I-
Premier épisode : révocation de
CDB
CDB-Gestion, syndic parisien appartenant au groupe Vinci-Immobilier
est remercié vigoureusement par les copropriétaires
d’une copropriété d’une centaine de lots au
cours de l’assemblée générale annuelle du
27 avril 2009.
Les
copropriétaires - qui n’avaient pas prévu
de changer de syndic mais qui ont lu les guides de l’ARC - ont alors élu (pour échapper
légalement à l’administration judiciaire)
un copropriétaire comme « syndic », celui-ci ayant mandat de reconvoquer
une assemblée générale en juillet aux fins
d’élection d’un syndic professionnel.
II-
Deuxième épisode : l’ascenseur
tombe en panne un mois plus tard, le 25 mai
-
Le
25 mai, un des ascenseurs de la résidence
tombe en panne.
-
La
société d’ascenseur (OTIS) envoie un technicien
qui, péremptoire, précise que le « moteur est mort ».
-
Les
copropriétaires protestent et obtiennent qu’OTIS
admettre qu’il s’agit simplement de changer
un opérateur de porte.
-
Un
devis est demandé à OTIS.
-
Ce
devis tarde, mais fini par arriver après plusieurs
relances très insistantes de la part du président
du conseil syndical et du syndic.
-
Il
est retourné immédiatement avec un « bon pour accord » par le syndic
bénévole élu, donc fin avril en remplacement
de CDB-Gestion.
III-
Troisième épisode : malgré le
devis signé, OTIS refuse de « reconnaître »
le syndic bénévole et de procéder aux travaux
C’est
là que commence véritablement notre histoire.
OTIS se met alors en relation avec CDB-Gestion
(son ancien client) et nos deux compères imaginent
alors de « punir » la copropriété de son
audace.
En
effet, OTIS va REFUSER
de faire les travaux au prétexte que le syndic
bénévole serait MAL élu.
Voici
la prose d’OTIS
dont on imagine qu’elle a été souflée par CDB-Gestion qui n’a
toujours pas digéré sa révocation :
« Nous revenons
vers vous suite à votre mail concernant les
travaux à réaliser sur l’ascenseur immobilisé.
Après consultation de notre service juridique,
celui-ci m’indique qu’en cas de rejet de la
résolution d’une assemblée générale concernant
le choix du syndic, il n’est possible d’en désigner un autre que dans le cas où une
résolution est prévue dans la convocation
d’assemblée générale.
En l’absence de cette clause, un administrateur
doit être nommé afin de convoquer une nouvelle
assemblée générale dans les meilleurs délais.
Dans l’attente de cette nomination, nous ne
pouvons rien faire.
Nous regrettons fortement cette situation
inconfortable et nous restons à votre disposition
pour toutes infirmations complémentaires qui
pourrait résoudre cette affaire ».
IV-
Quatrième épisode : protestations
vigoureuses
La
copropriété ne se laisse pas intimider et
intervient par tous les moyens pour qu’OTIS
procède à la réparation de l’ascenseur immobilisé.
OTIS
continue cependant dans la collusion et la
cruauté. L’avocat de la copropriété est alors
obligé d’intervenir vigoureusement :
« Comme cela vous a été indiqué par courriel en date du 28 mai 2009 par Monsieur
…., Président du Conseil Syndical, la désignation
de Monsieur …. En qualité de Syndic Bénévole
a fait l’objet d’un constat établi par l’étude
……….., huissiers à Paris.
Il ne vous appartient en aucune façon de vous immiscer
dans la vie des copropriétés (en étant plus
ou moins instrumentalisé par un tiers) en
prenant position sur la validité des résolutions
d’assemblées générales ; seuls les Tribunaux
saisis par les copropriétaires ont qualité
pour le faire ».
OTIS
commence à comprendre qu’il a affaire à des
durs, mais continue à vouloir gagner du temps
et à « jouer » avec la copropriété (l’ascenseur
est toujours immobilisé). Voici le courrier
adressé à l’avocat par OTIS :
« Aussi, nous
profitons de la présente pour vous demander
de bien vouloir nous confirmer que ce Syndic
Bénévole a toute autorité pour engager la Copropriété
et qu’ainsi cet ordre de service est valable
et qu’il sera réglé sans difficulté.
Nous sommes prêts à réaliser les travaux
nécessaires et acceptés par M….. dès réception
d’une confirmation de votre part quant à l’étendue
de sa mission ».
Courrier
surréaliste, comme on peut le constater !
L’avocat répond immédiatement :
« Je vous confirme par la présente que Monsieur… a été dument
désigné Syndic de la copropriété 52-62 rue
de ….. par l’Assemblée
générale des copropriétaires en date du 27
avril 2009.
Les arguties
juridiques dont a pu faire état l’ancien syndic,
à savoir le Cabinet CDB-Gestion visant à contester à posteriori la désignation
de Monsieur…. ne sont en aucun cas valables
et s’apparentent uniquement à des mesures
de rétorsion à l’encontre de ses anciens clients.
Je vous confirme
donc par la présente que Monsieur …., en sa
qualité de Syndic, à toutes compétences pour
signer un ordre de service à l’encontre des
différents fournisseurs de la copropriété
et notamment à votre attention.
Par suite,
je vous suis donc reconnaissant de faire intervenir
vos équipes sur la base du devis signé par
Monsieur….. et valant
ordre de service pour la remise en fonctionnement
de l’ascenseur actuellement en panne depuis
plusieurs semaines ».
Et
les travaux sont enfin réalisés (presque un
mois après la mise à l’arrêt, ce qui est honteux).
V-
Cinquième épisode : ce n’est pas
fini…
Non,
ce n’est pas fini. La copropriété et ses membres
sont scandalisés et durablement marqués par
ces procédés.
Le
syndic bénévole conclut provisoirement cet
épisode dans un long mél à l’avocat :
« Maître,
Recevez de ma part et de celle du conseil syndical nos plus vifs remerciements.
Nous tirerons les conséquences de l’attitude
d’OTIS en toute tranquillité et avec notre nouveau syndic.
Mais nous n’avons peut-être pas fini de nous « faire promener »
par OTIS puisque chaque décision chez eux
prend 9 jours.
Il est venu à mes oreilles qu’une dame âgée a été prise de malaise en
montant chez elle. Et qu’elle a appelé au
secours les voisins. Je veux faire cesser
cela.
Pour informer les résidants de ce qui est entrepris, j’ai procédé ce matin
à l’affichage in extenso de votre courrier
de mise en demeure.
En tant que simple citoyen, je n’accepterai jamais le comportement d’OTIS/Vinci Immobilier. Dans la tête de quel stratège il peut
germer l’idée que puisque vous avez évincée
CDB-Gestion, on
vous prive d’ascenseur pendant 4 semaines.
Celui-là doit le payer cher. Et la justice
doit faire cesser cette prise d’otage.
Mon seul but désormais est de faire fonctionner l’ascenseur avant d’avoir
un décès sur les bras, et je suis sérieux…
La suite viendra.
Avec toute ma considération et mes remerciements renouvelés ».
Tout
ceci est bien navrant. Syndic très mauvais
perdant. Ascensoriste à l’évidence complice
d’une mesure de rétorsion. Inadmissible. Enfin,
OTIS a encore perdu un bon client.