Nous
vous l’avons déjà fait savoir, le Ministère de la Justice a préparé un projet
de loi afin d’améliorer le fonctionnement des syndics
de copropriété et ainsi mieux protéger les copropriétaires
et les consommateurs [ Actualité
16/06/10]
A
l’origine, ce projet devait être présenté devant le
Parlement fin juin, début juillet.
Il
y a quelques jours, le Ministère a indiqué que la
présentation du projet était différée de quelque mois
et serait soumise aux parlementaires à l’automne…
Les
syndics, qui ont refusé toute discussion lors de la
réunion de la Commission Nationale
Relative à la
Copropriété le 16 juin dernier en
ne s’y présentant pas [ abus
n° 2317], œuvrent avec vigueur et tentent de faire
pression auprès du Premier Ministre pour que le projet
de loi soit purement et simplement retiré.
Ils
n’hésitent pas à jouer les victimes en
avançant le fait, tout à fait incroyable, que
« le projet n’est pas le fruit de la concertation entre les pouvoirs
publics et les organisations professionnelles :
elles n’étaient même pas au courant de ce qui se tramait
et s’estiment trahies (!!!...). Elles rencontrent le Ministre le 8 juillet
prochain ».
D’un
autre côté, Jean CHAVOT, président délégué de la FNAIM considère que sa profession
est persécutée.
Voici
ses propos, issus du site de France 2 : « On en a marre que cette profession soit attaquée de tous côtés,
même par les pouvoirs publics. On demande le retrait
pur et simple du texte ».
Dans
ce contexte, nous avons décidé, comme nous vous l’avions
annoncé, de saisir l’ensemble des parlementaires (Députés
et Sénateurs).
Voici
ci-dessous notre lettre adressée à la représentation
nationale. De votre côté, n’hésitez pas à transférer
cette lettre à votre Député et/ou Sénateur afin qu’il
prenne conscience que ce projet ne doit pas être enterré.
Lettre adressée aux parlementaires :
« Objet : Un projet de loi sur les syndics que ceux-ci veulent supprimer
avant toute discussion parlementaire
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Vous le savez sans doute : le monde
de la
Copropriété est agité d’une affaire
très inquiétante (l’affaire Urbania) qui montre :
- les incroyables dérives financières du système
actuel dès lors que les syndics peuvent échapper
au compte bancaire séparé par copropriété ;
- l’absence totale de régulation qui lui permettrait
de répondre non seulement à ces dérives mais aux
manquements croissants à la loi, aux règlements,
à la déontologie.
Après bien des demandes émanant des organisations
représentatives des copropriétaires et des consommateurs,
le Ministère de la
Justice vient enfin d’élaborer -
après consultation des organisations représentatives
- un projet de texte qui devrait être soumis au Conseil
d’Etat en juillet prochain après large discussion
au sein de la Commission Relative
à la
Copropriété (celle-ci y aura consacrée
dix-neuf heures de débat).
Ce texte résout bon nombre des problèmes
actuels ; ainsi :
-
il institue le compte bancaire séparé sans dérogation
possible ;
-
il institue des commissions régionales de déontologie
et de discipline pour régler les problèmes avec les
syndics ;
-
il prévoit la constitution d’un Conseil National de
la Copropriété
qui élaborera (en concertation) un Code de déontologie ;
-
il renforce les obligations de formation des syndics ;
-
il instaure des sanctions au cas où un syndic ferait
travailler dans ses copropriétés une entreprise où
il a des intérêts, sans autorisation spéciale ;
-
il améliore la transparence comptable et financière ;
-
il traite le problème récurrent des contrats de syndic,
très mal réglé (de l’avis de tous) par l’arrêté Novelli.
Bref, un projet complet et approfondi.
Or que font les représentants nationaux
de syndics de copropriété ? Au lieu de venir
débattre de ce projet et de tenter de l’améliorer
ou de l’amender, ils font pression sur le Gouvernement
pour que le projet ne soit pas soumis au Conseil d’Etat
et que l’on négocie non pas sur le projet du Ministère
de la
Justice, mais sur un projet qui serait
l’émanation des seules chambres syndicales.
Si tel était le cas, si le projet du ministère
était retiré sous la pression des syndics, cela serait
très grave, car cette situation :
-
montrerait la toute puissance de cette profession qui
- de l’avis de chacun -dysfonctionne ;
-
ne réglerait AUCUN des vrais problèmes en suspens.
Nous voulions, en tant que principale
organisation représentative des conseils syndicaux
de copropriété, vous en avertir et solliciter la Représentation
Parlementaire pour qu’elle intervienne
- au besoin - dans cette affaire auprès des responsables
concernés pour qu’ils ne cèdent à aucune pression.
Vous remerciant de l’attention portée
à ce courrier et restant à votre disposition, nous
vous prions de recevoir, Mesdames, Messieurs les Parlementaires,
l’assurance de nos sincères salutations.
Fernand Champavier
Le Président ».