ARC Abus n°526: 27 07 05 /©

Gardiens et employés d’immeuble : on a eu chaud


Faute de temps et de place, nous n’avions pas eu l’occasion de revenir sur l’abus numéro 385. Nous allons donc nous rattraper et donner la suite et l’épilogue de ce drôle d’épisode de la vie (mouvementée) de la Copropriété.

  1. Rappel du problème
  2. Comme on sait, il existe une commission paritaire nationale qui regroupent d’une part les représentants des gardiens et employés d’immeuble, d’autre part les représentants des employeurs que sont (en particulier) les syndicats de Copropriétaires.

    Les employeurs sont représentés par les associations représentatives de copropriétaires - dont l’ARC - ainsi que par des représentants de bailleurs privés uniques (exemple : SEM). Naturellement les chambres professionnelles de syndics ne sont pas considérées comme représentants des employeurs (ce qui est logique, les syndics n’assurant pas le poids financier des salaires).

    Dans cette commission se négocient toutes sortes de problèmes et - en particulier - les évolutions de salaires.

    Or, certains syndicats de salariés (nous les comprenons, mais nous ne partageons pas leur point de vue) trouvent que les résultats des négociations au niveau national ne sont pas toujours assez satisfaisants pour les salariés.

    Voilà pourquoi ces syndicats souhaitent créer dans un maximum de départements des commissions paritaires pouvant, éventuellement, négocier des accords plus avantageux qu’au niveau national. Comme on le voit les syndicats sont obstinés (ce qui, encore une fois, est normal, ceux-ci défendant les intérêts des salariés) et cherchent à rentrer par la fenêtre, quand la porte est fermée.

  3. L’affaire des Bouches-du-Rhône
  4. Précisément il y a quelques mois l’ARC a été informée qu’une commission devait se mettre en place dans les Bouches-du-Rhône, permettant ainsi d’aller dans le sens de cette stratégie du " contournement ".

    Les autres associations de copropriétaires décidèrent de boycotter la première réunion de mise en place, pensant que leur refus suffirait à empêcher la constitution de la commission.

    À l’ARC, nous sommes méfiants et avons donc décidé d’envoyer un " observateur " à cette première réunion organisée par la Direction du Travail des Bouches-du-Rhône elle-même. Bien nous en prit.

    Car, qui découvrîmes-nous à ce moment, côté " employeur " pour cautionner cette stratégie défavorable à l’intérêt des copropriétaires ? La FNAIM et la CNAB, c’est-à-dire les deux plus gros syndicats de syndics ! Nous protestons alors de façon ferme et rappelons à l’administration que la FNAIM et la CNAB n’étant pas des " représentants " des employeurs, la commission ne peut pas avoir d’existence légale. Néanmoins et malgré ces protestations une deuxième réunion de mise en place effective est programmée.

    Nous écrivons alors au Ministère du travail, puis aux présidents de la FNAIM et de la CNAB des Bouches-du-Rhône, ainsi qu’à leurs fédérations nationales.

    Notre propos est clair : ni la FNAIM ni la CNAB ne représentent ni ne peuvent représenter les syndicats de copropriétaires. Et heureusement, d’ailleurs. Les syndics, en effet, utilisent les " services " des gardiens, mais les payent avec l’argent des copropriétaires. Dès lors pour un syndic, un gardien n’est jamais payé trop cher.

    On imagine sans aucune difficulté le genre de cadeaux que ces braves Pères Noël sont prêts à accorder localement avec l’argent des copropriétaires.

    Nous demandons, en conséquence, aux syndics de renoncer à poursuivre dans ce sens.

  5. La FNAIM décroche
  6. Suite à nos courriers très nerveux, la FNAIM jette l’éponge. " Nous sommes allés à cette première réunion simplement pour voir, nous répondit-elle ; nous n’irons pas à la prochaine ".

    Réponse de l’ARC : " Merci de cette soudaine lucidité, mais pourquoi êtes vous allés à la première réunion, alors que vous saviez que vous n’aviez aucune représentativité et que les associations nationales représentatives vous l’avaient rappelé ? ".

    Nous attendons toujours la réponse.

  7. La CNAB s’obstine
  8. La CNAB, elle, a été plus lente que la FNAIM.

    Face au silence de la CNAB locale, l’ARC a alors écrit à nouveau à la Fédération Nationale en précisant ceci : " Attention, si vos troupes créent une commission départementale, nous exigerons que ce soit les syndics adhérents à la CNAB qui supportent les augmentations de salaires consenties ". Langage miraculeux (Ah ! les sentiments…) semble-t-il, car la CNAB, qui avait participé à la deuxième réunion, décida alors de se retirer. Ouf ! On avait eu chaud.

     

  9. Un épilogue curieux

 

Il y a quelques jours nous avons reçu de la Direction du Travail des Bouches-du-Rhône, une lettre ainsi rédigée : " La commission départementale n’a pas pu se mettre en place ; nous regrettons cet échec du dialogue social "…

Notre conclusion est claire :

  • soit le directeur du Travail des Bouches-du-Rhône a une mère concierge et dans ce cas c’est un brave fils ;
  • soit ce même directeur n’a toujours rien compris au fonctionnement des copropriétés et c’est inquiétant pour le présent et l’avenir.

 

VI. Moralité

Si l’ARC n’avait pas réagi très vigoureusement, la commission des Bouches-du-Rhône se serait mise en place avec de " faux employeurs ", la FNAIM et la CNAB.

Demain, des commissions identiques se seraient créées partout en France, la commission nationale aurait été court-circuitée et les salariés n’auraient en qu’à s’adresser aux syndics pour être servis.

La CNAB et la FNAIM auraient, en effet, pu accorder des augmentations refusées au niveau national et les copropriétaires auraient dû payer les augmentations consenties par ces singuliers Pères Noël.

À propos, si vous êtes salariés chez un syndic, profitez-en. Ce n’est pas tout le monde qui est employé par le Père Noël.

 

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