I-
Honoraires de syndic
en cas de travaux
Dans la perspective de la prochaine
assemblée générale de sa copropriété, un conseil
syndical adhérent à l’ARC soulève auprès de
son syndic la question du montant des honoraires
liés aux travaux envisagés sur le prochain
exercice.
La loi BOUTIN du 25 mars 2009 a en effet changé la donne
en matière d’honoraires sur travaux non courants
et prévoit que ces honoraires doivent, désormais,
être spécialement votés lors de l’assemblée
générale qui décide des travaux (article 18-1
A nouveau de la loi
de 1965).
Ainsi, finis les abus tarifaires inclus
dans les contrats et applicables indistinctement
à tous les gros travaux.
Mais voilà, un certain nombre de syndics
résistent à ces nouvelles dispositions, ce
qui est le cas de SERGIC Viroflay.
II-
Les copropriétaires et le syndicat…
du syndic
SERGIC refusant de se conformer à la
nouvelle loi et donc de prévoir une résolution
spéciale de la future assemblée générale pour
déterminer ses honoraires ? Le conseil
syndical s’adresse à l’ARC qui confirme bien
qu’il faut une résolution spéciale prévue
dans l’ordre du jour.
Le syndic saisit sa chambre syndicale
(la
CNAB) dont la réponse, (conforme
à celle de l’ARC) est on ne peut plus claire.
« Madame,
Monsieur,
L’article 17 de la loi
de mobilisation pour le logement et de lutte
contre l’exclusion (loi MOLE du 25 mars 2009)
encadre désormais le droit pour les syndics
de
percevoir des honoraires spécifiques à l1occasion
de travaux votés en assemblée générale.
En effet, l1article
précité
précise que seuls les travaux mentionnés à
l'article
14-2 de la loi du 10 juillet 1965 et votés
par l'assemblée générale des copropriétaires
en application des articles 24, 25, 26, 26-3
et 30 peuvent faire l'objet d'honoraires particuliers
au profit du syndic. Sont donc visés tous
les travaux hors budget
prévisionnel. Ces honoraires sont votés lors de la même assemblée que les travaux
concernés et aux mêmes règles de majorité.
Il en résulte que l’application
pure et simple des honoraires prévus dans
le contrat de syndic n1est plus
possible. Il est nécessaire, si le syndic
souhaite percevoir
des honoraires pour travaux, de faire voter
une telle disposition lors de la même assemblée
que les travaux concernés, en respectant
les mêmes règles de majorité.
Autrement
dit, si l’assemblée décide de voter des travaux d1amélioration
à la majorité
de l1article 26 de la loi du 10
juillet 1965, elle devra également fixer, à la
même majorité, le montant des honoraires perçus
par le syndic. Concrètement,
deux résolutions, l'une pour les travaux,
l’autre pour les honoraires du syndic
devront faire l’objet d’un
vote distinct.
À défaut, le syndic ne pourra facturer des honoraires travaux
même si cette prestation est prévue
dans son contrat ».
III- SERGIC
attend le décret
En réponse à la relance du conseil
syndical, le cabinet SERGIC persiste dans
l’erreur volontaire : en effet, après
avoir pris connaissance de la réponse de son
syndicat, et ne pouvant plus prétendre qu’il
n’est pas nécessaire d’avoir une résolution
spéciale, conclut :
« Je reste dans l’attente du décret
à venir qui fixera les modalités d’application
de ce nouveau texte de loi. »
Evidemment AUCUN décret n’est attendu, mais SERGIC croit - avec cette ruse -pouvoir
continuer à appliquer son contrat sans faire
voter l’assemblée générale.
Erreur, fatale erreur car si aucun
vote d’assemblée générale n’est prévu, SERGIC
ne pourra pas facturé d’honoraire : tel
est pris…
CONSEIL : Veillez néanmoins
à faire respecter la loi nouvelle en exigeant
un vote séparé en assemblée et rappelez
au syndic qu’à défaut, il n’aura pas droit
à des honoraires, ce qui serait vraiment
dommage pour lui.