1-
Comment tuer les PME ?
C’est
simple. Vous êtes un grand ascensoriste fabriquant
d’ascenseurs et donc également d’armoires de commande (le cerveau
de l’ascenseur).
Lorsqu’il
y a un problème sur l’ascenseur, il faut pouvoir
« interroger » l’armoire de commande.
Cela
se fait maintenant grâce à des ordinateurs. Seul
problème, il faut le LOGICIEL adapté, sans quoi
vous êtes dans l’incapacité de « communiquer » avec l’armoire de commande et de comprendre ce
qui se passe.
Donc
(vous commencez à comprendre…) pour tuer les PME
c’est simple : il suffit de les empêcher d’accéder
au logiciel. Ainsi, lorsqu’OTIS,
KONÉ, THYSSEN, SCHINDLER fabriquent des appareils
ou posent LEURS armoires de commande, ils ont la
garantie de pouvoir eux SEULS assurer la
maintenance de leurs ascenseurs et les PME d’ascenseurs
n’ont qu’une solution : mettre la clef sous
la porte.
2-
Ceci EST la réalité
Vous
allez dire que l’ARC exagère et prend ses cauchemars
pour la réalité.
Malheureusement,
ce qui précède est déjà la réalité.
Les
grands ascensoristes viennent, en effet, de réussir
à faire passer une norme au niveau européen qui
prévoit que les instruments nécessaires pour interroger
l’armoire (logiciel) n’auront PAS à être fournis
au propriétaire de l’appareil.
Conclusion : la mort certaine des PME et, au-delà, la mort
de la concurrence et la dépendance
assurée de tous les usagers pris au piège et obligés
de garder indéfiniment leur ascensoriste qui pourra
leur imposer ce qu’il veut.
3-
Comment cela est-il possible ?
C’est
possible pour aux moins trois séries de raisons :
- Le CEN (Comité Européen
de Normalisation) est complètement dominé par
les grands industriels ;
- Les usagers et les
PME y sont absents ou archi-minoritaires (c’est
exactement - mais en pire - ce qui se passe en
France où, dans les Commissions de l’AFNOR, les
usagers ne pèsent presque RIEN. Comme nous l’avons
dit déjà mille fois sans être JAMAIS démentis).
- Enfin, nos hauts-fonctionnaires nationaux ne comprennent plus rien
à ces problèmes depuis longtemps et sont, au sens
littéral du terme, « dépassés »
par les événements.
4-
Une solution ? Oui : la « clause de sauvegarde »
Il
existe en effet une solution : qu’un pays essaye
de s’opposer à ces diktats d’industriel en utilisant
la clause de sauvegarde (voir ci-dessous l’explication,
au point 6).
C’est
ce que le Ministère de l’Economie italien s’apprête
à faire, à travers l’UNI (équivalent de l’AFNOR
en Italie, ce qui prouve bien que l’AFNOR française
- qui ne réagit pas actuellement - est bien du côté
des grands ascensoristes, mais passons…).
5-
La mobilisation des PME est en route et l’ARC est avec
elles
C’est
pour obtenir des différents pays de la Communauté Européenne
qu’ils réagissent à cet intolérable « assassinat » programmé que les PME
européennes sont en train de se mobiliser et de
faire appel à tous ceux qui n’ont pas envie de finir
comme des fusibles dans une armoire de commande
de chez OTIS.
Nous
donnons ci-dessous la lettre intégrale que l’ANPA
(Association Nationale des PME d’Ascenseurs), bien
connue des adhérents de l’ARC vient - en relation
avec des associations européennes ou d’autres associations
nationales (exemple : italiennes) - d’adresser
aux autorités françaises pour les pousser à réagir.
Voici :
le cri de l’ANPA qui explique
bien ce qui se passe et va se passer et prouvera
aux sceptiques que ce que nous disons n’est que
la stricte et regrettable vérité.
Naturellement
nous allons relayer ces démarches et intervenir
à notre tour au nom des usagers.
6-
La lettre de l’ANPA au Gouvernement
Français
« Monsieur,
Je fais suite aux courriers que je
vous avais adressés et vous remercie pour l'attention
que vous avez bien voulue y porter. Je tenais à
vous informer de l'évolution de cette affaire.
Comme je vous l'avais commenté, les grands
groupes d'ascenseurs ont des groupes de travail
au sein du CEN à Bruxelles.
La norme EN81-1 et 2/A1 connue sous le sigle PESSRAL qui permet les contrôles
de
sécurité a été approuvée.
Cette directive Machine ne prévoit
pas que les instruments nécessaires pour interroger
l'armoire de commande de l'ascenseur soient donnés
aux propriétaires de l'ascenseur ; ce qui ne permettra
plus aux copropriétaires de mettre en concurrence
le marché de maintenance de l'ascenseur.
Malgré les batailles conduites au sein du CEN,
la fédération européenne EFESME représentant les
PME européennes n'a pas réussi à obtenir l'obligation
de fournir ce dispositif. Le problème a été ensuite
posé par l'UNI, le comité italien de normalisation.
Il existe au sein de la commission européenne
un processus spécial connu sous le terme « clause
de sauvegarde » permettant à chaque état membre
de présenter à travers son propre ministère des
affaires étrangères, une opposition formelle à l'application
d'une norme harmonisée lorsque l'on estime qu'elle
ne permet pas d'atteindre un niveau suffisant de
sécurité. L'application du PESSRAL pose des problèmes
majeurs et pas seulement en ce qui concerne la sécurité
mais surtout du point de vue du respect des règles
de concurrence ; puisque seuls les fabricants d'ascenseurs
pourront intervenir pour contrôler les circuits
de sécurité. Toutes les autres entreprises ne pourront
effectuer ces contrôles puisqu'ils ne disposeront
pas des outils spécifiques.
La norme technique PESSRAL a été définitivement
adoptée et publiée sur le journal officiel de l'union
européenne.
La seule
façon de clarifier la situation est la clause de
sauvegarde. Il est évident que
si plusieurs états membres s'engagent à invoquer
la clause de sauvegarde, il sera plus facile d'obtenir
des résultats. L'Italie devrait à priori, à travers
son ministère des affaires étrangères appeler cette
clause de sauvegarde.
Si rien
n'est fait , de nombreuses
entreprises dans toute l'Europe et ce, malgré leurs
compétences devront cesser leur activité. Ce serait
extrêmement préjudiciable sur un plan économique
puisqu'il s'agit des PME au profit des grandes entreprises
étrangères (OTIS, KONE, THYSSEN, SCHINDLER).
Par
ailleurs, les groupes qui représentent déjà 80%
du marché n'auront plus d'opposition et pourront
augmenter leurs prix sans problèmes.
Nous vous rappelons que ces entreprises ont
déjà été condamnées plusieurs fois pour constitution
de Cartel en Europe mais également en France ; la
dernière amende en 2007 a été de
980 millions d'euros.
Nous vous remercions pour l'attention que vous
voudrez bien porter à ce problème et restons à votre
entière disposition pour tout renseignement complémentaire
que vous pourriez souhaiter.
Pour l’ANPA,
Jean
Claude GEORGES
Président»
Alors,
chers terriens, que pensez-vous de cette situation
digne de la « guerre des étoiles » ? Saurons-nous
réagir assez fort, nous faire entendre ?
Saisissez
votre député. Adressez-lui copie de la lettre de
l’ANPA.
L’ANPA
ce n’est pas une association de consommateurs, mais
bien une association de PME attachée au service,
à la concurrence et… aux associations de copropriétaires…