I-
Les « gros syndics » qui veulent négocier des « petits prix »
Les
syndics veulent utiliser leur taille pour négocier
des tarifs avec les fournisseurs de gaz et d’électricité.
À
première vue c’est épatant :
-
Tel
syndic « pèse » 500 000 lots ou 1 000 000
lots ;
-
donc,
il peut obtenir des prix ;
-
plus
il pèse,
-
plus
il peut négocier des prix bas, etc.
Où
est le problème ?
II-
Les objectifs
Avant
de voir les problèmes, voyons les objectifs recherchés
par les syndics.
- L’objectif premier
n’est pas de faire baisser les charges des copropriétés
(c’est l’objectif avancé, mais pas le premier).
- Non, l’objectif principal,
c’est de rendre les copropriétés « dépendantes » d’un syndic.
- « Attention : si vous me quittez, vous allez
perdre tout l’avantage de ces prix très intéressants,
négociés pour mes copropriétés ».
On
peut trouver ça très bien. Pas nous. Nous pensons
même que c’est le pire qui puisse arriver.
III-
La « captation » des copropriétés par les plus gros syndics
Laissez
faire, c’est en effet admettre que d’ici quelques
années le syndic le plus « intéressant »
soit le plus gros syndic et non le meilleur.
C’est
admettre qu’avec un syndic qui « pèse »
100 000 logements le tarif gaz soit de 10 centimes
d’euro et qu’avec un syndic qui « pèse »
1 000 000 de logements, il soit de 7 centimes.
C’est
donc admettre que la concurrence ne se fera plus
qu’à partir de la taille ; ce qui est non seulement
aller vers la concentration généralisée, mais valoriser
celle-ci. Or, nous pensons que cette concentration
en matière de gestion des copropriétés non seulement
n’est pas souhaitable, mais qu’elle peut être très
négative à terme (concentration dit aussi « filières » ; nous y reviendrons).
Par
ailleurs, le jour où il n’y aura plus que trois
gros « super syndics » qui se « partageront » les copropriétés - comme
c’est le cas aujourd’hui avec les ascensoristes
- on peut penser, sans être complètement paranoïaques,
que nous risquons d’être confrontés à une nouvelle
configuration où les copropriétaires ne pèseront
plus rien.
Imaginez : deux ou trois énormes fournisseurs de gaz et
d’électricité et deux ou trois énormes syndics…
Dans une telle situation, c’est en général plutôt
« l’entente »
qui s’installe (et le partage des clients) que la
concurrence sauvage.