ARC / Abus n°1931 : 01 07 09/©

Comment nos syndics « contournent » le décret comptable

retour abus


Notre abus numéro 1849 concernant la façon dont le groupe LOISELET se moque du décret comptable décrit par un autre contrôleur qui a voulu nous expliqué comment ça se passe chez le plus grand syndic français. Laissons-lui la parole.

« Bonjour,

Un de mes collègues contrôleur a épinglé à juste titre la comptabilité du Groupe Loiselet. Après avoir effectué très récemment des contrôles de comptes dans 3 agences Foncia sur des exercices 2008, je voudrais attirer aujourd'hui l'attention sur certaines particularités de la comptabilité du Groupe Foncia.

1.     Le goût du secret

Le compte 512 « Banque » relève du « confidentiel défense » ! Personne ne peut savoir ce que Foncia fait de l'argent des copropriétaires et les Grands livres sont allégés, sans doute dans un souci écologique pour éviter de trop imprimer : aucune écriture du compte 512 'Banque' n'y figure si la Copropriété n'a pas exigé un compte séparé. Au moins personne n'ira chercher noise pour des paiements de fournisseurs à J+beaucoup trop…

Par ailleurs impossible de vérifier le solde de trésorerie, le chiffre annoncé n’étant certainement pas le chiffre de la trésorerie réelle, mais une variable d’ajustement. Et dire que le décret comptable devait apporter de la transparence !

Plaisanterie à part, cela est totalement inadmissible. Ainsi, lorsque le syndic a réussi à faire renoncer au compte séparé, il fait disparaître - en même temps - le détail du compte banque. Que nous répond FONCIA depuis des mois : « Impossible en bonne « orthodoxies » comptable d’avoir le détail du compte banque lorsque l’on est en système de compte unique ». FAUX. Il suffit - ce que prévoient les logiciels - de rajouter à chaque imputation comptable une racine correspondante à la copropriété concernée par une dépense ou une recette (ce que font forcément les comptables).

Ceci dit, imaginons que FONCIA ait raison, cela voudrait dire qu’il faut absolument interdire la dérogation au compte bancaire séparé puisque celle-ci entraîne AUSSI une occultation du compte « banque ».

2.     Un seul fournisseur

Le compte 401 « Factures parvenues » intègre tous les fournisseurs, bien mélangés, ce qui a pour conséquence qu'il n'est pas possible de savoir combien doit la copropriété à tel ou tel fournisseur (sauf à reprendre les centaines d'écritures une à une, à la main…). C'est sans doute le but recherché, mais là encore on a le droit de n’être pas d’accord !

3.     Piratage des absents

Les ex-copropriétaires (qui ont vendu) et qui ont laissé très généreusement un solde créditeur restent toujours dans les comptes 450 des copropriétaires présents. C'est contraire à la réglementation mais c'est très utile : d'une part cela permet de montrer un bilan de "situation des copropriétaires" plus plaisant puisque les impayés sont compensés au moins en partie par ce crédit qui peut être important et d'autre part cela permet de "piller" très discrètement mais très illégalement de 15,00 € chaque compte chaque année au titre de la "tenue du compte" (« tenue »).

S'il fallait rester conforme à la réglementation et mettre ces ex-copropriétaires en tant que créditeurs divers, on verrait que le montant diminue tous les ans et il y aurait bien quelqu'un pour poser la question qui fâche : à qui profite ce "trésor" ?...

À noter, le compte par où passent les ponctions des comptes des ex-copropriétaires s'intitule : « Tenue de compte/Attestation Tva… ».

4.     Le Syndic abonné au 46

Tous les frais facturés par le Syndic passent par des comptes 462, c'est bien plus discret que de passer par les comptes réglementaires 62 pouvant être vus par les Copropriétaires ; ainsi personne ne sait comme ça combien rapportent les mutations ou le recouvrement, par exemple…

5.     Tout est débours

Le compte 6212 'Débours' recueille en général un ou deux débours justifiés mais surtout une multitude d'honoraires que l'on déguise en débours : tenue d'assemblée générale (le contrat soi-disant "en tous points conforme à l'avis du CNC" ne disant pas que tout ce qui se passe après 18h00 va coûter très cher), le carnet d'entretien (on facture encore le carnet dit "étendu"), frais de photocopies (à des tarifs que l'on croirait en Francs), frais de liasse LIRE (imprimés de recommandés : c'est nouveau, ce n'est pas au contrat et on attend le coût des agrafes et des enveloppes…) et aussi frais d'affranchissements liés aux assemblées générales (6212 ou 6213, il n'y a bien que l'ARC qui casse les pieds des syndics pour un chiffre et c'est même pour ça qu'on ne met plus les chiffres du tout…) ».

6.     Nomenclature comptable discrète, très discrète

Pour voir les comptes, encore faudrait-il que soient portés dans les états de dépenses les numéros ou les racines des comptes réglementaires (les annexes n°3 utilisées ne renseignent pas à ce sujet, le décret "comptable" ayant naïvement permis de ne pas les mettre).

Si jusqu'ici les racines de comptes étaient inscrites le plus souvent dans les états de dépenses des exercices 2007 avec les "vieux" états de présentation tristounette, les nouveaux états de dépenses pour 2008 sont désormais muets à ce sujet.

Dès lors comment contrôler l'application de la nomenclature comptable... ? Pour cela, il faut aller chercher sur le Grand livre, ligne à ligne, dans quel compte Foncia a placé telle ou telle charge. Donc plus grand monde ne va pouvoir vérifier si son syndic n’opère pas une mauvaise imputation comptable (sauf les contrôleurs de l'ARC). Ce qui est plus que regrettable.

Résumons :

-          enfin des numéros de comptes qui disparaissent ;

-          un compte 512 réduit à un SOLDE invérifiable ;

-          des comptes fournisseurs inexsistants et noyés dans UN seul compte ;

-          des comptes vendeurs déguisés en compte copropriétaires présents pour éviter le poistage ;

-          des comptes « honoraires de syndics » non utilisés pour éviter qu’on ne repére trop facilement ces honoraires ;

-          des honoraires maquillés en débours.

Mais pourquoi, oui pourquoi tant d’opacité ! on se le demande.

En conclusion, on le voit la comptabilité devient un jeu de CACHE-CACHE, d’autant plus singulier que le décret comptable était sensé apporter la transparence nécessaire.

 

Les 8 et 9 octobre 2009, n’oubliez pas de venir au Salon « indépendant » organisé par l’ARC.

Pour en savoir plus, cliquez ici….

 

Retour abus en vrac

Retour abus en vrac