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Ascensoristes, organisations de consommateurs
et gestionnaires d'immeubles sont d'accord
pour réclamer un report de la date d'échéance
pour la modernisation des ascenseurs
au-delà du 1er juillet 2008, terme initialement
prévu.
C'est en 2002, à la suite de plusieurs accidents mortels, que Gilles
de Robien, alors ministre de l'Equipement,
des Transports du Logement avait fait
promulguer en urgence la loi du 2 juillet
2003 sur la mise en sécurité des ascenseurs.
Chaque année on déplore entre 6 et 10
accidents très graves voire mortels
d'usagers, souvent des enfants ou de
techniciens.
Pour éviter les accidents les plus fréquents ou dangereux, les appareils
devaient faire l'objet de 17 adaptations
techniques selon un calendrier étalé
sur quinze ans avec des échéances au
1er juillet 2008 pour les mesures les
plus urgentes, puis au 1er juillet 2013
et 2018. Un marché de 4 milliards d'euros
s'ouvrait alors aux ascensoristes dont
la profession est dominée par quatre
groupes multinationaux comme l'américain
Otis, le finlandais Koné, le
suisse Schindler ou l'allemand ThyssenKrupp."
"Contrairement à ce que l'on croit les appareils les plus dangereux
ne sont pas forcément dans les cités
HLM mais dans des immeubles très bourgeois",
observe Jean-Pierre Cadeau, délégué
général de la Fédération
des ascenseurs. La
France compte quelques
455 000 ascenseurs dont 60 % ont plus
de vingt ans. On trouve encore de très
vieux ascenseurs dont la cage grillagée
n'est pas fermée de haut en bas, permettant
à un enfant de l'escalader et de tomber
dans la cage de l'appareil.
Mais les textes d'application décrets et arrêtés n'ont été publiés
pour les derniers que fin 2004. Dans
les copropriétés, les syndics font souvent
appel à des experts pour déterminer
les travaux à réaliser, puis les devis
doivent être soumis à l'approbation
des copropriétaires lors des assemblées
générales. " A l'approche de
l'échéance du 1er juillet 2008 nous
observons une inflation dramatique des
prix des travaux, s'alarme l'Association
des Responsables de copropriétés. Les
coûts de mise en conformité doublent.
De 20 000 euros prévus au départ ils
s'élèvent en moyenne à 42 000 euros.
Il faut desserrer l'étau dans lequel
sont pris les usagers".
L'association souhaite une prolongation de deux ans de la date d'application.
Un répit bienvenu pour les 7 millions
de copropriétaires. Les frais d'ascenseurs,
avec les contrats d'entretien obligatoires,
qui ont augmenté de 6,8 %, représentent
7 à 12 % de la totalité des charges.
Les ascensoristes, eux, sont débordés. " En 2006, notre profession
a vu les commandes de travaux augmenter
de 50 %, mais fin 2006 seuls 10 % du
parc a été modernisé et nous ne pourrons
pas faire face à la demande en temps
voulu ", prévient M. Cadeau.
Les 150 entreprises (18500 salariés)
n'arrivent pas à recruter et à former
du personnel qualifié en nombre suffisant.
" Nous avons ouvert 7 classes
dans des lycées professionnels en septembre
2006 et avons formé en alternance 75
techniciens de maintenance. En 2007
nous allons doubler ce nombre mais cela
reste très en-decà
des besoins ", plaide M. Cadeau
qui estime que le secteur devrait embaucher
1500 techniciens par an pendant dix
ans.
Isabelle Rey-Lefebre
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