ARC / Abus n°2326 : 30 06 10/©

Question de l’ARC sur URBANIA et les pseudo-solutions en cours ou : « comment calmer les copropriétaires par n’importe quel moyen »

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I. URBANIA. L’affaire racontée sans fard.

Personne n’ose vraiment tout dire sur URBANIA. Pourquoi ? On va le voir.

Premier épisode : URBANIA a utilisé la contrepartie de l’argent versé par des copropriétaires pour acheter des fonds de commerces et racheter les actions d’actionnaires minoritaires (au fait, lesquels ?). Les chiffres avancés sont alarmants : 200, 300, 400 millions d’euros ?

Deuxième épisode : les banques ont peur et demandent à URBANIA de rembourser. Panique : URBANIA ne peut évidemment pas.

Troisième épisode : le Gouvernement a vent de la situation. Celle-ci est tragique. Pourquoi ? Si les banques mettent en faillite URBANIA et saisissent les comptes « uniques » d’URBANIA pour se payer (DONC saisissent l’argent des copropriétaires), il faudra faire appel au « garant » d’URBANIA.

Or le Ministère de l’Economie n’a aucun mal à savoir que le garant d’URBANIA ne présente pas une « surface » suffisante, qu’il s’agit d’une société liée à URBANIA et qui est à coup sûr incapable de garantir les sommes en jeu.

Donc PA-NI-QUE à bord.

Il faut sauver URBANIA de la faillite pour éviter de mettre 400 000 copropriétaires sur la paille.

Autre problème : le président l’UNIS - le deuxième syndicat professionnel - est très lié à URBANIA (lui-même est resté vingt ans dans la maison et en a été un des dirigeants jusqu’à son élection comme président de l’UNIS en 2005 ; son frère en est toujours un des dirigeants et est aussi un des dirigeants de l’UNIS).

Quatrième épisode : la Presse et l’ARC ayant largement relayé l’information, URBANIA menace de saisir le tribunal contre tous ces causeurs de trouble et adresse des mises aux points à l’eau de rose à ses clients. On attend.

Cinquième épisode : le Gouvernement demande à NEXITY (déjà propriétaire de LAMY) de racheter URBANIA.

NEXITY fuit.

Sixième épisode : on sort le lapin du chapeau.

Le 17 juin 2010 - et alors que, juré, craché, l’affaire URBANIA est un mythe inventé par la presse et l’ARC - on sort un repreneur I.P.E.  petite société qui emploie dix personnes, qui ne connaît RIEN à la gestion mais qui va racheter URBANIA !!!

Et que dit ce financier dans le journal Le Monde : « Nous allons construire un groupe européen qui va beaucoup intéresser les investisseurs immobiliers ». Et les 400 000 copropriétaires simplement situés en France, dans tout cela ?

« OUF ! On a eu chaud, mais on a la solution », pense nos élites.

« Décidemment, ils nous prennent pour des demeurés », dit l’ARC :

-          Qui a été chercher cette société dirigée par un ancien de la Caisse des Dépôts ?

-          Comment cette société va-t-elle trouvé l’argent ?

Réponse : il n’est pas impossible que les Pouvoirs publics aident à faire le tour de table.

→ Exemple : on apprend que Bernard TAPIE va mettre 30 millions d’euros dans le circuit.

 TAPIE ? 30 millions ? Aie ! Aie ! Aie !

-          Qu’est-ce que les futurs propriétaires d’URBANIA vont faire de tous ces cabinets qui marchent plus ou moins bien ? Les revendre pour partie ? Avec les copropriétés ?

-          Question : avec ce curieux montage présenté comme une solution, ne s’agit-il pas tout simplement de rassurer le petit mouton de copropriétaire ?

Ne s’agit-il pas - comme le suggère avec beaucoup de finesse le site Internet UNIVERSIMMO le 26 juin - d’inciter les copropriétaires à payer leurs appels de charges du 1er juillet 400.000 copropriétaires à 350 € cela fait :

 

400 000 x 350 € = 140 000 000 €

Oui CENT QUARANTE MILLIONS.

 

Septième épisode : les banques consentantes.

Le plus singulier est ceci : les banques se sont laissées convaincre (par qui ?) de ne pas saisir les comptes d’URBANIA et d’accepter - à la place - des mirages.

Nous lisons ceci :

« Quatre banques sont concernées : la Société Générale, Monte dei Paschi, Fortis et la banque Française, à hauteur respectivement, de 240, 78, 25 et 65 millions d’euros.

Ces dernières ont été invitées à renoncer à prélever sur les comptes des copropriétaires les sommes qu’Urbania avait « captées ». Toutefois d’après La Tribune, Philippe Nguyen se serait engagé « à convertir la totalité du passif bancaire sous formes d’obligations convertibles pour 210 millions d’euros, ce qui pourrait permettre aux banques de récupérer, à terme, et si IPE ne revend pas avant six ou sept ans,  un tiers de leur exposition ».

Incroyable. A-t-on déjà vu des banques se satisfaire de ce genre de promesse en papier ? Faut-il que la pression de Bercy soit forte pour éviter le tsunami.

Sauf que nous avons bien l’impression que RIEN n’est vraiment réglé.

 

Conclusion.

 

Oui, la conclusion est claire :

-          on veut à tout prix empêcher la faillite d’URBANIA ;

-          on cherche un repreneur, n’importe quel repreneur et quoi qu’il fasse d’URBANIA, de ses cabinets et de ses clients.

 

Notre conseil aux copropriétaires

 

A chaque fois que ça sent le roussi notre conseil est le même :

« Fichez le camp, chers copropriétaires, avant qu’il ne soit trop tard ».

 

Dans ces affaires les premiers partis sauvent les meubles.

Ensuite il ne reste rien, même pas les coussins.

 

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