I. Y aurait-il Code et Code ?
On
le sait : le projet de loi sur les syndics élaboré
par le Ministère de la justice ne plaît pas aux syndics.
Un
des motifs invoqués est que ce projet prévoit que
les règles constituant le code de déontologie des
syndics ne seraient pas définies par les syndics SEULS.
Ils n’y seraient « QU’ASSOCIES ».
En
effet, il est prévu la création d’un Conseil
de la Copropriété
chargé, entre autre, de proposer au Garde des Sceaux
les règles constituant le code de déontologie.
Ce
conseil national comprendrait un conseiller à la cour
de cassation président, un professeur agrégé des universités
de droit, un notaire, un avocat, une personne qualifiée
en gestion, trois organismes représentant les syndics
de copropriété, trois organismes représentant les
copropriétaires, le directeur des affaires civiles
et du sceau, le directeur de l’habitat, de l’urbanisme…,
le directeur général de l’administration chargée de
la concurrence, de la consommation et de la répression
des fraudes.
Les
syndics n’apprécient donc pas cette association ?...
Question : en quoi des professionnels honnêtes et respectueux
des lois et de la déontologie pourraient-ils être
gênés par le fait que le Code de déontologie de leur
profession soit être élaboré avec leurs clients et
les pouvoirs publics ? C’est pour nous un mystère.
Au-delà
de ce mystère, nous nous sommes demandés : les
syndics qui ne veulent pas qu’on vienne les aider
à rédiger leur Code ont-ils seulement déjà élaboré
ce Code ? Sont-ils en train de le faire ?
Voilà
pourquoi nous avons écrit aux trois chambres professionnelles
en leur posant la question et en leur demandant une
rencontre à ce sujet.
II. La lettre de l’ARC aux fédérations
de syndics
Fnaim, UNIS, SNPI,
Objet : Code de déontologie des syndics.
Monsieur le Président,
Votre fédération, comme les autres chambres professionnelles de syndics,
s’oppose au projet de loi du ministère qui prévoit
que les « règles constituant le Code de déontologie
des syndics de copropriété sont élaborées par le Ministère
de la Justice sur proposition du
Conseil de la
Copropriété ».
Vous estimez, en effet, que ce Code ne peut être élaboré que par la profession
elle-même dans le cadre d’un Ordre professionnel.
Soucieux d’ouvrir le débat sur ce point et bien que nous soyons- en ce
qui nous concerne – entièrement favorables à la proposition
du ministère, nous vous serions reconnaissants - en
tant qu’organisation représentative des copropriétaires
- de nous faire savoir ce qui justifie votre position.
Nous avons en effet regretté que vous ayez décidé de ne pas participer
aux travaux de la Commission Relative
à la
Copropriété où ce problème a été
largement débattu, d’autant plus que tous les autres
membres de la Commission - dans leur très grande majorité - ont
approuvé le texte du ministère.
Nous pensons, en effet, qu’il est utile pour tous (c’est-à-dire les copropriétaires)
que les représentants des copropriétaires, du Notariat,
des Facultés de Droit et des Barreaux mais aussi des
ministères de tutelle et de la Cour de Cassation puissent participer
à l’élaboration de ce Code, forcément complexe.
Comment, en effet, peut-on imaginer que le Code de déontologie d’une profession
qui concerne le logement de 24 millions de personnes,
puisse être élaboré par les seuls professionnels concernés !
Par ailleurs et dans la mesure où vous avez fait connaître à la Presse que vous disposiez
d’un contre-projet de loi, nous vous serions reconnaissants
de bien vouloir nous accorder un entretien au cours
duquel vous pourriez nous faire savoir où en sont-
le cas échéant - les travaux de votre fédération concernant
l’élaboration du Code de déontologie, que chacun appelle
de ses vœux.
Naturellement, si vous préférez nous adresser le texte du Code tel que
vous l’avez établi ou amélioré, nous vous en remercions
par avance et reviendrons alors vers vous pour vous
faire connaître nos réactions et éventuelles propositions.
Souhaitant vivement que vous puissiez donner suite à l’une ou l’autre
de nos demandes et qu’un dialogue constructif puisse
s’établir entre le monde des professionnels et celui
des copropriétaires, nous vous prions de recevoir,
Monsieur le Président, l’assurance de nos salutations
distinguées.
Fernand Champavier
Le Président ».