La Commission
Nationale Relative à la Copropriété qui compte douze membres se réunissait
le 16 juin dernier pour rendre un avis sur le projet
de loi sur les syndics.
Quelle
ne fut pas notre surprise en constatant que les trois
organisations représentant les syndics n’avaient pas
daigné se déplacer et refusaient donc toute discussion.
Dès
le lendemain :
-
nous
faisions paraître un communiqué de presse pour informer
les copropriétaires de cette attitude,
-
nous
alertions M. FILLON, Premier Ministre,
-
nous
adressions une lettre faisant part de notre étonnement
(le mot est faible) à chacune des organisations professionnelles
Nous
reproduisons ci-dessous ces documents :
I.
Communiqué de presse :
« COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Les syndics ou la politique de la chaise vide
Alors qu’elles étaient invitées hier,
16 juin, au
Ministère de la Justice avec les organisations
représentatives des copropriétaires pour discuter
du « projet de loi sur les syndics »,
les fédérations de syndics ont décidé de boycotter
cette réunion.
Plutôt que de faire connaître leur point
de vue et d’essayer de modifier ou d’améliorer le
projet, les syndics ont écrit au Premier Ministre
pour lui demander d’une part le retrait pur et simple
de ce texte, d’autre part l’ouverture de « négociations » pour élaborer un autre texte.
Ainsi les syndics continuent-ils à ne
pas vouloir comprendre : au lieu d’admettre que
la situation est grave et qu’il faut traiter les problèmes,
les syndics :
-
refusent en bloc toute discussion sur un projet de texte
élaboré pourtant
après consultation de toutes les organisations (syndics
et copropriétaires) ;
-
exigent l’ouverture de « négociations » sur LEUR
texte, ce qui signifie seulement, pour nous, qu’ils
veulent s’engager dans une course de lenteur et essayer
de gagner du temps.
Preuve est faite que les syndics ne veulent
traiter aucun des problèmes réels qui se posent :
-
celui du compte séparé indispensable pour assainir la
gestion des copropriétés ;
-
celui des contrats et honoraires de syndic ;
-
celui du contrôle et des sanctions en cas de faute ;
-
celui de la concurrence entre syndics ;
-
celui de la formation des syndics ;
-
celui de la transparence financière comptable, mais
aussi « économique ».
L’ARC a décidé :
-
elle aussi de saisir le Premier Ministre non seulement
pour qu’il maintienne le texte mais qu’il en accélère
l’examen :
-
de mobiliser les autres organisations de copropriétaires
et de consommateurs ;
-
d’informer les parlementaires et plus généralement les
élus ;
-
de mobiliser les copropriétaires pour que les solutions
proposées par les Ministères de la Justice et du Logement soient rapidement effectives,
à savoir :
o
instauration d’un compte séparé obligatoire ;
o
mise en place de commissions régionales de discipline ;
o
renforcement des règles de mise en concurrence des syndics ;
o
amélioration de la formation des syndics ;
o
abrogation de l’arrêté Novelli et publication d’un VRAI décret concernant les contrats de
syndic ».
II.
Lettre au Premier Ministre :
« Monsieur François
FILLON
Premier Ministre
HOTEL MATIGNON
rue de Varenne
75007 PARIS
Paris, le 17 Juin 2010
Monsieur le Premier Ministre,
Madame Alliot-Marie - Ministre de la Justice - vient d’achever,
comme vous le savez, la mise au point d’un projet
de loi très attendu par tous les copropriétaires,
permettant d’améliorer le fonctionnement de la copropriété
en répondant à des problèmes très précis.
La Commission Relative à la Copropriété
- qui réunit toutes les parties prenantes du monde
de la copropriété - a été sollicitée pour rendre sur
ce projet un avis qui sera joint au texte soumis au
Conseil d’Etat en juillet prochain.
Or les trois associations représentatives
de copropriétaires qui ont évidemment répondu à la
convocation du Président de la
Commission - le Conseiller honoraire
à la Cour de Cassation Pierre Capoulade
- ont eu la
surprise de constater que les trois organisations
représentatives de syndics avaient décidé :
-
de ne pas venir en débattre ;
-
de vous saisir pour obtenir le retrait pur et simple
du texte ;
-
de demander, à la place, l’ouverture de « négociations ».
En tant que principale organisation nationale
de conseils syndicaux de copropriété nous nous demandons
de ne surtout pas accéder à ces demandes pour les
raisons qui suivent :
- La situation se dégrade de plus en plus dans les
copropriétés et les syndics continuent - année après
année - à perdre la confiance des copropriétaires.
- Les pratiques révélées au grand jour par l’affaire
Urbania affolent de plus en plus les copropriétaires
qui craignent pour leurs biens et les fonds versés.
- La profession s’avère dans l’incapacité de se réguler
par elle-même et il apparaît maintenant que l’Ordre
professionnel proposé par ses organisations représentatives,
pour y parvenir, ne serait pas à la hauteur des
problèmes à traiter ni - en tout état de cause -
compatible avec nos institutions.
Face à ces difficultés et à l’impuissance
de la profession à traiter ses problèmes, c’est légitimement
que le projet de loi propose des solutions nouvelles
et efficaces permettant tout aussi bien de résoudre :
-
les dérives financières ;
-
l’absence de régulation de la profession ;
-
les pratiques désastreuses qui s’ensuivent et qui entraîne
une dégradation des conditions de gestion de nos immeubles.
Aussi nous vous demandons très solennellement :
-
de ne pas satisfaire à la demande de retrait de ce texte ;
-
tout au contraire d’en favoriser le plus vite possible
l’adoption après discussion parlementaire.
Naturellement nous allons alerter les
copropriétaires mais aussi tous les parlementaires
de la situation et des pressions que les chambres
professionnelles tentent d’exercer sur le Gouvernement.
Vous remerciant de bien vouloir prendre
en considération notre position d’organisation représentative
et restant à votre disposition, nous vous prions de
croire, Monsieur le Premier Ministre, en l’expression
de notre haute considération
Fernand CHAMPAVIER
Le Président ».
III.
Lettre aux organisations professionnelles :
Nous
avons rédigé trois courriers dont le contenu est identique :
-
la
première à Monsieur PALLINCOURT, Président de la
FNAIM,
-
la
deuxième à Monsieur IVARS, Président de l’UNIS,
-
la
troisième à Monsieur DUFLOUX, Président de SNPI
« Paris, le 17 Juin 2010
Monsieur le Président,
En tant que membre de la Commission Relative
à la
Copropriété je tenais à vous faire
part de mon profond étonnement concernant le refus
exprimé par votre organisation (et concerté avec les
autres organisations de syndic) de venir débattre
au sein de cette instance du projet de loi sur l’activité
de syndic, élaboré par le Ministère de la Justice.
Alors que les dysfonctionnements dans
le secteur de la copropriété apparaissent chaque jour
plus préoccupants, que l’image de la profession de
syndic continue de se dégrader, que l’affaire Urbania
- qui requiert depuis des mois l’intervention des
Pouvoirs publics pour éviter la catastrophe - révèle
au grand jour les pratiques désastreuses dénoncées
depuis des années, vous préférez ne pas débattre et
vous dérober. Pire, vous exigez le retrait d’un texte
élaboré par les trois ministères concernés après
une large consultation, texte qui - enfin - aborde
TOUS les
problèmes posés depuis des années, à savoir :
-
celui du compte séparé ;
-
celui des contrats et honoraires de syndic ;
-
celui du contrôle et des sanctions en cas de fautes
ou de manquements déontologiques ;
-
celui de la concurrence entre syndics ;
-
celui de la formation des syndics ;
-
celui de la transparence financière comptable, mais
aussi « économique ».
Nous regrettons vivement votre refus de
débattre qui est aussi un refus de mettre en place
des solutions propres à résoudre les problèmes auxquels
sont confrontés les copropriétaires.
Nous avons noté que - plutôt que de chercher
des solutions et d’améliorer voire amender le texte
proposé - vous en appeliez à François Fillion pour
obtenir le retrait de ce projet de loi.
Je tenais à vous faire savoir que nous
allions, de notre côté, tout faire pour :
-
obtenir son maintien ;
-
obtenir qu’il soit soumis rapidement au Parlement ;
-
obtenir que les dispositions qu’il contient soient votées
et que les décrets d’application soient signés rapidement.
Nous espérons que votre organisation - comprenant
qu’elle ne fait qu’aggraver la situation et dégrader
encore un peu plus l’image de votre profession par
le refus de dialogue - changera son point de vue et
acceptera les discussions proposées.
Nous restons ouverts à cette éventualité
et dans cette attente, vous prions de recevoir, Monsieur
le Président, l’assurance de nos salutations distinguées.
Fernand CHAMPAVIER
Le Président de l’ARC ».