I. Le calcul des charges récupérables
Les
syndics étant la plupart du temps « gérants » de logements locatifs, ils fournissent fréquemment
- dans les décomptes de charges de copropriété -
des indications concernant les charges récupérables
(auprès des locataires) et non récupérables.
Or,
nous sommes très souvent consternés de constater
que ces répartitions sont souvent fantaisistes et,
surtout, non-conformes à la loi.
Quand
nous leurs signalons ce fait, les syndics nous répondent :
« Nous ne sommes pas obligés de le
faire ; c’est un service que nous rendons ».
Drôle de service : donner des indications fausses
qui peuvent attirer les pires ennuis aux bailleurs
et qui sont le plus souvent contraires à l’intérêt
des locataires…
Pour
donner une idée des « fantaisies »
dont il s’agit voici la lettre adressée par l’ARC
au cabinet DupOuy-Flamencourt, syndic à Paris, et
qui montre à la fois la gravité des erreurs commises
et leur importance.
Au-delà
du problème des charges récupérables, la question
est la suivante : un syndic qui fait autant
d’erreurs sur ces problèmes peut-il être réellement
fiable et compétent sur le reste ? A vous de
juger.
II. La lettre de l’ARC
SARL
DUPOUY
Objet
: erreurs sur relevé dépenses 2009
A l'attention
de M. Serge FLAMENCOURT
« Monsieur,
Une de nos adhérentes résidant dans la copropriété citée en référence
nous a saisis après avoir constaté nombre d'anomalies
et d’erreurs dans l'état des dépenses 2008, celles-ci
générant des litiges entre bailleurs et locataires
au niveau des charges récupérables….
(…)
C'est ainsi que votre relevé déclare "récupérables"
les dépenses suivantes… qui ne le sont pas au regard
de la liste annexée au décret n° 87-713 du 26/08/1987
:
·
dépenses
de masques médicaux à destination du gardien (606000),
·
dépenses
de téléphone quand celui-ci est affecté à l'usage
du gardien (610100),
·
dépenses
de désinsectisation des locaux communs (hors produits
évalués à 40 % 614000),
·
dépenses
de vérification des extincteurs et d'entretien des
colonnes sèches (614000),
·
dépenses
de désinfection VO (614000), récupérables au niveau
des seuls produits, évalués forfaitairement à 10%
par la chambre syndicale….
(…)
Encore plus édifiant le fait que certains postes
de dépenses sont purement et simplement libellés
sous la forme de "1°… 2°… 3° ou 4° appel budget
2009", désignation utilisée notamment pour
:
·
les
dépenses libellées "cas particulier / local
SO" (614500) pour un montant de 1618,54 €,
appellation ne permettant de vérifier ni la nature
de ces dépenses ni leur caractère récupérable...,
·
les
dépenses libellées "cas particulier" (615000)
en charges communes générales pour 26204,05 €…,
·
…
et surtout les dépenses libellées "cas particulier"
(615500) en charges chauffage pour… 79979,70 €….
(…)
Sur ces bases, il n'est donc guère étonnant
:
·
que
le montant total des sommes incorrectement imputées
en charges récupérables - ou dont le caractère récupérable
ne peut être évalué faute d'un libellé correct -
dépasse 39200 €…,
·
que
la part des charges récupérables ressorte à 32,8%
du total général des dépenses, mais à 50,5% de ces
mêmes dépenses dans le compte individuel de Madame
……….….
éléments qui auraient dû évidemment attirer
l'attention de vos services sur ces anomalies et
erreurs….
Que des comptes comportant autant d'erreurs
ou anomalies aient été approuvés lors de la récente
assemblée générale ne peut s'expliquer que par la
méconnaissance des copropriétaires en matière de
comptabilité et de réglementation de copropriété….
Mais que vos services continuent à faire de telles
erreurs ou anomalies en dépit de nos interventions
est tout simplement inacceptable, notamment au regard
des conséquences qu'elles génèrent pour les résidants
concernés par ces erreurs, qu'ils soient bailleurs
ou locataires….
Nous vous demandons donc de bien vouloir donner
les instructions nécessaires afin que les situations
des dépenses 2009 et antérieures soient purgées
de l'ensemble des anomalies et erreurs qui les affectent
et que Madame …….. reçoive enfin des exemplaires
dûment rectifiés….
Toutefois, vos services se montrant jusqu'à
présent incapables de fournir des documents conformes
aux règles comptables et à la réglementation, nous
sommes contraints d'informer nos adhérents et vos
clients actuels ou potentiels de cette situation
via notre site web.
(…)
Dans l'attente de vous lire à cet égard et surtout de l'émission de documents
corrects pour tous les exercices affectés, nous
vous prions de croire, Monsieur, en l'assurance
de nos salutations distinguées ».