Nos
adhérents, syndics non professionnels, nous posent souvent
la question sur la validité des conditions posées par
les établissements bancaires préalablement à l’ouverture d’un
compte bancaire séparé à l’ordre du syndicat des copropriétaires.
Pour
schématiser, c’est tout juste si la banque ne leur demande
pas d’escalader l’Everest par la face nord en sandalettes,
en assimilant le syndicat des copropriétaires à des associations
de la loi 1901, voire pour certains à des sociétés civiles
immobilières et en demandant à nos adhérents de fournir toutes
sortes de documents plus extravagants les uns que les autres.
Nous
ne doutons pas que ces exigences se veulent dissuasives, mais
la réalité est beaucoup plus simple, et le formalisme
ramené à sa plus simple expression. Il convient de prendre
en compte deux considérations :
1) Il existe une réglementation applicable au syndic non professionnel.
Le
syndic non professionnel relève du droit commun (article 18
de la loi du 10 juillet 65).
En
clair, il a l’obligation de déposer les fonds qu’il détient
pour le compte du syndicat sur un compte séparé ouvert
au nom du syndicat.
Nous
rappelons que l’assemblée générale ne peut pas autoriser,
par une résolution votée, le syndic non professionnel à déroger
à ces dispositions, les dispositions étant réputées d’ordre
publique( c'est-à-dire qu’on ne peut pas y déroger par
convention contraire).
2) Le syndic, qu’il soit professionnel ou non, est un mandataire.
Il
est le représentant légal du syndicat des copropriétaires.
La
représentation du syndicat par le syndic suppose donc simplement :
a)
que
ce dernier a été régulièrement nommé par l’assemblée générale ;
b)
que
son mandat soit toujours en cours.
Conclusion :
En
appliquant les principes énoncés ci-dessus à l’ouverture d’un
compte bancaire séparé, le syndic n’aura qu’à faire la preuve
de son identité, et à produire la copie certifiée conforme
du procès verbal d’assemblée générale l’ayant nommé pour attester
de sa qualité à agir.
Si le banquier désire absolument un exemplaire
du règlement de copropriété, donnez-le-lui, mais expliquez-lui
quand même qu’il a tort.