais des autres. Il
leur a été signifié à tous que le contrat
n'étant pas respecté, les indemnités de
retard nous seraient dues. Et le conseil
syndical a décidé suite à ce "débat",
d'entamer une procédure contre le maître
d'oeuvre (Exxeco)
et Schindler.
Finalement les 2 premiers ascenseurs
ont été tant bien que mal mis en route
fin mai, après qu'ils n'ont cessé de retomber
en panne tous les 2 jours pendant
deux semaines.
La deuxième tranche de travaux a donc
commencé fin mai (au lieu de fin avril
comme initialement prévu), bloquant les
2 autres cages d'escalier.
Pour une raison inconnue (s'agissait-il
d'accélérer la fin globale du chantier
pour ne pas payer les indemnités, ou pour
quelle autre raison ?), les ouvriers sont
venus travailler ce samedi 7 juin. Ils
étaient 3, employés par la société de
sous-traitance envoyée par Schindler.
Vers 10h du matin, un bruit épouvantable
a secoué tout l'immeuble : la cabine s'est
décrochée et est venue écraser 2 des ouvriers
se trouvant dans la fosse. L'un est mort,
l'autre grièvement blessé.
Nous avons eu les pompiers la police
et la presse toute la journée.
Un homme est mort, un autre grièvement
blessé, 40 appartements sur 10 étages,
se retrouvent sans ascenseur pour des
mois, le temps que la justice suive son
cours.
Les résidants des 40 autres appartements
sont de nouveau épouvantés à l'idée d'emprunter
leur ascenseur.
Cette fameuse loi devait mieux protéger
les usagers et les ouvriers ascensoristes.
Nous avions des ascenseurs qui marchaient
très bien, qui n'étaient pas vétustes,
et pour de basses questions d'argent,
on nous a imposé ces travaux, sans que les
devoirs aux termes du contrat concernant
l'encadrement, la surveillance du
chantier, les comptes-rendus auprès
du conseil syndical, et le respect
des délais soient assurés.
Nous ne savons rien des causes de l'accident.
Nous savons seulement que depuis le début,
ce chantier n'a pas été mené comme il
aurait du l'être, et que malheureusement,
un drame affreux a eu lieu.
Je tenais à vous en informer, afin d'avertir
les copropriétés parisiennes des graves
problèmes concernant cette mise aux nouvelles
normes de sécurité, étant donné que le
marché est complètement "tenu"
par 3 ou 4 ascensoristes, et des syndics
de copropriété nommant des maîtres d'oeuvre
avec lesquels il y a collusion évidente,
et tous se rémunérant largement sur le
dos de copropriétaires pris en otage.
Cordialement ».
Comme
vous, le voyez, ce témoignage est accablant
et montre bien que ce n’est pas l’absence
de sécurité des ascenseurs qui tue, mais
un système qui prospère sur les travaux
de pseudo-mise
en sécurité.
Je
vous prie de recevoir, Mesdames, Messieurs,
l’assurance de mes salutations distinguées.
Fernand CHAMPAVIER
Le Président.
Contact de Presse : Christine DOBROHODOV christine.dobro@unarc.asso.fr