ARC / Abus n°2328 : 30 06 10/©

Les syndics veulent un « Ordre professionnel »

ou rien

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I. Les syndics contre le projet de loi

On le sait, on l’a dit les syndics sont très remontés contre le projet de loi du Ministère de la Justice. Pourquoi ?

Tout simplement parce que celui-ci prévoit - outre le compte bancaire séparé VRAIMENT obligatoire - la mise en place de commissions régionales de déontologie et de discipline, commissions paritaires présidées par un magistrat.

On le sait : aujourd’hui pour engager la responsabilité d’un syndic en cas de faute, il faut :

  1. aller au Tribunal de Grande Instance avec avocat ;
  2. assigner conjointement le syndicat des copropriétaires et le syndic.

Par ailleurs, comme, peu de syndicats assignent leur syndic, se contentant la plupart du temps de changer de syndic.

Voilà pourquoi le projet du ministère inquiète les professionnels.

II. Un Ordre, sinon rien

Alors, que disent-ils ? Ceci : « Oui, la situation ne va pas très bien, et les chambres professionnelles ne peuvent ni toucher tous les syndics (30 % sont non « syndiqués ») ni les sanctionner vraiment en cas de faute ».

« Ce que nous demandons, disent les syndics, c’est un ORDRE PROFESSIONNEL qui pourrait faire ET le ménage ET la discipline ».

Peut-on croire que - pour les copropriétaires - la solution d’un Ordre soit la bonne ?

L’Ordre, cela veut dire :

a)     Je fixe une règle de déontologie « moi-même » (la profession).

b)     Je fais moi-même ma police sans regard extérieur et sans aucune possibilité pour les organisations de copropriétaires d’intervenir. Je limite par ailleurs la possibilité de saisine au maximum.

c)     Je ne m’occupe que des « gros » problèmes, ceux qui peuvent mettre en péril la profession mais je laisse filer la quantité incroyable d’infractions jugées moins importantes mais qui peut perturber pourtant gravement la situation des copropriétaires.

Certes, on dira que dans les « ordres » existants (médecins, avocats, etc.) il y a un Commissaire du Gouvernement mais chacun sait que cette présence ne peut en aucun cas corriger la logique très « corporatiste » du système.

d)     Je fixe les règles de la profession pour, le cas échéant, plus facilement écarter les nouveaux venus dans la profession.

Pour toutes ces raisons aujourd’hui - à part les syndics et leurs alliés - personne ne pense qu’un Ordre soit la bonne réponse :

-          NI le Ministère de la Justice ;

-          NI les juristes ;

-          NI les consommateurs et représentants de copropriétaires ;

-          NI ceux qui sont à la recherche d’un vrai dispositif de régulation.

Cependant les syndic vont dire que nous ne voulons pas du débat et vont jouer les victimes « mises sous tutelle ».

III. Alors chiche, ouvrons le débat

C’est pourquoi nous leur proposons un débat, un vrai débat où ils vont pouvoir :

-          présenter leur vrai projet d’Ordre (et aujourd’hui les syndics n’ont RIEN proposé de concret) ;

-          expliquer comment les organisations de copropriétaires pourraient être partie prenante du dispositif, en particulier, comment elles pourraient participer à la définition des règles déontologiques ; à la mise en place des modalités de saisine en cas de manquement ; l’instruction des plaintes et le contrôle de la bonne application des sanctions ;

-          expliquer comment l’Ordre ne sera pas un outil de défense des syndics mais bien un outil de régulation et de bonification de la profession.

Au lieu d’essayer de faire retirer un projet de loi qui s’attaque aux vrais problèmes, les syndics devraient OUVRIR la discussion et démontrer qu’ils ont vraiment des projets, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, quoi qu’ils en disent.

 

Nous y sommes prêts.

 

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