I. URBANIA. L’affaire racontée sans fard.
Personne
n’ose vraiment tout dire sur URBANIA. Pourquoi ?
On va le voir.
Premier épisode : URBANIA a utilisé la contrepartie de l’argent
versé par des copropriétaires pour acheter des
fonds de commerces et racheter les actions d’actionnaires
minoritaires (au fait, lesquels ?). Les chiffres
avancés sont alarmants : 200, 300, 400 millions
d’euros ?
Deuxième épisode : les banques ont peur et demandent à URBANIA
de rembourser. Panique : URBANIA ne peut
évidemment pas.
Troisième épisode : le Gouvernement a vent de la situation. Celle-ci
est tragique. Pourquoi ? Si les banques mettent
en faillite URBANIA et saisissent les comptes
« uniques » d’URBANIA pour se payer
(DONC
saisissent l’argent des copropriétaires), il faudra
faire appel au « garant » d’URBANIA.
Or
le Ministère de l’Economie n’a aucun mal à savoir
que le garant d’URBANIA ne présente pas une « surface »
suffisante, qu’il s’agit d’une société liée à
URBANIA et qui est à coup sûr incapable de garantir
les sommes en jeu.
Donc
PA-NI-QUE à bord.
Il
faut sauver URBANIA de la faillite pour éviter
de mettre 400 000 copropriétaires sur la
paille.
Autre problème : le président l’UNIS - le deuxième syndicat professionnel
- est très lié à URBANIA (lui-même est resté vingt
ans dans la maison et en a été un des dirigeants
jusqu’à son élection comme président de l’UNIS
en 2005 ; son frère en est toujours
un des dirigeants et est aussi
un des dirigeants de l’UNIS).
Quatrième épisode : la Presse et l’ARC ayant largement relayé l’information,
URBANIA menace de saisir le tribunal contre tous
ces causeurs de trouble et adresse des mises aux
points à l’eau de rose à ses clients. On attend.
Cinquième épisode : le Gouvernement demande à NEXITY (déjà propriétaire
de LAMY) de racheter URBANIA.
NEXITY
fuit.
Sixième épisode : on sort le lapin du chapeau.
Le
17 juin 2010 - et alors que, juré, craché, l’affaire
URBANIA est un mythe inventé par la presse et
l’ARC - on sort un repreneur I.P.E.
petite société qui emploie dix personnes,
qui ne connaît RIEN
à la gestion mais qui va racheter URBANIA !!!
Et
que dit ce financier dans le journal Le Monde :
« Nous allons construire un groupe européen qui
va beaucoup intéresser les investisseurs immobiliers ».
Et les 400 000 copropriétaires simplement
situés en France, dans tout cela ?
« OUF ! On a eu chaud, mais on
a la solution », pense nos élites.
« Décidemment, ils nous prennent pour
des demeurés », dit l’ARC :
-
Qui a été chercher
cette société dirigée par un ancien de la
Caisse des Dépôts ?
-
Comment cette société
va-t-elle trouvé l’argent ?
Réponse : il n’est pas impossible
que les Pouvoirs publics aident à faire le tour
de table.
→
Exemple : on apprend que Bernard TAPIE
va mettre 30 millions d’euros dans le circuit.
TAPIE ? 30 millions ? Aie ! Aie !
Aie !
-
Qu’est-ce que les
futurs propriétaires d’URBANIA vont faire de tous
ces cabinets qui marchent plus ou moins bien ?
Les revendre pour partie ? Avec les copropriétés ?
-
Question :
avec ce curieux montage présenté comme une solution,
ne s’agit-il pas tout simplement de rassurer le
petit mouton de copropriétaire ?
Ne
s’agit-il pas - comme le suggère avec beaucoup
de finesse le site Internet UNIVERSIMMO le 26
juin - d’inciter
les copropriétaires à payer leurs appels de charges
du 1er juillet 400.000 copropriétaires
à 350 € cela fait :
400 000 x 350 € = 140 000 000
€
Oui CENT QUARANTE MILLIONS.
Septième épisode : les banques consentantes.
Le
plus singulier est ceci : les banques se
sont laissées convaincre (par qui ?) de ne
pas saisir les comptes d’URBANIA et d’accepter
- à la place - des mirages.
Nous
lisons ceci :
« Quatre banques sont concernées :
la Société Générale, Monte dei Paschi, Fortis et la
banque Française, à hauteur respectivement, de
240, 78, 25 et 65 millions d’euros.
Ces dernières ont été invitées à
renoncer à prélever sur les comptes des copropriétaires
les sommes qu’Urbania avait « captées ».
Toutefois d’après La Tribune, Philippe Nguyen
se serait engagé « à convertir la totalité
du passif bancaire sous formes d’obligations convertibles
pour 210 millions d’euros, ce qui pourrait permettre
aux banques de récupérer, à terme, et si IPE ne
revend pas avant six ou sept ans,
un tiers de leur exposition ».
Incroyable.
A-t-on déjà vu des banques se satisfaire de ce
genre de promesse en papier ? Faut-il que
la pression de Bercy soit forte pour éviter le
tsunami.
Sauf
que nous avons bien l’impression que RIEN
n’est vraiment réglé.
Conclusion.
Oui,
la conclusion est claire :
-
on veut à tout
prix empêcher la faillite d’URBANIA ;
-
on cherche un repreneur,
n’importe quel repreneur et quoi qu’il fasse d’URBANIA,
de ses cabinets et de ses clients.
Notre conseil
aux copropriétaires
A chaque fois que ça sent le roussi notre
conseil est le même :
« Fichez
le camp, chers copropriétaires, avant qu’il
ne soit trop tard ».
Dans ces affaires les premiers partis sauvent
les meubles.
Ensuite il ne reste rien, même pas les coussins.