ARC Abus n°1096: 18 07 07 /©

Comment les grands ascensoristes vont étouffer les PME
en utilisant une norme qu’ils ont écrite

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1-     Comment tuer les PME ?

C’est simple. Vous êtes un grand ascensoriste fabriquant d’ascenseurs et donc  également d’armoires de commande (le cerveau de l’ascenseur).

Lorsqu’il y a un problème sur l’ascenseur, il faut pouvoir « interroger » l’armoire de commande.

Cela se fait maintenant grâce à des ordinateurs. Seul problème, il faut le LOGICIEL adapté, sans quoi vous êtes dans l’incapacité de « communiquer » avec l’armoire de commande et de comprendre ce qui se passe.

Donc (vous commencez à comprendre…) pour tuer les PME c’est simple : il suffit de les empêcher d’accéder au logiciel. Ainsi, lorsqu’OTIS, KONÉ, THYSSEN, SCHINDLER fabriquent des appareils ou posent LEURS armoires de commande, ils ont la garantie de pouvoir eux SEULS assurer la maintenance de leurs ascenseurs et les PME d’ascenseurs n’ont qu’une solution : mettre la clef sous la porte.

2-     Ceci EST la réalité

Vous allez dire que l’ARC exagère et prend ses cauchemars pour la réalité.

Malheureusement, ce qui précède est déjà la réalité.

Les grands ascensoristes viennent, en effet, de réussir à faire passer une norme au niveau européen qui prévoit que les instruments nécessaires pour interroger l’armoire (logiciel) n’auront PAS à être fournis au propriétaire de l’appareil.

Conclusion : la mort certaine des PME et, au-delà, la mort de la concurrence et la dépendance assurée de tous les usagers pris au piège et obligés de garder indéfiniment leur ascensoriste qui pourra leur imposer ce qu’il veut.

3-     Comment cela est-il possible ?

C’est possible pour aux moins trois séries de raisons :

  1. Le CEN (Comité Européen de Normalisation) est complètement dominé par les grands industriels ;
  2. Les usagers et les PME y sont absents ou archi-minoritaires (c’est exactement - mais en pire - ce qui se passe en France où, dans les Commissions de l’AFNOR, les usagers ne pèsent presque RIEN. Comme nous l’avons dit déjà mille fois sans être JAMAIS démentis).
  3. Enfin, nos hauts-fonctionnaires nationaux ne comprennent plus rien à ces problèmes depuis longtemps et sont, au sens littéral du terme, « dépassés » par les événements. 

4-     Une solution ? Oui : la « clause de sauvegarde »

Il existe en effet une solution : qu’un pays essaye de s’opposer à ces diktats d’industriel en utilisant la clause de sauvegarde (voir ci-dessous l’explication, au point 6).

C’est ce que le Ministère de l’Economie italien s’apprête à faire, à travers l’UNI (équivalent de l’AFNOR en Italie, ce qui prouve bien que l’AFNOR française - qui ne réagit pas actuellement - est bien du côté des grands ascensoristes, mais passons…).

5-     La mobilisation des PME est en route et l’ARC est avec elles

C’est pour obtenir des différents pays de la Communauté Européenne qu’ils réagissent à cet intolérable « assassinat » programmé que les PME européennes sont en train de se mobiliser et de faire appel à tous ceux qui n’ont pas envie de finir comme des fusibles dans une armoire de commande de chez OTIS.

Nous donnons ci-dessous la lettre intégrale que l’ANPA (Association Nationale des PME d’Ascenseurs), bien connue des adhérents de l’ARC vient - en relation avec des associations européennes ou d’autres associations nationales (exemple : italiennes) - d’adresser aux autorités françaises pour les pousser à réagir.

Voici : le cri de l’ANPA qui explique bien ce qui se passe et va se passer et prouvera aux sceptiques que ce que nous disons n’est que la stricte et regrettable vérité.

Naturellement nous allons relayer ces démarches et intervenir à notre tour au nom des usagers.

6-     La lettre de l’ANPA au Gouvernement Français

 

« Monsieur,

Je fais suite aux courriers que je vous avais adressés et vous remercie pour l'attention que vous avez bien voulue y porter. Je tenais à vous informer de l'évolution de cette affaire.

Comme je vous l'avais commenté, les grands groupes d'ascenseurs ont des groupes de travail

au sein du CEN à Bruxelles.

La norme EN81-1 et 2/A1 connue sous le sigle PESSRAL qui permet les contrôles de

sécurité a été approuvée.

Cette directive Machine ne prévoit pas que les instruments nécessaires pour interroger l'armoire de commande de l'ascenseur soient donnés aux propriétaires de l'ascenseur ; ce qui ne permettra plus aux copropriétaires de mettre en concurrence le marché de maintenance de l'ascenseur.

Malgré les batailles conduites au sein du CEN, la fédération européenne EFESME représentant les PME européennes n'a pas réussi à obtenir l'obligation de fournir ce dispositif. Le problème a été ensuite posé par l'UNI, le comité italien de normalisation.

Il existe au sein de la commission européenne un processus spécial connu sous le terme « clause de sauvegarde » permettant à chaque état membre de présenter à travers son propre ministère des affaires étrangères, une opposition formelle à l'application d'une norme harmonisée lorsque l'on estime qu'elle ne permet pas d'atteindre un niveau suffisant de sécurité. L'application du PESSRAL pose des problèmes majeurs et pas seulement en ce qui concerne la sécurité mais surtout du point de vue du respect des règles de concurrence ; puisque seuls les fabricants d'ascenseurs pourront intervenir pour contrôler les circuits de sécurité. Toutes les autres entreprises ne pourront effectuer ces contrôles puisqu'ils ne disposeront pas des outils spécifiques.

La norme technique PESSRAL a été définitivement adoptée et publiée sur le journal officiel de l'union européenne.

La seule façon de clarifier la situation est la clause de sauvegarde. Il est évident que si plusieurs états membres s'engagent à invoquer la clause de sauvegarde, il sera plus facile d'obtenir des résultats. L'Italie devrait à priori, à travers son ministère des affaires étrangères appeler cette clause de sauvegarde.

Si rien n'est fait , de nombreuses entreprises dans toute l'Europe et ce, malgré leurs compétences devront cesser leur activité. Ce serait extrêmement préjudiciable sur un plan économique puisqu'il s'agit des PME au profit des grandes entreprises étrangères (OTIS, KONE, THYSSEN, SCHINDLER).

Par ailleurs, les groupes qui représentent déjà 80% du marché n'auront plus d'opposition et pourront augmenter leurs prix sans problèmes.

Nous vous rappelons que ces entreprises ont déjà été condamnées plusieurs fois pour constitution de Cartel en Europe mais également en France ; la dernière amende en 2007 a été de 980 millions d'euros.

Nous vous remercions pour l'attention que vous voudrez bien porter à ce problème et restons à votre entière disposition pour tout renseignement complémentaire que vous pourriez souhaiter.

 

Pour l’ANPA,

Jean Claude GEORGES  Président»

 

Alors, chers terriens, que pensez-vous de cette situation digne de la « guerre des étoiles » ? Saurons-nous réagir assez fort, nous faire entendre ?

Saisissez votre député. Adressez-lui copie de la lettre de l’ANPA.

L’ANPA ce n’est pas une association de consommateurs, mais bien une association de PME attachée au service, à la concurrence et… aux associations de copropriétaires…

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