I.
Rappel de la loi
Rappelons
qu’à la suite des trop nombreux abus tarifaires, le
Parlement a décidé (loi du 25 mars 2009) d’obliger
les syndics en cas de travaux à faire voter leurs
éventuels honoraires, dans une résolution spéciale,
ceci au cours même de l’assemblée générale où les
travaux sont votés.
Les
raisons en sont simples
-
les honoraires doivent
être proportionnés au travail effectivement réalisé
par le syndic ;
-
les honoraires doivent
être justifiés.
Fini,
en conséquence, les 2, 3 voire 4 % sur travaux
imposés par contrat pour un travail uniquement comptable.
II.
Des syndics qui ont du mal à respecter la loi
Les
abus tarifaires étaient si faciles et si lucratifs
que certains syndics récalcitrants ont du mal à appliquer
la nouvelle loi et vont même jusqu’à proférer des
monstruosités juridiques en assemblée générale pour
échapper à celle-ci.
Comme
on va le voir, le syndic DUMESNIL fait croire (à tort) :
a)
que son contrat
PREVAUT sur la loi d’ordre publique ;
b)
que l’assemblée
générale ne peut
refuser ses propositions tarifaires.
III.
Les propos de Monsieur DUMESNIL
Voici
très exactement les propos tenus par Monsieur DUMESNIL
dans une récente assemblée générale où les copropriétaires
refusaient les tarifs imposés.
Honoraires
sur travaux (loi Boutin)
« Ce
qui est prévu par la Loi Boutin
(dit Monsieur DUMESNIL)
c’est qu’on vous informe du taux
pratiqué par le syndic.
« D’accord,
le taux est discuté mais est ce qu’il est imposé (par
l’assemblé générale) ? Le syndic
a-t-il le droit de dire non ?
« Pour
négocier il faut être 2,… on n’est pas en Union Soviétique.
« Le
taux est prévu par le contrat de 3 ans que vous avez
signé. Le jour où vous avez signé ce contrat vous
avez accepté les clauses…
« On
ne me fera pas faire quelque chose que je ne peux
pas faire…
La
loi Boutin dit d’indiquer le taux pour que les copropriétaires
soient au courant.
« Si
vous n’êtes pas d’accord, vous ne faites pas de travaux… ».
Comme
on le voit, ça n’est pas triste.
IV.
Les erreurs de Monsieur DUMESNIL
Première erreur :
-
L’article 18-1-A introduit
par la loi du 25 mars 2009 dans la loi du 10 juillet
1965 est un article dit « d’ordre
public ».
-
Ceci veut dire que
cet article prime sur le contrat même les contrats
signés AVANT
la loi.
Donc
Monsieur DUMESNIL a tort et il ne peut imposer le
tarif prévu dans le contrat.
Deuxième erreur :
-
La loi BOUTIN ne dit
pas « d’indiquer
le taux pour que les copropriétaires soit au courant ».
Elle dispose : les « honoraires sont
VOTES lors de la même assemblée générale que les travaux
concernés, aux mêmes règles de majorité ».
L’assemblée générale est donc libre de déterminer
ces honoraires et le syndic doit accepter de justifier
ses honoraires et de les négocier.
Mieux : une chambre professionnelle
(L’UNIS) a même déjà confirmé ce que nous disons,
à savoir qu’il faut une question SPÉCIALE
sur ce point.
Troisième erreur :
-
Monsieur DUMESNIL dit
aux copropriétaires : « C’est à prendre ou à laisser. Si vous ne voulez pas accepter mes
honoraires - la tête sur le billot - c’est simple, IL N’Y AURA PAS DE TRAVAUX ».
Ce
qu’il y a de bien avec ce syndic c’est son cynisme
et son culot autoritaire.
Il
dit tout haut ce que certains de ses confrères pensent
tout bas et pratique le chantage assez naturellement.
Mais,
là encore, Monsieur DUMESNIL est dans l’erreur… :
s’il estime que l’assemblée générale a tort de ne
pas accepter ses honoraires abusifs (et injustifiés),
la solution n’est pas de ne pas engager les travaux
(l’article 18 de la loi oblige le syndic à appliquer
les résolutions d’assemblée générale, l’aviez-vous
oublié cher syndic) mais de dé-mi-ssion-ner !
Oui,
démissionner, mot affreux pour un syndic. Pire :
démissionner et convoquer à ses frais une assemblée
générale appelée à élire un syndic moins insupportable.
Comprenez-vous
cela, Monsieur le syndic ; il faut - c’est la loi
et la démocratie, vous soumettre OU vous démettre - démission qui va vous
coûter les frais de convocation d’une assemblée générale.
Mais
il y a une autre solution :
-
pratiquer des honoraires
raisonnables ;
-
justifier les honoraires
auprès des copropriétaires.
Et
vous verrez : tout ira beaucoup mieux.